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Manifestante pro-palestinienne américaine, Dearborn, le 18/05/21

La crise au Proche-Orient signe la sortie de l'état de grâce pour Joe Biden

6 min
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Le président américain Joe Biden ne fait plus l'unanimité dans son propre camp car il refuse de s'opposer plus fermement à la politique d'occupation israélienne au Proche-Orient, et de pousser à un cessez-le-feu avec le Hamas. Le Kirghizistan nationalise sa mine aux oeufs d'or.

Manifestante pro-palestinienne américaine, Dearborn, le 18/05/21
Manifestante pro-palestinienne américaine, Dearborn, le 18/05/21 Crédits : Seth Herald - AFP

Le conflit israélo-palestinien aura-t-il raison de la lune de miel entre Joe Biden et l’aile gauche du parti démocrate américain ?

C’est vrai qu’on l’a dit un peu sur tous les tons, à l’occasion des 100 jours de la présidence Biden : le nouveau président a surpris, agréablement, la mouvance socialiste du parti démocrate (la plus à gauche) par l’ampleur de son new deal social et économique, par la volonté affichée de plus et mieux taxer les plus riches, etc. Mais, faut-il s’en étonner, c’est sur une question de politique étrangère (le domaine que Joe Biden avait le moins investi) pendant la campagne l’an dernier, que ça commence à sérieusement grincer des dents, dans l’entourage, pour le dire vite, du sénateur du Vermont Bernie Sanders, mais aussi plus au centre.

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C’est en tous cas l’analyse que font Anne Gearan et Sean Sullivan, dans The Washington Post : Biden est de plus en plus critiqué pour son incapacité, pour le moment, à infléchir la position américaine jugé beaucoup trop complaisante avec Israël et son Premier ministre Benjamin Netanyahou.

Pour preuve, les deux journalistes en veulent ce qui s’est passé ce mardi en marge d’une visite du président dans la ville ouvrière de Dearborn, tout près de Détroit dans le Michigan : visite d’une usine de voitures électriques Ford. A Dearborn, précise Daniel Strauss de l'édition américaine du Guardian, vit la plus grosse communauté arabe des Etats-Unis, et elle s’est mobilisée ce mardi, en soutien du peuple palestinien et plus particulièrement de la bande de Gaza. 

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La manifestation a réuni des dizaines de milliers de personnes, juste avant la visite de Joe Biden, à qui il s'agissait donc de signifier le rejet de la politique américaine qui vient par exemple de valider une vente d’armes de 600 millions d’euros à l’armée israélienne.

Au-delà de cette manifestation, confirme la radio publique NPR, la question proche-orientale s’est invitée tout au long du déplacement de Joe Biden dans le Michigan : dès sa descente d’Air Force One, sur le tarmac de l’aéroport de Détroit, il a été longuement pris à parti par Rashida Tlaib, élue démocrate du Michigan, dont une partie de la famille vit toujours en Cisjordanie et qui lui a redit l’urgence de condamner plus fermement les atteintes israéliennes aux droits de l’homme, à la dignité et tout simplement à la vie des Palestiniens. 

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Tlaib, depuis la reprise des bombardements à Gaza la semaine dernière, n’a de cesse de prendre la parole sur ce sujet, de mobiliser le parti démocrate pour tenter d’infléchir la position de la Maison-Blanche. Mais tout ce qu’elle a reçu en réponse ce mardi, d’après Al Jazeera, c’est un clin d’œil appuyé pendant le discours du président.

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Bon déjà, Joe Biden écorche son prénom et son nom en l’appelant Rasheed Talib… et ensuite il dit qu’il "admire sa passion et sa détermination à défendre les droits de tous ces gens". "Je prie, a-t-il encore dit, de tout mon cœur pour que votre grand-mère se porte bien, ainsi que les siens en Cisjordanie". Des prières et des louanges : c’est un peu court pour un chef d’Etat qui aurait les moyens de peser vraiment dans la cessation rapide des hostilités. Les partisans d’une ligne plus dure face à Israël sont clairement restés sur leur faim.

Et Joe Biden, lui, a poursuivi sa visite de l’usine automobile : alors qu’il posait au volant du nouveau pick-up électrique Ford, il a tout de même semblé perdre patience quand une journaliste a tenté de lui poser une question sur Israël et Gaza, voilà ce qu’il a répondu, cité par USA Today : "Pas de question, à moins que vous ne vouliez vous jeter sous mes roues au moment où je vais redémarrer. C’est une blague !", précise le président, mais la presse conservatrice à l’image du site TownHall a déjà rendu la scène virale, en expliquant que si Donald Trump en son temps avait eu cette phrase, les grands quotidiens libéraux auraient crié à la menace éhontée sur la liberté de la presse et l’intégrité physique de la journaliste visée. 

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Ce qu’il en reste, en tous cas, c’est l’impression que le Proche-Orient est bel et bien un caillou dans la chaussure de Joe Biden et que ce dernier l’a bien senti, comme une première fausse note persistante dans une partition qui faisait jusque-là l’unanimité, au moins dans le camp démocrate.

La presse économique s’intéresse, c’est assez rare pour être souligné, au Kirghizistan en Asie centrale, un petit Etat qui part au combat contre une grosse multinationale minière.

C’est à lire entre autres dans The Financial Times : l’Etat kirghize et son nouveau président de tendance nationaliste et autoritaire Sadyr Japarov viennent tout bonnement d’exproprier la compagnie basée au Canada, Centerra Gold de l’immense mine d’or de Kumtor, dans les Montagnes Célestes à la frontière avec la Chine. Rien de moins que le plus gros gisement aurifère et l’une des rares vraies ressources naturelles rentables du Kirghizistan. Centerra exploitait la mine depuis près de 25 ans, elle assure à elle seule 12% du maigre PIB kirghize, emploie 2700 personnes dans une région montagneuse où il n’y a pas vraiment d’autres industries.

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Bref, la mine de Kumtor c’est la poule aux œufs d’or du Kirghizistan, dont l’Etat est actionnaire à 26% mais qui vient donc d’en prononcer unilatéralement la nationalisation, nous dit le site d’info spécialisé sur l’Asie centrale Eurasianet, officiellement de manière temporaire pour trois mois renouvelables. 

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Autant le dire :  autant les relations entre les autorités kirghizes et la compagnie minière sont houleuses depuis toujours au gré des renégociations de contrats régulières (Centerra est accusée de s’enrichir outrageusement sur le dos des travailleurs et des ressources nationales ainsi que de polluer les glaciers en les recouvrant de déchets de mine), autant jamais le conflit n’avait été aussi loin, jusqu’à donc la nationalisation. Le Globe and Mail canadien s’en inquiète et prévient que Centerra, cotée à la bourse de Toronto, a porté l’affaire devant une cour d’arbitrage internationale.

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Pour Eurasianet, la chose est claire : le Kirghizistan veut "traire au maximum sa vache à lait", c’est son droit le plus strict… mais compte-tenu des enjeux pour une société minière connue pour ne pas faire de sentiment, la contre-attaque en Justice promet d’être sans pitié.

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