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La base aérienne d'Al-Watiya en Libye après le retrait de la LNA le 18 mai 2020

Libye : Khalifa Haftar et ses troupes reculent aux portes de Tripoli

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Au lendemain d'une défaite militaire majeure, l'Armée rebelle de Khalifa Haftar recule de quelques kilomètres autour de Tripoli où elle affronte depuis un an le GNA de Fayez Al-Sarraj. La Turquie, alliée du GNA, crie victoire. En Hongrie une loi interdit le changement de genre à l'état-civil.

La base aérienne d'Al-Watiya en Libye après le retrait de la LNA le 18 mai 2020
La base aérienne d'Al-Watiya en Libye après le retrait de la LNA le 18 mai 2020 Crédits : Hazem Turkia - AFP

Pour savoir ce qui se passe en Libye, il faut parcourir la presse turque.

C'est elle qui parle le plus de la guerre qui se joue-là bas, et ce n'est pas un hasard, puisqu'Ankara est de loin le plus important allié du GNA, le gouvernement d'union national dirigé par Fayez Al-Saraj. Cette guerre civile libyenne, qui l'oppose à la soi-disant Armée nationale Libyenne, la LNA, du maréchal Khalifa Haftar,  est aussi devenue une affaire turque, on va le voir.

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Et d'abord on lit sur le site du journal Haberturk que cette nuit-même, il y a quelques heures, le porte-parole de Haftar a annoncé que ses troupes opèrent un retrait stratégique, à partir de minuit : elles reculent de quelques kilomètres au sud de la capitale Tripoli où elles tenaient depuis un an le siège des forces du GNA.

Ce retrait est officiellement justifié par la volonté de permettre aux Tripolitains de se déplacer, pour fêter la fin du ramadan ce week-end en famille comme il se doit. Mais pour l'agence Anadolu, très proche du régime turc, impossible de ne pas y voir le début d'une capitulation, un aveu de faiblesse en tous cas de la part d'Haftar et de son armée de libération... Car ce repli autour de Tripoli intervient au lendemain d'un revers militaire important pour la LNA.

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Lundi, rappelle le site turc d'opposition Ahval, l'armée de libération a du abandonner la base aérienne d'Al Watiya, près de la frontière tunisienne, la seule dont elle avait réussi à prendre le contrôle en 2014 dans la région de Tripoli. En perdant cette position très stratégique, l'homme fort de l'Est libyen a clairement marqué le coup, analyse Al Jazeera,  qui y voit un possible tournant dans le conflit libyen en faveur du gouvernement reconnu par l'ONU de Fayez Al Sarraj. "Cette défaite devrait peser lourd sur les combattants rebelles de Khalifa Haftar", commente à son tour The Libyan Herald.  

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La LNA est donc dans une mauvaise passe, et ce n'est certainement pas du goût de la Russie, qui est leur principal soutien depuis l'étranger. Pour ceux qui en douteraient encore, La Repubblica en Italie constate qu'en se retirant d'Al Watiya, les forces de la LNA ont abandonné des armes, et notamment une batterie de défense anti-aérienne Pantsir, le dernier cri de fabrication russe, une preuve s'il en était besoin que Moscou arme copieusement Khalifa Haftar dans sa tentative de prise de pouvoir en Libye, contre le GNA et contre la Turquie.

Et cette dernière en fait une affaire nationale : il est vrai qu'à la différence des Russes, les Turcs sont engagés en Libye de manière officielle après des accords de soutiens passés avec Fayez Al Sarraj et son gouvernement ; mais à lire à nouveau les dépêches de l'agence Anadolu, "les journaux du monde entier se sont réjouis lundi de la reprise d'Al Watiya" par les Turcs et leurs alliés libyens. En vrai, l'information n'a pas vraiment fait la Une ailleurs qu'en Turquie... où il est vrai qu'elle revêt une dimension nationale voire nationaliste forte. 

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Le magazine The Arab Weekly nous livre à  ce sujet l'analyse du journaliste tunisien Jemai Guesmi : pour Ankara, la reprise de la base d'Al Watiya est essentielle car elle renforce, et pour longtemps, la présence de l'aviation turque dans le sud-est de la Méditerranée. "La Turquie a déjà passé des accords avec les gouvernements du Qatar, du Soudan et de Somalie pour y établir des bases aériennes permanentes, ce qui lui donne un accès aérien au Golfe persique, à la Mer rouge et à la corne de l'Afrique. Avec la Libye, elle veut renforcer sa capacité d'intervention aérienne en Afrique du Nord". 

Voilà (entre autres) pourquoi elle est si impliquée en Libye aux côtés du GNA. En face, la LNA recule mais, comme le rappelle l'article de The Arab Weekly, elle contrôle toujours les terminaux pétroliers dans l'est du pays, elle a donc la main sur les exportations qui sont le nerf financier de cette guerre. Khalifa Haftar (et ses alliés internationaux) n'ont donc pas dit leur dernier mot.  

En Hongrie, où il est désormais interdit de changer de genre.

C'est le dernier coup d'éclat du gouvernement ultraconservateur de Viktor Orban : son parti le Fidesz vient d'approuver un amendement, dans une loi fourre-tout qualifié de "loi-salade" par les médias hongrois, l'interdiction désormais de faire enregistrer son changement de sexe à l'état civil. 

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Ce nouveau texte, selon The Guardian qui cite des militants de la cause LGBT à Budapest, il "renvoie la Hongrie un peu plus encore vers des époques sombres" où la discrimination et la répression des trans était la norme. Dans un pays où les contrôles d'identité sont quasi-quotidiens, estime un commentaire publié par le site du magazine Mandiner, il y a fort à craindre que cette interdiction de faire officialiser son changement de genre rende la vie impossible à celles et ceux qui ont fait ce choix de vivre avec une autre identité sexuelle que celle de leur naissance. La nouvelle loi contredit clairement les normes internationales des droits humains ; mais le fond de commerce politique de Viktor Orban et du Fidesz, rappelle The Guardian, repose en grande partie sur la défense des "valeurs familiales traditionnelles", et une stigmatisation de tout ce qui s'écarte d'un soi-disant "ordre naturel".

En attendant un possible soutien de la Cour Européenne des Droits de l'Homme, des dizaines de milliers de hongrois et hongroises transgenre vont donc devoir vivre avec une identité qui n'est pas la leur, et nier leur personnalité, déplore le site d'info Merce, selon qui les trans constituent l'une des population les plus discriminées en Hongrie, en particulier sur leur lieu de travail et dans leurs rapports avec l'administration... la nouvelle loi chère à Orban et au Fidesz ne devrait faire que renforcer cette invisibilisation. "En ces temps de pandémie, le gouvernement hongois n'avait-il donc pas de loi plus importante à voter ?", déplore enfin Merce.

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