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Le président du conseil italien Giuseppe Conte démissionne, plongeant l'Italie dans l'incertitude

Tout est possible en Italie

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L'Italie face à l'incertitude pour The Guardian alors que le président du Conseil italien Giuseppe Conte a jeté l'éponge. Il démissionne. En accusant son ministre de l'Intérieur Matteo Salvini de toute une série de transgressions.

Le président du conseil italien Giuseppe Conte démissionne, plongeant l'Italie dans l'incertitude
Le président du conseil italien Giuseppe Conte démissionne, plongeant l'Italie dans l'incertitude Crédits : ANDREAS SOLARO / AFP - AFP

Lui donnant du "Caro Mattéo", "cher Matteo"  tout au long de son discours. Et taclant Salvini d'opportuniste, responsable d'une crise politique déclenchée au service de ses propres intérêts. 

Giuseppe Conte tire sa révérence avec fracas constate pour sa part Le Temps à Genève, revenant sur la commedia dell'arte populiste et antisystème qui s'est joué sur la scène du parlement italien.  Alors que les rues de Rome sont désertes, l'ambiance est bruyante, inhabituelle au Sénat pour un mois d'août, poursuit le Süddeutsche Zeitung. Une crise gouvernementale en plein cœur de l'été, une première même pour les Italiens qui ont vraiment tout vécu dans ce genre dramatique. 

La coalition inédite des populistes du Mouvement 5 étoiles et de l’extrême droite a pris fin. Et maintenant ? C'est le scénario de l'après Conte qui inquiète La Republicca en Italie. Et les scénarios sont nombreux. 

Tout est possible. "jouer au poker, c'est miser sur sa chance. On a beau avoir un beau jeu, tant qu'il n'est pas mis sur la table, tout peut arriver, écrit La Libre Belgique dans son édito. Un joueur de poker qui perd pied englobe à lui seul des sentiments de tragédie et de comédie. Surtout si l'assurance arrogante du joueur est à la hauteur de son plantage. C'est un peu ce qui menace Matteo Salvini maintenant qu"il a fait voler en éclat la coalition gouvernementale. Aux Italiens, l'homme fort des sondages ne réclame rien de moins que les "pleins pouvoirs"
Mattéo Salvini, confirme le Süddeutsche Zeitung, se définira probablement comme l'unique combattant contre tous. Il est bon à ça. La propagande est son métier

Mais qui est Matteo Salvini ?  interroge le Time Magazine 

L'homme le plus populaire d'Italie, bien plus que Conte. "Sa popularité est à son apogée" assure dans le magazine anglais, Erik Jones, expert en relations internationales. "En tant que ministre de l'Intérieur, Salvini a su capitaliser l'hostilité des Italiens envers les migrants. "

Quelques heures seulement après le drame politique au Parlement, il était de retour sur les réseaux sociaux, pour parler des migrants. Ceux de l'Open Arms, qui ont pu finalement débarquer à Lampedusa, après 19 jours de mer. "Un autre atterrissage ? Un autre processus ? Je n'ai pas peur, écrit Salvini. Je suis fier de défendre les frontières et la sécurité de mon pays

El Mundo en Espagne fait les comptes : 14 mois de blocage de 14 navires et de 3000 migrants. Matteo Salvini a pris ses fonctions le 1er juin de l'année dernière. Trois jours plus tard, il était à Pozzalo, en Sicile, dans la zone d'arrivées des migrants, pour faire de la lutte contre l'immigration un bastion de son gouvernement.

Sa première cible sont les migrants analyse aussi le site d'information australien The Conversation qui remet en une un article sur les clés de la popularité de Salvini. Une communication en apparence spontanée et souvent même grossière, mais soigneusement coordonnée par une équipe d'experts. Avec notamment un logiciel surnommé la Bête. Il permet d'analyser un flot de données et d'adapter sa communication en ligne aux réactions du public. Véritable usine à Like. Ses 3,4 millions de followers font aujourd'hui de Salvini l'homme politique européen le plus suivi sur Facebook. 

Mais ce n'est évidemment pas que ça. Depuis la crise de 2008, précise le site, les partis qui proposent une distinction entre un "peuple" homogène et des "élites" corrompues, qui invoquent la priorité donnée à la nation et s'en prennent aux instances supranationales, mais aussi aux migrants, ont le vent en poupe un peu partout en Europe- sans parler des Etats unis ou de l'Amérique latine. 

Aux frontières de l'Europe, des pratiques islamophobes ? 

Dans les ports et aéroports britanniques. Omer, un Anglais, a été arrêté 40 fois lors de son retour au Royaume-Uni depuis 2005...sans jamais être reconnu coupable d'aucune infraction, raconte The Guardian. Une femme revenant de La Mecque a elle été arrêtée et retenue à l'aéroport près de 5 heures, alors qu'elle s'était sentie mal dans l'avion. On lui a demandé ce qu'elle pensait des guerres en Syrie et au Yémen. D'autres musulmans ont été interrogés sur leur pratique religieuse, la prière, le jeûne. 

C'est une enquête du groupe des droits de l'homme Cage. Il dénonce l'utilisation de pouvoirs controversés en matière de lutte contre le terrorisme : l'article 7 de la loi de 2000 autorise à garder pendant 6 heures les personnes en détention si il y a un doute d'activités terroristes. 

Des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées pour des raisons anecdotiques....avec un taux de condamnation minime : 0,007% sur plus de 420 000 affaires examinées. Cette pratique dit le directeur de Cage est une manifestation de l'islamophobie structurelle, vécue comme du harcèlement.

On se déchire aussi aux portes de l'Univers

Il y a une faille.

La théorie qui décrit le mieux l'histoire de l'Univers, depuis le Big bang et les premiers atomes, comporterait une anomalie, nous apprend Quanta magazine. Selon plusieurs observations, l'expansion de notre univers, qui gonfle depuis plus de 13 milliards d'années, serait plus rapide que prévu.  Les galaxies s'éloignent les unes des autres, comme l'avait démontré Hubbles en 1919. Mais avec trop d'entrain.  

Alors soit ces mesures sont incorrectes, soit le modèle est bancal, poursuit Le Monde, qui reprend l'information. Et c'est là que la faille s'ouvre, prête à libérer ce qu'il est convenu d'appeler, faute de mieux, de la nouvelle physique : nouvelles particules, nouveaux types d'interactions. On comprend l'excitation.

"Nous n'appellerions pas cela une tension ou un problème, mais plutôt une crise", déclare un des scientifiques dans Quanta magazine. Pour ceux qui essaient de comprendre le cosmos, une crise est l'occasion de découvrir quelque chose de grand. On espère que c'est vrai aussi pour la vie politique.

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