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Le lieutenant-colonel Alexander Vindman devant le Congrès lors de la procèdure de destitution visant le président américain Donald Trump

Impeachment : l'appel du 25 juillet était "inapproprié"

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Aux Etats-Unis, les audiences publiques de l’enquête de destitution de Donald Trump continuent au Congrès américain. Les gardiens de prison chargés de surveiller Jeffrey Epstein inculpés à New York.

Le lieutenant-colonel Alexander Vindman devant le Congrès lors de la procèdure de destitution visant le président américain Donald Trump
Le lieutenant-colonel Alexander Vindman devant le Congrès lors de la procèdure de destitution visant le président américain Donald Trump Crédits : Andrew CABALLERO-REYNOLDS - AFP

Ce matin, nous nous intéressons à ces auditions fleuves, retransmises en direct sur toutes les chaines d'information américaines dans la suite de l'enquête ouverte, en vue d'une procédure de destitution du président Donald Trump, l'enquête pour "impeachment". 

Les démocrates veulent permettre aux Américains de se forger leur opinion car ils soupçonnent Donald Trump d’avoir fait pression sur l’Ukraine, l’été dernier, en échange d’une enquête sur Joe Biden,  l’un de ses rivaux pour la prochaine présidentielle. Les auditions de deux témoins, mardi 19 novembre, devant la commission du Renseignement de la Chambre des représentants à Washington, font donc la une de la presse américaine ce mercredi. Il s'agit de Jennifer Williams, conseillère spéciale du vice-président Mike Pence et du lieutenant-colonel Alexander Vindman, membre du Conseil de sécurité nationale à la Maison Blanche.

The Washington Post explique que ces deux derniers ont fait part de leur malaise face à l'appel du 25 juillet qu'ils ont écouté entre Donald Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Les deux conseillers ont jugé cet appel "inapproprié", retranscrit le journal.

"Il est déplacé pour le président des États-Unis d'exiger d'un gouvernement étranger qu'il enquête sur un citoyen américain et un opposant politique", a souligné Alexander Vindman tandis que Jennifer Williams a expliqué qu'elle avait écouté dans le cadre de ses fonctions "environ une dizaine d'autres conversations téléphoniques présidentielles", et qu'elle avait trouvé "l'appel du 25 juillet inhabituel car (...) il impliquait des discussions sur ce qui semblaient être des questions de politique" américaine.  

Pour Peter Baker dans le New York Times, Donald Trump vise désormais ceux qui travaillent encore pour lui  à la Maison Blanche, ce qui est une nouveauté. Baker décrit en effet qu'Alexander Vindman était encore assis devant le congrès lorsque la Maison Blanche a publié sur son compte Twitter officiel un message dénonçant son jugement. Jennifer Williams, elle, avait à peine quitté la pièce que le gouvernement twittait une déclaration contestant sa crédibilité.  

La méthode n'est pas nouvelle, au contraire, pour Elise Viebeck et Isaac Stanley Becker dans The Washington Post. Donald Trump et ses alliés utilisent une technique familière sur les témoins, écrivent ce matin les deux journalistes : "the smear" que l'on peut traduire par le fait de salir quelqu'un publiquement. C'est en particulier le témoin Alexander Vindman, qui en fait les frais. Cet ancien soldat américain fait l’objet de critiques et d’insinuations de la part des défenseurs de Donald Trump qui mettent en doute sa loyauté car il est né en Ukraine.

Mais pour Kyle Cheney dans les colonnes de Politico, c'est sans doute ce mercredi qu'un témoignage pourrait être accablant pour le président américain puisque c'est au tour de Gordon Sondland de répondre aux questions des élus de Commission du Renseignement de la Chambre des Représentants. L’actuel ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Union européenne, est récemment revenu sur ses paroles. Contrairement à son précédent témoignage sous serment et à huis clos, Gordon Sondland reconnait désormais qu’il y a bien eu entre l’exécutif américain et le président ukrainien Zelensky un échange de bons procédés afin que Kiev ouvre une une enquête sur une éventuelle affaire de corruption visant le fils de Joe Biden.

Aux Etats-Unis, sur une autre affaire, le New York Times s'est procuré un document inédit.

Deux gardiens de prison qui étaient en service la nuit où Jeffrey Epstein s’est suicidé dans une prison de New York ont été inculpés mardi 19 novembre.  Ils sont accusés d’avoir "omis de le surveiller toutes les demi-heures comme ils étaient censés le faire, puis d’avoir menti sur les documents de la prison”, rapportent les journalistes Michael Gold, Danielle Ivory et Nicole Hong.  Ces inculpations sont les premières à découler de l’enquête criminelle sur la mort le 10 août dernier de Jeffrey Epstein. Le multimillionnaire qui attendait son procès pour exploitation sexuelle de jeunes filles, s’était pendu dans sa cellule.  Selon l’acte d’accusation cité par le New York Times, les deux gardiens n’ont pas fait de ronde pour aller voir les détenus. Ils sont restés, assis à leurs bureaux, on surfé sur Internet et se sont promenés dans la zone commune. 

Les enquêteurs ont conclu au suicide par pendaison mais nombreux sont ceux qui émettent des doutes sur les causes de son décès. Selon le New York Times, cet acte d'accusation ne remet néanmoins pas en cause cette conclusion du médecin légiste et semble réfuter une théorie du complot selon laquelle Epstein ne s’est pas suicidé”. En effet, l’acte indique que “seuls les agents (…) en service auraient eu accès à la section où Epstein était détenu”.

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