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Nancy Pelosi et Donald Trump le 15 Mai 2019

"To impeach or not to impeach Trump ?" Telle est la question pour les Démocrates américains

6 min
À retrouver dans l'émission

Les élus Démocrates américains se divisent sur l'opportunité de lancer une procédure en destitution contre Donald Trump. Le journal en ligne The Middle East Eye alerte sur la prochaine exécution de trois figures de l'opposition au prince héritier MBS en Arabie Saoudite.

Nancy Pelosi et Donald Trump le 15 Mai 2019
Nancy Pelosi et Donald Trump le 15 Mai 2019 Crédits : Kevin Dietsch - Maxppp

Il y a un mot que l'on lit beaucoup ce matin dans la presse américaine : destitution. 

Lancer (ou ne pas lancer) une procédure de destitution, 'd'impeachment', contre Donald Trump : voilà le débat qui déchire de plus en plus ouvertement le camp Démocrate. Il a donné lieu hier soir à un échange que Politico nous décrit comme "musclé" entre certains parlementaires et leur chef de file Nancy Pelosi. 

Car les Démocrates, ou en tous cas beaucoup d'entre eux listés par le média en ligne Axios, sont de plus en plus furieux contre le pensionnaire de la Maison Blanche. Hier, ils ont vécu  comme l'affront de trop le fait de s'être fait poser un lapin par Don McGahn : l'ancien conseiller à la Maison Blanche n'a pas daigné se montrer devant la commission parlementaire qui l'avait convoqué pour témoigner dans l'enquête sur une possible obstruction à la Justice par Donald Trump. 

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La chaise de McGahn est donc restée vide hier, c'est l'administration Trump qui lui avait ordonné de ne pas répondre à l'assignation, et ça a provoqué chez le Démocrate Jerry Nadler qui préside la commission d'enquête, cette mise au point agacée :

"Quand nous citons un témoin à comparaître, même s'il s'agit d'un conseiller du président, il a le devoir de se présenter face à nous. Nos assignations ne sont pas optionnelles ! Et si M. McGahn ne corrige pas immédiatemment son erreur, nous n'aurons d'autre choix que de le faire comparaître de force". 

Voilà pour illustrer la manière dont le ton monte entre la Maison Blanche et le Congrès, lequel vient, pour enfoncer le clou (c'est CNN qui nous l'apprend) d'assigner à témoigner une ancienne très proche collaboratrice de Donald Trump, Hope Hicks, ainsi qu'une ex-assistante de Don McGahn.  

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Mais cette bataille de l'enquête parlementaire ne suffit pas :  il faut "aller plus loin", disait hier soir dans les couloirs du Congrès la jeune élue new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez dont on sait qu'en à peine 5 mois elle est devenue incontournable sur l'aile gauche du Parti Démocrate. 

Et "aller plus loin", ce serait donc lancer une procédure officielle de destitution du Président Trump : c'est désormais l'objectif affiché par nombre d'élus démocrates qui demandent (ça amuse beaucoup Slate d'ailleurs) "qu'une enquête soit ouverte pour étudier la possibilité d'une réflexion sur l'opportunité d'envisager la destitution".   

On le comprend, Donald Trump peut dormir sur ses deux oreilles, d'autant qu'il compte une alliée objective à la tête des Démocrates. 

La speaker, chef de groupe parlementaire Démocrate et élue de Californie Nancy Pelosi, est celle qui essaye à tout prix de calmer les plus va-t-en-guerre de son propre camp.  Elle n'a de cesse, nous dit Newsweek, de répêter qu'une procédure d'impeachment, c'est une arme juridique complexe à manier, et qui peut facilement se retourner contre ceux qui la lancent.  

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"La destitution, déclarait-elle récemment à New-York, c'est une étape que l'on ne peut franchir que si l'on arrive à rassembler le peuple américain derrière soi. Elle doit être menée froidement, sans arrières-pensées partisanes, mais en s'appuyant sur une présentation irréfutable de faits reprochés. Je le répète encore et encore, il faut savoir les faits que l'on reproche au Président".  

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Discours d'une grande prudence, pour celle qui s'est fixé avant tout comme mission première d'éviter les divisions au sein du Parti Démocrate. Newsweek résume la situation en expliquant que les pro-impeachment vont devoir "passer sur le corps de Nancy Pelosi", quand NBCNews en conclut qu'ils ne sont pas prêts de faire céder "la digue Pelosi". La speaker est une politicienne expérimentée, elle sait surtout qu'une procédure en destitution se heurterait, sauf énorme surprise, à un refus du Sénat où les Républicains gardent la majorité.

Un journal spécialisé sur le Moyen-Orient sonne à nouveau l'alerte, sur la répression des voix dissidentes en Arabie Saoudite. 

Ce journal c'est The Middle East Eye, édité depuis Londres mais plutôt lié à l'émirat du Qatar : il publie un article annonçant que la peine capitale va être prononcée et exécutée dès la fin du ramadan début juin, à l'encontre de trois personnalités saoudiennes présentées comme des intellectuels opposants au prince héritier Mohamed Bin Salmane. 

The Middle East Eye avait été le premier à annoncer la disparition et l'assassinat, à Istanbul en octobre, du journaliste Jamal Khashoggi. Il cite cette fois deux sources au sein du gouvernement d'Arabie Saoudite qui confirment que l'affaire est entendue : la justice va condamner à mort pour "terrorisme" le très populaire prédicateur sunnite Salman Al-Odah, ainsi que le théologien Awad Al-Qarni et l'homme de télévision Ali Al-Omari. 

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Tous trois, nous dit le journal en ligne, sont des figures de l'islam modéré qui se sont engagées dans le mouvement réformateur "Sahwa", soit "le réveil islamique", lié aux Frères Musulmans. Le plus connu des trois, confirme Al Jazeerah, c'est sans conteste Salman Al-Odah, 14 millions d'abonnés sur Twitter et des prêches qui en font un prédicateur relativement progressiste (relativement puisqu'on nous explique qu'il a choqué les Saoudiens en se disant favorable à une décriminalisation de l'homosexualité, expliquant que "ça restait un pêché selon lui mais que le seul vrai jugement devait être celui de Dieu et non des hommes").  

Al Odah avait en 2011 soutenu les révolutions arabes et en particulier celle qui débutait au Bahrein ; il avait enfin appelé les autorités saoudiennes à renouer le dialogue interrompu avec le Qatar. Autant de prises de positions qui le plaçaient clairement dans l'opposition à la famille royale, et qui l'ont conduit en prison, avec des centaines d'autres voix considérées comme discordantes, lors des grandes purges menées en septembre 2017 par le prince héritier quand il a pris les commandes du royaume.  

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The Middle East Eye, nous rappelle enfin que courant avril pas moins de 37 opposants pour la plupart chiites, ont été exécutés en Arabie Saoudite : "c'était un ballon d'essai, pour tester la réaction internationale", explique l'une des sources du journal. Les pays occidentaux en l'occurence n'avaient rien trouvé à redire,malgré les condamnations exprimées par Amnesty International. 

Mais avec la probable condamnation à mort de Salman Al-Odah, ce serait nous dit-on une première, de voir exécutée une figure aussi proéminente de l'opposition saoudienne. Le Middle East Eye semble donc tenter d'alerter pour éviter que sa mort n'ait lieu dans l'indifférence générale. 

Il cite enfin feu Jamal Khashoggi, qui avant d'être atrocement assassiné par les hommes de MBS, avait prédit ceci : "Salman Al-Odah va être exécuté, non pas parce qu'il est un terroriste, mais parce qu'il est un modéré. Et c'est en cela, que la Couronne saoudienne le considère comme une menace".

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