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Muezzin masqué à Gaza le 25 août 2020

La bande de Gaza rattrapée par le coronavirus

5 min
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Malgré les blocus israélien et égyptien, malgré les quarantaines obligatoires, des premiers cas de contamination au coronavirus ont été détectés dans la bande de Gaza immédiatemment placée en confinement strict pour 48h. En Thaïlande Facebook plie face à la dictature et supprime un groupe dissident.

Muezzin masqué à Gaza le 25 août 2020
Muezzin masqué à Gaza le 25 août 2020 Crédits : Saïd Khatib - AFP

Au Proche-Orient la bande de Gaza subit un confinement sanitaire strict pour la deuxième journée consécutive. 

Des rues vides, des voitures de police qui diffusent au mégaphone des messages ordonnant aux habitants de rester chez eux : voilà ce que décrit ce reportage de la chaîne qatari Al Jazeera.  

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Après quatre mois épargné par la pandémie, la bande de Gaza a donc enregistré, au sein d'une même famille en début de semaine ses quatre premiers cas de contamination non-importée de l'étranger. The New York Times nous raconte comment une crainte sourde s'est emparée du territoire palestinien, dès que la nouvelle a été rendue publique. Le Hamas, qui dirige la bande de Gaza, a immédiatement décrêté un confinement total de 48 heures... et la ville est devenue silencieuse.  

Il faut dire, avec The Guardian, que les Gazaouis ont toutes les raisons de craindre une catastrophe sanitaire si le coronavirus se répand dans la population de près de 2 millions d'habitants. La promiscuité, l'état désastreux du système de santé, tout est réuni pour que l'épidémie flambe très rapidement à Gaza. D'ailleurs, l'épée de Damoclès planait depuis des mois au-dessus du Proche-Orient, on savait que la menace était bien réelle, mais d'une manière cruelle et cynique, explique Al Jazeera, l'enfermement dans lequel les blocus israélien et égyptien ont réduits Gaza en a fait depuis longtemps déjà un territoire confiné malgré lui, avec des échanges avec l'extérieur réduits à presque rien. Par la force des choses, l'enclavement géopolitique subi par Gaza aura bien freiné la diffusion du virus.  

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Mais cette fois, donc, les quatre cas détectés lundi l'ont été en dehors des centres de quarantaine obligatoire, au coeur d'un camp de réfugiés palestiniens. Et d'après le New York Times, dès le lendemain, ce mardi, deux autres cas ont été enregistrés sans lien avec les quatre premiers. Voilà donc pourquoi le confinement de 48 heures a été déclenché : pour tenter de couper court à la propagation et identifier de possibles autres sources de contamination. Est-ce que deux jours suffiront? On peut en douter... mais ce qui est sûr, c'est que malgré la préparation, les tests grandeurs nature qui ont été menés, les hopitaux gazaouis et leurs 100 respirateurs disponibles seulement ne suffiront pas à faire face à une possible vague de Covid-19. 

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D'autant, comme le rappelle le Times of Israel, que depuis le début du mois d'août le réseau électrique ne fonctionne que trois à quatre heures par jour seulement ; allez faire fonctionner des respirateurs dans ces conditions. Car depuis début août, confirme l'autre quotidien israélien Haaretz, les attaques à distance ont repris entre Gaza et Israël : des ballons incendiaires et des roquettes lancés depuis le territoire palestinien, des bombardements quasi-quotidiens en représailles... et Israël donc qui bloque les approvisionnements en carburants à la frontière, ce qui limite fortement la production d'électricité.  

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Forcément, cette situation de tensions frontalières ne va pas faire qu'aggraver encore les difficultés à gérer ce début d'épidémie à Gaza, confirme le journal saoudien The Arab News, sachant que les négociations ébauchées ces derniers jours entre le Hamas et Tel Aviv ont échoué. Reste à savoir si l'arrivée hier dans la bande de Gaza d'un émissaire qatari avec, selon le sinformations du Times of Israel, 30 millions de dollars en cash dans ses valises, va permettre "d'apaiser le Hamas" et d'alléger la crise tant diplomatique qu'économique... et désormais donc sanitaire.  

Direction à présent l'Asie et la Thaïlande où Facebook passe à nouveau pour un ennemi de la liberté d'expression. 

La firme californienne et son réseau social qui se vante souvent d'être un instrument pro-démocratie à travers le monde... se retrouvent, c'est vrai, dans une situation intenable face à la junte et à la monarchie thaïlandaises conspuées depuis deux semaines par des manifestations de milliers d'étudiants. 

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Car, nous explique la Nikkei Asian Review, Facebook a ce lundi cédé aux pressions du régime de Bangkok, s'est plié à sa loi qui criminalise toute insulte à la monarchie, et a accepté de retirer de son réseau une page qui servait de forum, d'espace de mobilisation au mouvement étudiant, un groupe facebook créé par un opposant thaïlandais en exil au Japon, et qui comptait (excusez du peu) plus d'un million de membres. Vous imaginez la suite, racontée par The South China Morning Post : Facebook s'est retrouvée sous le feu de critiques, à travers le monde, pour s'être rendu complice d'une dictature et pour avoir renié les valeurs démocratiques que la compagnie revendique pourtant. Mise dans une situation très inconfortable, Facebook joue aujourd'hui l'ambiguité, voire l'hypocrisie en faisant savoir que son service juridique est en train de monter un dossier pour déposer une requête en justice contre l'Etat thaïlandais pour l'avoir forcé à faire quelque chose qu'elle réprouvait, à savoir fermer la page dissidente. 

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La firme de Mark Zuckerberg tente donc de nous convaincre, un peu tard, qu'elle est et reste un allié de la liberté d'expression. Les anti-monarchie thaïlandais vont d'ailleurs très vite lui donner l'occasion de prouver cet engagement : ils ont recréé dès hier un nouveau grooupe sur le réseau social où ils sont déjà plus de 500 000 abonnés, toujours déterminés à critiquer ouvertement leur roi et leur junte. On verra si ce groupe-là est supprimé ou non...  

"Il devra l'être car c'est la loi thaïlandaise", affirme dans le Bangkok Post le chef de la junte et donc Premier ministre Prayut Chan-O-Cha. Il donne 15 jours à Facebook pour retirer toutes les pages considérées comme lèse-majesté... et il prévient : "Nous ne sommes pas impressionnés" par le géant du net et ses cas de conscience démocratiques.

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