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Un garde veille sur le sanctuaire Saint-Antoine à Colombo le 24 avril, trois jours après les attentats qui ont frappé des églises et des hôtels de la capitale du Sri Lanka.

Daech peut encore semer le carnage au-delà des frontières de son ancien "califat" selon le Washington Post

6 min
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La revue de presse internationale s’interroge sur la fin de Daech annoncée un peu trop vite, s’intéresse au dernier débat télévisé avant les législatives espagnoles et se demande comment devenir un tyran.

Un garde veille sur le sanctuaire Saint-Antoine à Colombo le 24 avril, trois jours après les attentats qui ont frappé des églises et des hôtels de la capitale du Sri Lanka.
Un garde veille sur le sanctuaire Saint-Antoine à Colombo le 24 avril, trois jours après les attentats qui ont frappé des églises et des hôtels de la capitale du Sri Lanka. Crédits : Jewel Samad - AFP

Ceux qui pensaient qu’avec, fin mars, la chute de Baghouz, son dernier fief en Syrie, Daech ne deviendrait plus qu’un mauvais souvenir, eh bien ceux-là se sont trompés !

Plus de 300 morts dimanche au Sri Lanka ! Plusieurs explosions et une revendication de l’organisation État Islamique. 

"Les attaques coordonnées au Sri Lanka, écrit le Washington Post, ont montré que le groupe, résilient, peut encore semer le carnage au-delà des frontières de son ancien 'califat'."

Pour le New-York Times, "si des liens étroits devaient être avérés (entre commanditaires et terroristes), ils renforceraient les inquiétudes des responsables sécuritaires des pays occidentaux selon lesquels le groupe reste une menace puissante". 

"Et en signe d'inquiétude, précise le quotidien américain, le FBI, Interpol et d'autres services de renseignement étrangers se sont joints à l'enquête sri lankaise."

Le Washington post cite un officiel sri lankais qui assure que "dès 2017, les États-Unis avaient prévenu les responsables sri-lankais que l'État Islamique recrutait dans toute l'Asie du Sud-Est et que le Sri Lanka pourrait devenir un 'carrefour' pour les activités du groupe."

"Les attentats au Sri Lanka étaient à la fois complexes et bien coordonnés, explique dans le journal Rita Katz, co-fondatrice de SITE, qui analyse les mouvements terroristes. Cela laisse supposer que les assaillants auraient reçu une formation et une assistance de la part de Daech, peut-être de l’une des bases du groupe aux Philippines ou ailleurs dans la région."

"La défaite du califat physique en Irak et en Syrie ne sera jamais la fin du défi de l'État islamique", estime Nicholas Rasmussen, ancien directeur de la lutte contre le terrorisme au Conseil de sécurité nationale américain.

"C’est la raison pour laquelle de nombreux experts du terrorisme ont exhorté l’administration à faire preuve de retenue lorsqu’elle a prétendu avoir vaincu l’état islamique." À lire donc dans le Washington Post.

Dimanche, se tiendront les élections législatives en Espagne. 

Hier soir lors du dernier débat télévisé, deux sujets ont pris le dessus : la Catalogne et le sexisme. "Pedro Sánchez ne clarifie toujours pas son plan pour la Catalogne", titre ce matin le quotidien espagnol ABC, au lendemain de ce débat télévisé des têtes de listes, le deuxième en 24 heures.

"Pedro Sánchez, le président du gouvernement, a gagné en force peut-on lire, mais il n’a pas non plus réussi à sortir victorieux". Parmi ses points faibles : sa feuille de route pour la Catalogne. 

Il faut dire que Pedro Sánchez est, pour ainsi dire, coincé. Si son parti, le PSOE peut arriver en tête dimanche, il ne devrait pas obtenir la majorité et devra trouver des alliés. La gauche radicale - Podemos - , pourrait ne pas suffire. Il pourrait alors avoir besoin par exemple des séparatistes catalans.

Mais Sánchez s'en défend. Hier soir le président du gouvernement espagnol a dû le répéter : "Je n'ai pas accepté l'indépendance catalane, c'est un mensonge, c'est faux !".  Plus tard, relate le quotidien, Sánchez a promis de ne pas autoriser l'indépendance de la région, mais n'a pas précisé jusqu'où irait son plan de dialogue avec les séparatistes.

"Comme prévu, écrit El País, ce dernier débat a été bien plus compliqué que le précédent et parfois très sauvage, en particulier lorsque la question de la violence sexiste a été soulevée."

La violence sexiste, parce que rappelons-le, Vox, parti d'extrême droite, a des positions très dures sur la question. Et Vox en passe d'obtenir des sièges à l'assemblée, pourrait faire alliance avec le mouvement Ciudadanos d'Alberto Rivera et le Parti Populaire de Pablo Casado.

Casado qui s'est énervé raconte El País contre Sánchez : "Un président comme Sánchez ne me donnera pas de leçons sur la violence de genre. J'ai une mère, une femme, une fille, c'est une insulte de dire que le Parti Populaire ne combat pas la violence de genre. Vous utilisez des femmes !"

Et Rivera d'en rajouter : "Ce fléau affecte tout le monde, M. Sanchez, ne soyez pas méchant, n'utilisez pas de femmes, c'est une cause pour tout le monde !" Concluant par "Ce pays ne mérite pas ce président de gouvernement !" 

Et le journaliste d'El País quasiment accablé : "Le ton était tellement bas que Pablo Iglesias (le leader de Podemos), qui jusque là était toujours en mode zen, a terminé avec un appel désespéré : 'Je suis très embarrassé par la façon dont le débat se poursuit.'"

Kim Jong Hun en Russie pour rencontrer Poutine : les dictateurs comme seul repère !

Les dictateurs certes mais choisis par le peuple ! C’est le Financial Times qui dit que nous vivons "L’ère de ces 'despotes élus'"

Martin Wolf dans son éditorial écrit que désormais de "tels dirigeants émergent dans des démocraties bien établies". Les principaux exemples : Poutine, Erdogan, Duterte, Bolsonaro mais aussi Netanyahu, Salvini et Trump. Martin Wolf parle de "déclin qui s’est produit dans toutes les régions du monde".

Et l’éditorialiste de convoquer s’il vous plait Platon ! Qui, dans La République décrit le leader fort comme un "protecteur".

"Avec une foule dans le dos, il ne craint pas ses promesses ou ses actions. Quel sera son destin, demande le philosophe ? Ne doit-il pas périr non plus des mains de ses ennemis ou devenir un loup ? C'est-à-dire un tyran ?"

L’éditorial cite l'écrivain irlandais Ian Hughes qui suggère que "ces hommes sont des narcissiques ou des psychopathes. Sinon, comment peut-on se convaincre être 'le seul salut du peuple' ?"

Alors comment s’y prendre pour devenir un tyran?

"Si un tel dirigeant souhaite subvertir la démocratie, ce n’est hélas pas si difficile à faire, soulignent deux chercheurs de Harvard dans le FT.

D'abord, capturez les arbitres (l'appareil judiciaire, les autorités fiscales, les services de renseignement et les forces de l'ordre). Deuxièmement, éloignez ou éliminez les opposants politiques et, surtout, les médias. Troisièmement, subvertissez les règles électorales. Tout cela permettra d’insister sur l'illégitimité de l'opposition et la 'falsification' de l'information qui ne correspond pas à ce que le chef trouve utile. Les gens voudront faire confiance à un tel dirigeant lorsqu'ils voudront désespérément croire que quelqu'un de puissant est à leurs côtés dans un monde injuste."

Et l'éditorialiste qui cite, cette fois, un ancien président américain : "Comme l'a suggéré Abraham Lincoln, une république démocratique ne perdurera que si elle est touchée par 'les meilleurs anges de notre nature'.

C'est ainsi que, dans ma grande bonté, je conclus cette revue de presse internationale.

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