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Osman kavala au Parlement européen en 2014

Retour à la case prison pour le philanthrope turc Osman Kavala

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Alors qu'un tribunal d'istanbul l'avait acquitté dans le procès de la mobilisation du parc Gezi en 2013, l'opposant turc Osman Kavala a été maintenu en détention, un nouveau mandat d'arrêt lancé contre lui. En Syrie, l'offensive d'Idlib provoque le pire exode de civils depuis le début de la guerre.

Osman kavala au Parlement européen en 2014
Osman kavala au Parlement européen en 2014 Crédits : WIKTOR DABKOWSKI - AFP

En Turquie les dernières 24 heures ont été particulièrement éprouvantes pour les défenseurs des droits humains et pour un homme en particulier.  

Cet homme c'est Osman Kavala, et il a connu en une journée le meilleur et le pire des émotions humaines. Hier midi, nous dit la BBC, contre toute attente et contre l'avis du procureur qui avait demandé contre lui la prison à perpétuité, cet homme d'affaires et philanthrope stambouliote de 63 ans a été entièrement blanchi des accusations qui pesaient sur lui pour avoir soi-disant tenté de renverser le pouvoir turc au printemps 2013. C'était la mobilisation dite du Parc Gezi et de la place Taksim, protestation d'abord locale, de riverains du centre d'Istanbul et d'écologistes contre la destruction de leur parc, puis nationale, rejointe par des millions de citoyens Turc pour la démocratie et contre la répression policière. 

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Ce dossier d'accusation, il était "vide de toute preuve sérieuse, tout le monde le savait", à croire le site d'info ODATV ; la Cour Européenne des Droits de l'Homme avait demandé la libération d'Osman Kavala, mais en décembre encore la justice turque s'y était opposée.  La décision d'acquittement général d'hier midi était donc une divine surprise pour Kavala et ses 8 co-accusés comme pour tous les défenseurs des droits en Turquie, qui ont commencé à fêter la nouvelle de son retour à la liberté dès la sortie du tribunal.  

Et pourtant, six heures après la décision des juges, Osman Kavala n'était toujours pas libre. 

Alors que tout le monde, à commencer par The Guardian, analysaient déjà ce revirement de la Justice turque, soit comme un camouflet et un acte d'indépendance adressé par les juges au régime Erdogan, soit comme un geste de ce même régime pour donner de gages d'ouverture à ses partenaires européens... Osman Kavala, lui, restait dans sa cellule. 

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Le quotidien turc Cumhuriyet affirme que dès le verdict d'acquittement, alors que la femme du mécène attendait déjà les retrouvailles sur un parking de la banlieue d 'Istanbul, dans la prison de son époux un ordre avait été transmis par le Parquet : ordre de ne pas libérer Kavala, d'attendre des instructions.  Elles sont arrivés un peu plus tard en début de soirée, quand le procureur général d'Istanbul est venu signifier à Osman Kavala qu'il restait en prison, qu'un nouveau mandat d'arrêt avait été lancé contre lui, cette fois pour son rôle présumé dans la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016. 

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Pour celui que le président Erdogan aime à faire caricaturer comme le "George Soros turc", c'était la douche écossaise, commente The New York Times, le "retour à la case prison après avoir touché du doigt une libération imminente", mais aussi et surtout la poursuite de l'injustice absolue de deux années déjà de détention sans fondement. 

The Middle East Eye y voit de son côté une "cruauté calculée" de la part du pouvoir turc, une expression reprise d'Amnesty International qui dénonce cette remise en détention de Kavala comme particulièrement "cynique et scandaleuse", une manière de montrer à l'opposition que le régime garde la main sur la Justice même quand celle-ci ne suit pas ses ordres. 

Juste de l'autre côté de la frontière turque, le drame humanitaire s'aggrave encore en Syrie.  

Le pays connait selon l'ONU son "pire exode de civils depuis le début de la guerre" il y a près de 9 ans. C'est El Pais, entre autres, qui relaie en grand titre ce nouveau cri d'alerte onusien concernant la situation dans la région d'Idlib, dans l'extrême nord-ouest syrien, là où l'armée de Damas et l'aviation russe poursuivent depuis décembre leur offensive contre les derniers bastions de la rebellion.

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Plus de 900 000 habitants de la région ont fui les combats ces deux derniers mois. "Dans le froid, dans la neige et sous les bombardements  incessants", ils tentent de rejoindre la Turquie, ce pays voisin qui soutient en sous-main les rebelles syriens et qui selon le Middle East Eye a fait savoir récemment qu'il n'accepterait "plus un seul réfugié" de Syrie, qu'il avait depuis longtemps atteint sa limite de "saturation tant économique que psychologique". 

Pour Al Jazeera, ce que vivent donc les centaines de milliers de déplacés d'Idlib, entassés à la frontière fermée, c'est un nouveau stade avancé de "l'horreur", si tant est que ce mot ait encore un sens et des nuances en Syrie. La chaîne de télé qatari cite elle aussi Michelle Bachelet, la Haut-commissaire aux Droits de l'Homme de l'ONU selon qui l'exode actuel d'Idlib est le pire, en nombre de civils déplacés, pas seulement depuis le début de la guerre en Syrie, mais "dans le Monde depuis la Seconde guerre Mondiale". 

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"C'est comme la fin du monde", résume Carlotta Gall dans The New York Times, citant cette fois un responsable d'ONG syrienne incapable d'apporter l'assistance nécessaire aux réfugiés. La fin du monde, pour accompagner la fin de la guerre, comme en tous cas l'espèrent Damas et Moscou. Si les exilés d'Idlib sont si nombreux, fait valoir El Pais, c'est parce que la région a accueilli ces dernières années les populations en fuite d'autres villes et campagnes ravagées par les offensives précédentes de de la reconquête syrienne et russe. 

Tout le malheur de la guerre en Syrie se concentre donc là, sous les bombes qui continuent de tomber. Et aussi paradoxal que cela puisse sembler, je vais terminer cette revue de presse, par un rire : celui d'une enfant, la petite Selva, quatre ans, qui tente de survivre sous les bombes d'Idlib avec son père Abdullah.  

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De l'angoisse de chaque avion qui survole leur maison, de chaque bombe qui tombe dans le voisinage, Abdullah a décidé de faire un jeu pour sa fille. Le jeu consiste à rire aux éclats pour couvrir le bruit et la peur de la guerre. Beaucoup d'internaute et de médias à travers le monde ont relayé cette vidéo, qui certes ne résume surtout pas la situation à Idlib, mais lui donne un visage soutenable pour nous autres spectateurs impuissants.

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