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Xi Jinping dans une exposition officielle à Wuhan en janvier 2021

Nationaliste et autoritaire, la Chine selon Xi Jinping

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Le Wall Street Journal tente de définir ce que Xi Jinping fait à la Chine depuis son arrivée au pouvoir en 2013. Les îles Kiribati offrent un poste avancé à Pékin, en Océanie. Le Japon crée un ministère de la Solitude fac à une recrudescence des suicides l'an dernier, en plein épidémie de Covid-19.

Xi Jinping dans une exposition officielle à Wuhan en janvier 2021
Xi Jinping dans une exposition officielle à Wuhan en janvier 2021 Crédits : NIicolas Asfouri - AFP

Une plongée dans le cerveau du président chinois.

"Comment Xi Jinping est en train de transformer la Chine, et pourquoi cette trajectoire ne peut mener qu’à une confrontation avec l’Occident" : c’est le titre de ce dossier publié par The Wall Street Journalet compilant six mois de travaux de son service Asie afin de percer à jour les ressorts personnels et idéologiques de l’autre homme le plus puissant du monde. 

Xi Jinping, donc, au pouvoir depuis 2013 et qui, depuis, a "réussi à imposer l’idée, en Chine et au-delà, que son approche autoritaire du pouvoir était bien supérieure au modèle démocratique occidental".

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"_Autoritaire" e_t "nationaliste" : voilà bien les deux mots qui reviennent le plus pour qualifier l’idéologie du président chinois marquée par l’ambition dévorante de restaurer la grandeur de la Chine dans tous les domaines. Nationalisme intérieur aussi, qui favorise l’effacement de toute minorité et qui a mené à l’internement de masse des Ouïghours. "Valeurs anti-libérales", enfin, qui ont conduit Xi Jinping à modifier la Constitution en 2018, pour pouvoir rester président à vie.

La doctrine Xi Jinping, proclame donc le Wall Street Journal, "n’a pas renié le modèle capitaliste qui nourrit la croissance chinoise", mais il y a adjoint un fort interventionnisme étatique et un contrôle très serré des grands patrons… 

Sur le plan politique, il a "ravivé les méthodes maoïstes en matière de mobilisation des masses, et il tire un profit maximum des technologies numériques pour inventer une version moderne du totalitarisme stalinien en matière de surveillance de la population et de répression de toutes les contestations, qu’elles viennent de Taïwan ou de Hong-Kong".

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Le portrait dessiné par le Wall Street Journal, vous l’aurez compris, fait plutôt froid dans le dos, mais il a le mérite de reprendre toutes les facettes de cette Chine de Xi Jinping qui a su se rendre omniprésente dans l’actualité mondiale, comme elle l’a fait dans les grandes institutions multilatérales, en prenant les Occidentaux à leur propre jeu.

Et c’est l’une des caractéristiques, aussi, de cette Chine du 21ème siècle : elle développe sa politique étrangère tous azimuts.

Avec une illustration dans l’actualité du jour, relevée pour nous par The Guardian. La Chine est en train de faire d’un petit archipel d’Océanie, les Kiribati, le pilier de sa présence renforcée dans le Pacifique, à quelques milliers de kilomètres seulement d’Hawaï l’américaine. Pékin a déjà soutenu le nouveau président de l’archipel au moment de son élection en juin dernier, et à présent, c’est lui qui confie à la Chine un étonnant projet de développement agricole. 

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Car les Kiribatis, nous rappelle le Guardian, ont acheté il y a une dizaine d’années, 22 kilomètres carrés de terres sur l’archipel voisin des Fidji, dans l’idée que leur population pourrait tout simplement y trouver refuge si, comme on le craint, la montée des eaux du Pacifique venait à engloutir les Kiribati. Et aujourd’hui, on apprend que le grand déménagement climatique n’est plus d’actualité, que les autorités de l’archipel comptent plutôt rehausser toutes les habitations pour éviter la submersion ; et donc, les terres achetées aux Fidji vont être utilisées pour y faire pousser de quoi nourrir la population, obligée jusque-là d’importer toute sa nourriture et atteinte d’obésité généralisée. 

Et c’est la Chine, qui se voit confiée la mission de gérer ce grand projet agricole en pleine Océanie, avec la crainte que Pékin n’en profite pour mettre la main sur ces terres et ne s’en serve comme d’une base militaire très stratégique, en cas de confrontation future avec les Etats-Unis.

Autre archipel : le Japon qui se dote d’un ministère… de la Solitude.

C’est aussi poétique que c’est déprimant : le nouveau gouvernement Suga depuis la mi-février a donc un ministre de la Solitude, poste inventé comme nous l’explique le magazine en ligne Insider Asia, pour pallier la hausse des suicides au Japon l’an dernier, conséquence, on le devine, de l’isolement social amplifié par la crise sanitaire. 

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Le nombre de suicides au Japon baissait depuis onze ans, détaille The Straits Timesde Singapour, mais il est reparti à la hausse avec la pandémie ; et à la différence du Royaume-Uni, qui a déjà créé un tel poste de ministre de la Solitude en 2018, au Japon ce ne sont pas les personnes âgées qui sont les plus vulnérables, mais les jeunes femmes célibataires. La crise du Covid-19 complique les possibilités de trouver un emploi stable ou de se marier… La culpabilité et la réprobation sociale font le reste. 

Le nouveau ministre de la Solitude a donc du pain sur la planche, et pour le moment la seule solution qu’il a avancée, c’est une grande consultation publique à la fin du mois, sur la détresse psychologique et l’isolement social

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