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Commémorations du premier anniversaire de la mort de George Floyd, Los Angeles, 25/05/21

"Defund the police", un an après la mort de George Floyd

6 min
À retrouver dans l'émission

Pour le premier anniversaire de la mort de George Floyd, sa famille constate que Joe Biden n'a pas tenu sa promesse de promulger à cette date une grande réforme de la police américaine. De nouvelles photos d'enfants noyés en Méditerranée remettent l'Europe face à ses responsabilités migratoires.

Commémorations du premier anniversaire de la mort de George Floyd, Los Angeles, 25/05/21
Commémorations du premier anniversaire de la mort de George Floyd, Los Angeles, 25/05/21 Crédits : Frederic J. Brown - AFP

Un an après la mort de George Floyd, la réforme en profondeur de la police américaine se fait toujours attendre.

Vous vous souvenez sûrement de ce slogan indissociable l’an dernier des manifestations qui avaient suivi la mort de Floyd : "Defund the police", littéralement "réduisez les budget de la police", un appel à refonder profondément le rapport de la société américaine à ses forces de l’ordre, en limitant leurs moyens financiers pour mieux repenser leurs missions et leur attitude vis-à-vis des minorités.

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"Defund the police", pour qu’un policier ne puisse plus estimer normal d’écraser le cou d’un homme noir sous son genou pendant neuf minutes alors que celui-ci crie qu’il n’arrive plus à respirer, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus crier du tout. Un an donc après cette mort tragique de George Floyd à Minneapolis, le site d’enquête TruthOut constate que oui, le slogan est toujours scandé dans les rassemblements contre les violences raciales et policières et que le mouvement qui en est né a déjà obtenu des victoires : à l’échelle des Etats-Unis, plus de 840 millions de dollars ont été retirés des budgets des polices locales pour en consacrer 160 millions à des investissements pour améliorer la vie des quartiers et des communautés. Du social et de la prévention plutôt que de la répression policière… c’est ce qu’exige "defund the police", et même si le compte est loin d’y être, reconnaît Asha Ransby-Sporn pour TruthOut, il ne faudrait pas pour autant dire que rien n’a été amorcé en un an.

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Mais en un an, le rapport qu'entretiennent les Afro-Américains à la police a très peu changé, réplique N’Dea Yancey-Bragg pour USA Today. Si des villes comme Minneapolis ont interdit à leur police certaines pratiques d’étranglement ou d’écrasement lors des interpellations, "il ne se passe quasiment pas un jour sans que la presse ne rapporte qu’un noir a été tué ou maltraité sous les coups de policiers".  Seulement 42% des noirs américains disent avoir confiance en leur police contre 77% pour les populations blanches ; le pire, nous dit la journaliste de USA Today, c’est que l'écart entre ces deux chiffres n’a fait que s’aggraver en un an.

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C’est justement de tout cela que la famille de George Floyd est allé discuter ce mardi à la Maison Blanche avec Joe Biden. Les Floyd ont saisi cette invitation, d'après The Washington Post, pour marteler encore et encore cette exigence de réforme en profondeur de la police au niveau fédéral, et pas seulement dans certains commissariats locaux. C‘est tout l’enjeu du "George Floyd Bill", ce projet de loi qui porte le nom de Floyd et qui doit porter cette demande de changement. Et là aussi, le constat est amer : l’amendement n’avance pas au Congrès, ou en tous cas pas aussi vite que l’avait promis Joe Biden quand il s’engageait à ce que le texte de loi soit promulgué pour l’anniversaire de la mort de George Floyd, soit ce mardi.

"La promesse n’a pas été tenue, car la loi est toujours en quête d’un consensus bipartisan", explique Business Insider, qui constate que la belle unanimité démocrate et républicaine, née du choc de la mort de George Floyd, est apparemment un peu émoussée : les élus du Sénat bataillent encore sur les détails du texte pour qu’il puisse recueillir l’assentiment des républicains mais aussi des syndicats de policiers… ce qui n’est pas gagné quand on sait qu’il prévoit d’obliger le port de caméras-piétons, d’interdire les contrôles au faciès mais aussi les perquisitions sans mandats et les prises d’étranglement. 

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La résistance est farouche, chez certains républicains comme le gouverneur Greg Abbot, au Texas, qui a d’après The Hill, a juré, en ce jour anniversaire, de faire passer une loi dans son Etat pour "couper les vivres aux villes qui réduiront le budget de leur police". Pour la chaîne locale de Minneapolis Fox 9, il serait dangereux d’aller vers un affaiblissement des forces de police au moment où, selon les statistiques brandies par la chaîne conservatrice, la violence criminelle n’a fait qu’augmenter tout au long de l’année écoulée.

Une autre image que l’on espérait ne pas revoir revient nous hanter.

C’était il y a cinq ans et demi : le petit corps noyé d’Alan Kurdi, enfant syrien de 5 ans, ramené par les vagues sur une plage de Turquie. C’est la même réalité qui nous frappe à nouveau en lisant la presse italienne depuis ce mardi. La Repubblica, notamment, accepte de regarder en face ces nouvelles photos, postées par un responsable d’ONG engagée dans le secours aux migrants en Méditerranée : trois nouveaux corps d’enfants découverts cette fois sur les rivages de Libye, après cette semaine dernière qui a vu une forte recrudescence des traversées vers l’Europe, et fatalement des naufrages.

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Selon l’Organisation internationale des Migrations citée parLa Repubblica, il s’agirait de victimes de naufrages dont les Européens et leur agence Frontex n’ont même pas eu connaissance, malgré les nombreuses alertes lancées par les garde-côtes tunisiens ces derniers jours. 

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Dans une interview àIl Manifesto, Oscar Camps, l’humanitaire qui a publié les photos, explique qu’il l’a fait pour nous confronter à nouveau à l’horreur de ce qui se passe en Méditerranée, et que nous avons tout fait ces cinq dernières années pour oublier, déshumaniser ou ramener à sa dimension criminelle, clandestine.  "Ces morts sont une conséquence directe des accords que nous, européens, avons passés avec les milices libyennes" pour ne pas avoir à regarder cette réalité en face, accuse le fondateur de l’ONG Open Arms. 

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Et quand on lit comme vendredi dernier dans The Times à Londres que, désormais, ce n’est même plus Frontex mais la Turquie qui se charge de former les gardes-côtes libyens à l’interception des migrants en mer, on se dit que le désengagement européen n’a pas fini de créer des tensions et des drames en Méditerranée.

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