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Les manifestants au Mali satisfaits du départ du président IBK

Mali : réactions et questions après le renversement du président Keita par des militaires

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Les journaux maliens et internationaux analysent la situation au Mali suite à la mutinerie militaire qui a délogé le président Keita. Dans cette revue de presse également, gros plan sur un rappeur indien qui chante le sort des Dalits, et qui fait beaucoup parler de lui.

Les manifestants au Mali satisfaits du départ du président IBK
Les manifestants au Mali satisfaits du départ du président IBK Crédits : STRINGER / AFP - AFP

Le président malien IBK Ibrahim Boubacar Keita a été renversé hier par un coup d'état militaire. Il était contesté dans la rue depuis plusieurs semaines.

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Quelle est l'ambiance sur place au Mali ? Il y a d'un côté l'enthousiasme des manifestants qui ont eu gain de cause et de l'autre de nombreuses questions qui se posent.  Le journal Malien Le pays raconte donc qu'hier "le boulevard de l’Indépendance de Bamako était encore occupé par des centaines de manifestants". Des gens venus clamer "leur joie", se réclamant du Mouvement du 5 juin, ce groupe très hétéroclite qui demandait la chute du pouvoir.

Le journal recueille divers témoignages hier dans la rue.

Il y a celui d'Alpha par exemple: "Nous étions dans un système, celui d’IBK qui avait atteint ses limites. Injustice, corruption, pas d’éducation, rien ne va plus dans ce pays. Par cette mutinerie, les militaires ont vraiment fait leur devoir. Nous sommes satisfaits, et nous sommes avec eux" dit-il.

Autre commentaire, celui d'Issouf: "Le système du pays fait que des milliers de jeunes diplômés sont assis à la maison sans travail". Issouf s'inquiète cependant de la suite des événements:  "Je souhaiterais que les autorités de la transition organisent une élection transparente et démocratique permettant au peuple d’élire un bon dirigeant qui veillera sur l’intérêt de tous. Cette fois-ci, il faudra que les Maliens fassent un bon choix".

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L'informateur, hebdomadaire malien, est critique à l'égard de Keita. Selon le journal le président déchu a été l'instrument de sa propre chute. "Il a semé le vent, il a récolté la tempête", peut-on lire. "Emmuré dans une tour d'ivoire (...) il lui suffisait de prêter une oreille attentive aux incontestables revendications populaires portées à bout de bras par le Mouvement du 5 juin".

Mais, dans la presse, on peut lire que d'autres s'inquiètent de ce qui se passe.

C'est le cas d'Amadingué Sagara dans son éditorial du journal Le Pays.

"C’est tout de même un paradoxe, écrit-il, de voir une grande partie de la population soutenir ou encore pousser les militaires à prendre le pouvoir tandis que le Mali peine toujours à sortir du coup d’Etat de 2012. Il ne fait aucun doute, écrit-il, que le peuple malien n’est pas prêt pour la démocratie. Aucune situation ne peut justifier un coup d’Etat".

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On peut lire les mêmes inquiétudes sur le site de la BBC, par exemple, à travers son expert Will Ross. Des parallèles dit-il seront établis entre ces événements et 2012, lorsque la mauvaise gestion d'une rébellion par le gouvernement aura conduit à un coup d'État. Il rappelle "de violents djihadistes avaient alors profité de ce chaos pour s'emparer du nord du Mali. Ils continuent à causer des ravages dans toute la région".

La presse internationale parle aussi beaucoup ces derniers jours... d'un rappeur indien !

Dule Rocker est son pseudonyme. Son vrai nom est Duleshwar Tandi. Il est question de lui par exemple aujourd'hui dans le journal indien Siasat Daily.

Ce jeune homme de 27 ans est un travailleur Dalit. Les Dalits sont les intouchables, cette caste indienne qui est particulièrement pauvre.  Il est devenu rappeur pour chanter le sort des siens. Il fait avec les moyens du bord, "sans instrument de musique, peut-on lire, sans partition de fond, ni scène décorée derrière lui". Il s'enregistre sur son téléphone portable depuis la petite hutte en terre qu'il habite avec sa maman. "Ses chansons ont un impact énorme". Voici l'un de ses titres emblématiques qui s'appelle "Telling the truth" ("dire la vérité").

Il évoque le sort des travailleurs pauvres comme lui, particulièrement délaissés et livrés à eux-mêmes en période de coronavirus.

On en apprend plus en lisant le site indien Odisha Bytes.

"Avant le confinement, il essuyait les tables et lavait les assiettes dans un restaurant de Raipur. Il est rentré chez lui au village de Borda, juste un jour avant l'annonce du verrouillage national". Là, il dit qu'une image l'a beaucoup marqué. Il raconte qu'il a vu des vidéos d'autres personnes comme lui, des migrants internes très nombreux en Inde, qui ont été obligés de rentrer chez eux à travers le pays à pied parce qu'il n'y avait plus de transports en commun, parfois pieds nus avec de jeunes enfants sur les épaules, parfois sur des centaines de kilomètres. Cette vision a déclenché quelque chose... l'envie d'écrire sur ces sujets.

"Les travailleurs migrants, dit-il, ont tout perdu en quelques jours avec le confinement. Les dirigeants faisaient des sermons au lieu de les aider. J'étais en colère et j'ai donc écrit du rap sur le sujet".

Aujourd'hui, nous dit le site Edex Live, "il est l'homme dont tout le monde parle".

La musique pourrait-elle contribuer à aider un Dalit comme lui à sortir de la pauvreté en lui donnant une carrière artistique ? Peut-être. 

"Un studio d'enregistrement local l'a appelé pour lui proposer de l'enregistrer", lit-on dans le Hindustan Times.  

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Si cela marche pour lui, il continuera en tout cas à évoquer les mêmes thématiques. "Je ne veux pas, dit-il, parler de sujets comme la débauche ou l'alcool dans mes chansons. Les travailleurs comme nous ont trop de problèmes".

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