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Le vice-ministre iranien de la Santé (à gauche) contaminé au coronavirus

L'Iran inquiète sur sa capacité à faire face au coronavirus

6 min
À retrouver dans l'émission

En moins d'une semaine l'Iran est devenu le principal foyer de l'épidémie de Covid-19 au Moyen-Orient. La réaction des autorités, entre mensonges officiels et faiblesse du système sanitaire, inquiète la presse internationale. Retour sur des pogroms anti-musulmans très politiques à New-Delhi.

Le vice-ministre iranien de la Santé (à gauche) contaminé au coronavirus
Le vice-ministre iranien de la Santé (à gauche) contaminé au coronavirus Crédits : STRINGER / ANADOLU AGENCY - AFP

Nous nous intéressons ce matin à une zone grise sur la carte du monde de l'épidémie de Coronavirus :  l'Iran. 

Une zone gris foncé, même, et pour deux raisons.  

Il y a d'abord par ce que l'on sait de la propagation du virus dans ce pays, les chiffres officiels :  une centaine d'Iraniens contaminés mais surtout au moins 15 morts, ce qui en fait le deuxième pays en terme de mortalité après la Chine, selon les informations confirmées par le Tehran Times

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Et puis il y a tout ce que l'on ne sait pas, les zones d'ombres... et la manière dont on tente de remplir ces vides.  L'Iran, nous dit The Middle East Eye, est "grippé avant tout, par les rumeurs et contre-rumeurs" qui se propagent au moins aussi vite que la maladie elle-même. Ce qui inquiète la population, c'est d'abord, on l'a dit, le taux de mortalité beaucoup plus élevé qu'ailleurs ; et comme aucune raison valable n'est avancée, pour l'expliquer, par les autorités,  les hypothèses les plus alarmantes circulent, hors des médias officiels.  

Car les autorités iraniennes, en matière de fiabilité et de transparence, ce n'est vraiment pas ce qu'on fait de mieux, la population en a plus que conscience ;  en tous cas elle n'a pas confiance., diagnostique le Middle East Eye, et ça ajoute à la confusion.  Après, notamment, l'épiqode du boeing ukrainien abattu par erreur en janvier, le sceau du mensonge est gravé dans tous les esprits, et quoi que disent le gouvernement aujourd'hui sur le coronavirus, il n'est pas cru ou en tous cas il est suspecté de ne pas tout dire...  peut-être pour de bonnes raisons, pour ne pas propager la panique dans la population, mais avec l'effet complètement inverse.  

Pour ne rien arranger le vice-ministre iranien de la Santé a du lui-même révéler hier qu'il est atteint par le Covid-19. Sa confession vidéo filmée sur son téléphone portable a très rapidement fait le tour de l'Iran et  du monde.  

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Iraj Harirchi, c'est son nom, explique avec un semblant de sourire que lui aussi vient d'être testé positif au coronavirus, qu'il s'est de lui-même mis en confinement, qu'il a de la fièvre mais que "ça va", qu'il est sûr que l'Iran va vaincre le virus dans les semaines qui viennent. La démarche se voulait transparente et rassurante, mais la vidéo est très vite devenue virale, si vous me permettez l'expression... tout comme celle, filmée quelques heures plus tôt, où l'on voyait le même vice-ministre de la santé, fiévreux, toussant, s'épongeant le front à plusieurs reprises pendant un discours de son ministre. 

C'est d'autant plus fâcheux, rappelle la BBC, qu'Iraj Harirchi avait été le plus virulent au sein du gouvernement, lundi, pour repousser les témoignages, pourtant issus du camp conservateur, qui faisaient état de dizaines de morts du coronavirus rien que dans la ville de Qom au cours du week-end. 

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Qom, épicentre de l'épidémie en Iran, où d'après ce que nous apprend le quotidien réformateur Hamshahri, le président de l'université de médecine, qui dirigeait l'équipe de lutte contre l'infection, a lui aussi été diagnostiqué positif. "Nous n'avons plus de commandant en chef pour mener la bataille contre le coronavirus", alertent donc les équipes médicales sur place. 

Pour Jason Rezaian du Washington Post, ça ne fait aucun doute : le gouvernement iranien utilise le mensonge comme principale réponse à l'épidémie qui le frappe de plein fouet ; une réponse jugée "inepte et malhonnête" dans sa manière de politiser la crise sanitaire, déclarant par exemple que les informations alarmantes qui circulent sont alimentées par l'ennemi américain pour fragiliser l'Iran.  

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Tout ça n'est pas nouveau, et The Economist tient aussi à reconnaître aux autorités de Téhéran des circonstances atténuantes, à commencer par le fait que l'Iran a toutes les peines du monde à importer le matériel médical nécessaire, les kits de diagnostics du virus en particulier, à cause des sanctions économiques très dures imposées par les Etats-Unis. 

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D'ordinaire la communauté internationale regarde ailleurs, puisque les souffrances qui en découlent touchent seulement la population iranienne. Mais là, le risque est beaucoup plus vaste, conclut The Economist : que l'Iran deviennent le foyer incontrôlé qui pourrait contaminer tout le Moyen-Orient.

Retour sur trois nuits consécutives de violences dans les faubourgs de New-Delhi en Inde. 

Allons droit au but : ce sont des quartier à forte majorité de population musulmane, au nord-est de la ville, qui sont pris pour cible depuis dimanche soir par de véritables expédition punitives. Au moins deux mosquées ont été vandalisées la nuit dernière à Mustafabad, d'après le récit qu'en fait le site de reportage The Wire : un groupe d'une cinquantaine d'hommes armés a déferlé dans le quartier, attaqué les lieux de culte et les fidèles dont des enfants qui s'y trouvaient, des maisons, des commerces ont été incendiés, le tout au son de chants nationalistes hindous et face à des policiers qui regardaient ailleurs, accuse encore The Wire

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Pire, il ne fait plus grand secret en Inde que ce sont des responsables politiques du parti majoritaire, le BJP de Narendra Modi, qui ont mis le feu aux poudres inter-communautaires. Les propos que leur prête les différents reportages que j'ai pu lire ce matin sont clairement des appels à la haine et à la violence contre la minorité musulmane. 

Les scènes que je viens de décrire, se sont reproduites dans plusieurs quartiers nord-est de New Delhi ces trois derniers jours, et The Times of India nous indique qu'elles ont fait au moins 20 morts dans toute l'agglomération. Le soucis, comme l'indique cette fois la chaîne NDTV, c'est que les blessés musulmans ont bien du mal à se rendre dans les hôpitaux pour se faire soigner, la police les en empêche souvent ou bien on refuse de les prendre en charge ; autant dire que le bilan véritable de ces violences pourrait être bien plus élevé. 

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Tout est parti dimanche soir, se remémore The Hindu, dimanche soir d'une manifestation de la communauté musulmane comme il y en a déjà eu des centaines depuis que le gouvernement Modi a fait passer plusieurs lois clairement nationalistes pro-hindou et discriminantes pour les musulmans d'Inde. Mais, dans un contexte sécurtiaire très tendu avec la visite de Donald Trump à quelques kilomètres de là, le rassemblement a viré à l'affrontement entre groupes communautaires, un policier a été tué, et depuis donc les discours de haine contre les "terroristes musulmans" se sont multipliés dans les rangs du pouvoir, des groupes de suprémacistes hindous ont pris les armes... et l'on connait la suite. 

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Cette violence, cela fait des mois voire des années que Narendra Modi et les siens la font monter, couver dans la population, mais jamais encore elle n'avait explosé dans ces proportions meurtrières. C'est l'analyse d'un professeur de science politiques indien interrogé par The Financial Times  : il y explique que ce que l'on voit à New Delhi depuis dimanche répond à un schéma tristement classique en Inde et consistant pour les responsables politiques à "créer les conditions pour déclencher à dessein" ce qu'il fait bien qualifier de "pogroms".

Chroniques

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