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La police fédérale en intervention à Portland

Etats-Unis : polémique autour de l'envoi de forces fédérales dans les villes pour assurer la sécurité

5 min
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Le Président américain Donald Trump entend recourir à des forces fédérales pour faire la loi dans les villes, contre l'avis des maires et gouverneurs d'Etats. Dans cette revue de presse internationale, nous nous intéressons également à l'Egypte, qui a désormais la possibilité d'intervenir en Libye.

La police fédérale en intervention à Portland
La police fédérale en intervention à Portland Crédits : Nathan Howard / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP - Getty

La polémique fait rage actuellement aux Etats-Unis. Faut-il envoyer des agents fédéraux pour faire la loi, et procéder à des interpellations dans les villes où se déroulent des rassemblements ?  

Ces derniers jours, des fédéraux ont ainsi été envoyés à Portland, dans l'Oregon. Il s'agissait d'une nécessité selon le patron de la sécurité intérieure Chad Wolf.  Selon lui les défilés fréquents qui se déroulent actuellement contre les violences policières sont peuplés de "violents anarchistes" qui veulent brûler des bâtiments. Il dénonce l'inaction des responsables locaux à cet effet.   

Ces responsables locaux sont quant à eux vent debout contre cette méthode. Il en est question notamment sur le site web d'information américain Business Insider. Pour Ted Wheeler, maire de Portland, "ce déploiement a conduit à davantage de violence et à davantage de vandalisme". 

Police fédérale à Portland
Police fédérale à Portland Crédits : NATHAN HOWARD / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP - AFP

Les sénateurs démocrates de l'Oregon condamnent ce qu'ils appellent "une tactique autoritaire de l'administration Trump".  Ils racontent que "les agents fédéraux ainsi envoyés sont dans des véhicules banalisés, sans chaîne de commandement discernable. Ils enlèvent des gens dans les rues".  

Cette situation est évidemment angoissante pour ceux qui arrêtés comme le décrit le magazine The Atlantic. "Normalement, une personne confrontée à des hommes anonymes en tenue de combat et qui est placée dans une camionnette banalisée peut raisonnablement supposer qu'elle est kidnappée et victime d'un crime". 

Plusieurs questions se posent.  Tout d'abord est-ce légal ? L'administration américaine peut-elle demander à ces agents fédéraux d'intervenir ainsi, en court-circuitant en quelques sortes les forces de l'ordre locales ?  

Oui, selon Andrew McCarthy du site de la chaîne de télévision conservatrice Fox News. "La constitution écrit-il impose au président des États-Unis le devoir d'exécuter la loi fédérale".  "Les agents ne font pas des rafles de personnes à volonté. Ils procèdent à des arrestations sur la base d'une cause probable de violation des lois promulguées par le Congrès". "Malgré les démagogues politiques qui voudraient nous faire fermer les yeux sur les crimes violents sous prétexte d'honorer la liberté d'expression, l'administration Trump a le devoir constitutionnel de faire respecter la loi fédérale". C'est ce qu'écrit le site de Fox News. 

Est-ce que Donald Trump a donc toute latitude pour refaire cela dans d'autres villes ?  Le magazine The Atlantic se montre beaucoup plus réservé sur le sujet.  Voici ce qu'il écrit. "La question de savoir si l'administration a ou non l'autorité légale pour prendre de telles mesures sera débattue dans le cadre de contestations judiciaires". Mais à la lecture de l'article plusieurs choses paraissent quand même problématiques.  "Une note interne, relève le magazine, montrerait ainsi que ces agents envoyés dans les rues de Portland n'étaient pas formés pour gérer les foules. Ils seraient plutôt chargés en général de faire respecter les lois sur l'immigration et de surveiller la frontière américaine".   "L'utilisation d'officiers fédéraux de cette manière, écrit The Atlantic, est corrosive pour la culture démocratique, elle rend l'application de la loi mauvaise et inefficace, et elle est probablement dangereuse physiquement à la fois pour les agents de la force publique et pour les manifestants en question". 

A l'avenir que va-t-il se passer ? L'administration américaine va-t-elle réemployer cette méthode ? 

Plusieurs maires en tout cas font déjà savoir que pour eux, il n'en est pas question.  Les élus démocrates de villes comme entre autres Seattle, Atlanta, Kansas City ou encore Washington ont écrit une lettre qu'ils ont adressée au ministre américain de la Justice, William Barr. lls s'opposent au "déploiement unilatéral" de forces fédérales chez eux.  

Voici par exemple le tweet de Quinton Lucas, maire de Kansas City, dans lequel ce courrier est consultable. 

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Cependant dans USA Today, on apprend que des agents fédéraux pourraient arriver très prochainement à Chicago.  Donald Trump a souvent qualifié d'"inacceptable" la violence qui règne dans cette ville où, apprend-t-on, "les fusillades ont augmenté de 46% par rapport à la même période l'année dernière, et les meurtres de 48%". Le gouverneur de l'Illinois JB Pritzker a déclaré qu'il ferait "tout son possible pour empêcher ces agents de venir".  

Autre sujet dans la presse internationale, l'Egypte a le feu vert de son parlement pour intervenir militairement en Libye... 

Lundi dernier l'assemblée Égyptienne a donné le feu vert au président Abdel Fattah al-Sissi pour déclencher une opération en Libye.  Le chef de l'Etat Égyptien avait d'ailleurs prévenu quelques jours auparavant qu'il ne resterait pas passif en cas de menace directe.  En Libye l'Egypte soutient le maréchal Haftar, qui contrôle l'est du pays, et qui, lui, affronte des troupes soutenues militairement par la Turquie. 

Le Parlement Egyptien ce lundi, jour du vote permettant une intervention en Libye
Le Parlement Egyptien ce lundi, jour du vote permettant une intervention en Libye Crédits : AFP - AFP

Les implications géopolitiques sont détaillées plus précisément dans le quotidien libanais L'Orient-Le Jour.  C'est la ville Libyenne de Syrte qui est au cœur des enjeux.  "Officiellement, écrit le journal, la bataille n'a pas encore atteint Syrte. Mais en coulisse les acteurs se positionnent. La ville sous le contrôle du général Haftar depuis 2011 se prépare à être le théâtre d'affrontements".   

Le site anglais The Telegraph complète : "Syrte est située à près de 600 miles de l'Égypte. Le président al-Sissi a averti qu'il s'agissait d'une "ligne rouge". S'il y a une attaque sur cette ville stratégique, cela entraînera une intervention militaire égyptienne pour défendre sa frontière".  L'explosion est-elle imminente ?  

Le site de Voice of America constate en tout cas que ce vote du Parlement Égyptien "ne semble pas avoir déclenché d'activité militaire immédiate de la part des forces rivales en Libye". L'article cite également ce législateur égyptien Emad Gad. Pour lui la décision de l'assemblée "ne signifie pas une déclaration de guerre, elle n'a pas précisé quand et comment le président al-Sissi pourrait intervenir".

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