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Benyamin Netanyahou, en signe de victoire ou d'adieu ?

Israël : deux élections plus tard, toujours aucune majorité claire à l'horizon

6 min
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Le deuxième scrutin en cinq mois en Israël ne parviennent pas à départager Benjamin Netanyahu et son rival de centre-gauche Benny Gantz, même si l'actuel Premier ministre semble fragilisé. Le blocage électoral est plus profond encore en Espagne, où le Roi convoque les 4èmes législatives en 4 ans.

Benyamin Netanyahou, en signe de victoire ou d'adieu ?
Benyamin Netanyahou, en signe de victoire ou d'adieu ? Crédits : Menahem KAHANA - AFP

A l'heure où nous parlons aucun vainqueur ne se dégage clairement des élections législatives en Israël. 

"Pas de vainqueur clair", c'est le titre de Une du quotidien gratuit plutôt pro-Netanyahu Israel Hayom ce matin, avec comme photo d'illustratrion deux clichés côte-à-côte des rivaux, Benjamin Netanyahu le Premier ministre sortant et son adversaire centriste le général Benny Ganz, tous deux dans la même position en train de regarder leur montre. 

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Et c'est vrai qu'elle est longue, cette attente, cette incertitude, pour les journaux israéliens. Le Jerusalem Post confirme cette "impasse", cette impossibilité, malgré 90% des bulletins dépouillés selon des résultats non-officiels, de départager la droite et la gauche.  En gros, à moins que cela ne se précise dans les heures qui viennent, on est bien forcés de se rendre compte que cette deuxième élection en cinq mois ne va  permettre ni à Netanyahu ni à Gantz d'obtenir une majorité assez solide pour former un gouvernement. Encore raté, nous dit le Times of Israel :  Likoud et alliance centriste "bleu et blanc" sont au coude-à-coude, ça semble devoir se jouer à un ou deux députés élus en plus pour l'un ou l'autre, soit entre 31 et 33 sièges  à la future Knesset.   

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Mais au moins, ce flou persistant a ceci de pratique qu'il permet à chacun de tirer les conclusions qui l'arrangent : c'est particulièrement vrai pour Haaretz, le journal de référence de la gauche israélienne, très critique envers l'actuel Premier ministre. Sans attendre des résultats plus fiables, le quotidien sort déjà toute sa panoplie de titres-choc et d'analyses définitives avec une bonne dose d'auto-persuasion. Il y a l'embarras du choix, du prudent, "Peut-être, mais juste peut-être, l'ère Netanyahu est en train de prendre fin", au plus péremptoire "Le sort qu'avait jetté Netanyahu à Israël est rompu", en passant par le très imagé "Bibi le magicien est arrivé à court de lapins" à sortir de son chapeau.  

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Je passe sur le portrait de Benny Gantz dépeint comme "ce général à la retraite qui vient de renverser Netanyahou": l'effet de réalité est bien là, mais rappelons-le, Haaretz va un peu vite en besogne, même s'il semble de plus en plus crédible que le bloc Netanyahu n'a pas récolté assez de voix pour obtenir la majorité absolue à la Knesset. 

Donc on se retouve bien plus ou mois dans la même situation de blocage qu'il y a 5 mois... et en attendant les résultats définitifs, chacun, Gantz comme Netanyahu, s's'empresse ce matin encore de faire comme s'il avait gagné, appelant ses alliés potentiels à entamer les négociations. Cité par Arutz Sheva (le groupe de médias afffiliés au mouvement sioniste religieux) Benjamin Netanyahu assure qu'il va "former un gouvernement large, fort et surtout sioniste", en opposition aux partis arabes qui eux pourraient s'allier à Gantz et qui sont présentés comme anti-sionistes. 

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Mais l'enjeu véritable, c'est la position qu'adoptera l'ancien ministre et allié de Netanyahu, Avigdor Liberman, devenu l'un de ses plus féroces adversaires. En fin de soirée hier, celui est clairement en position de "faiseur de roi" appelait à la mise en place d'un "gouvernement d'union nationale", qui rassemblerait le Likoud, les "Bleu et Blanc" et Israël Beytenou, le parti de Liberman. "C'est la seule solution", dit-il à Arutz Sheva. Mais Avigdor Liberman le laïc acharné exclut d'emblée toute participation des partis religieux plus ou moins ultra-conservateurs alliés avec Netanyahu : le "faiseur de roi" semble donc pour le moment refuser de choisir le vainqueur, mais vu la détestation qu'il cultive pour l'actuel Premier ministre, il paraît inconcevable que ce dernier puisse rester à la tête d'un éventuel gouvernement d'union nationale. Au final, ça pourrait bien donner raison à Haaretz et à ses rêves de voir prendre fin, une bonne fois pour toute, "l'ère Netanyahu" en Israël.

Un autre pays qui va devoir retourner aux urnes, faute de majorité franche, c'est l'Espagne.  

Les élections législatives anticipées ont été fixées hier au 10 novembre, mais attention : en Espagne ce sera la quatrième fois en quatre ans que les électeurs sont appelés aux urnes. Il fallait donc que l'impasse soit totale pour qu'on doive se résoudre à une telle extrémité... et pourtant c'est bien le constat qu'a fait le roi Felipe VI hier après avoir reçu tous les chefs de parti : aucun n'est en mesure de fédérer une majorité... il faut donc retourner aux urnes, encore et encore. 

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Constat d'echec, nous dit l'éditorial d' El Pais, constat d'irresponsabilité surtout de la part de partis politiques incapables de faire primer l'intérpêt général du pays sur leurs postures et ambitions. "Bonne chance à eux, pour expliquer aux citoyens espagnols qu'en cinq mois ils n'ont pas trouvé le moyen de se mettrre d'accord".  

Et s'il y a une personnalité, qui plus que toutes les autres porte la responsabilité de cet échec, c'est bien le leader socialiste Pedro Sanchez. C'est en tous cas l'avis général dans la presse espagnole ce matin, , comme ici dans le quotidien raoyaliste ABC : Sanchez, vainqueur, même sans majorité, des dernières élections, n'a pas réussi à  faire équipe avec la gauche radicale de Podemos... à moins qu'il n'en ait en fait jamais eu l'intention. C'est l'analyse développée par Manuel Matrin dans ABC, "Sanchez, depuis cinq mois, a toujours voulu en arriver là, dans l'impasse qui justifierait de convoquer une 5e élection". Car ce nouveau scrutin devrait lui permettre de renier son cap à gauche de la dernière campagne, d'en finir avec l'illusion d'une entente avec Podemos pour cette fois pouvoir, sans passer pour une girouette ou un opportuniste, pactiser avec les centristes de Ciudadanos, ce qui semblait impossible il y a 5 mois. 

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En celà , Sanchez depuis le printemps, se serait livré à du "pur théâtre", toujours dixit ABC,  en mettant en scène des tractations avec Podemos sachant très bien qu'il ne voulait pas qu'elles aboutissent. Du "mauvais théâtre", précise Enric Juliana dans La Vanguardia catalane, que la prestation délivrée cette fois par Albert Rivera, le chef de file de Ciudadanos : après avoir fait campagne en s'alliant avec le Partido Popular conservateur et avec l'extrême-droite de Vox, dans un pacte "tout sauf Pedro Sanchez" au printemps, voici à présent le même Rivera qui se tient prêt pour rejoindre le même Sanchez après les prochaines élections. "Albert Rivera rentre dans le rang, conclut Enric Juliana, et Ciudadanos se conforme à la consigne d'alliance entre centre-gauche et centre-droit voulue par Manuel Valls et Emmanuel Macron" à l'échelle européenne. 

A se demander si quelqu'un se soucie encore de l'avis des électeurs espagnols, dont tous les journaux s'accordent à dire qu'ils sont "écoeurés", et qu'ils pourraient s'abstenir massivement, le 10 novembre prochain.

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