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Le Fort Rouge de Delhi envahi par des agriculteurs en colère, le 26/01/21

La mobilisation des paysans indiens à l'épreuve de la violence

6 min
À retrouver dans l'émission

Les manifestations d'agriculteurs indiens contre les réformes agraires du gouvernement Modi ont dégénéré ce mardi au coeur de la capitale Delhi. Il pourrait y perdre le soutien de la population et sa légitimité non-violente. A Londres des écologistes creusent des tunnels contre une future ligne TGV.

Le Fort Rouge de Delhi envahi par des agriculteurs en colère, le 26/01/21
Le Fort Rouge de Delhi envahi par des agriculteurs en colère, le 26/01/21 Crédits : Sajjad Hussain - AFP

La mobilisation des agriculteurs indiens contre les réformes agraires dure depuis deux mois, mais elle a franchi, ce mardi, un cap dangereux.

Ce 26 janvier, en Inde c’était le Jour de la République, commémoration de la première Constitution indienne adoptée en 1935. Le Premier ministre Narendra Modi, présidait la grande parade traditionnelle de l’armée au cœur de la capitale Delhi, mais à moins de trois kilomètres de là, la chaîne de télévision NDTV a filmé des scènes de "chaos".

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Sur les plus impressionnantes des images commentées par les journalistes d’NDTV, on voit une foule de manifestants déchainés, armés de bâtons, qui font reculer quelques dizaines de policiers forcés de se jeter du haut de murailles de grès rouges, pour battre en retraite. 

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Ces murailles, ce sont celles du vieux Fort Rouge de Delhi, un ancien palais moghol devenu l’un des monuments les plus visités d’Inde et un symbole révéré de l’indépendance du pays. En forçant l’entrée d’un lieu aussi iconique, commente The Economist, les agriculteurs indiens sont ,sans doute, "allés trop loin". Eux qui campaient depuis novembre aux portes de la capitale, et avaient toujours réussi à garder leur mobilisation pacifique, non-violente (et ce n’est pas un vain mot au pays de Gandhi), eux qui "bénéficiaient plutôt de la sympathie de la population", dans leur dénonciation de réformes agraires accusées de libéraliser l’agriculture et de livrer les petits paysans aux appétits des spéculateurs, il y a fort à parier qu’hier ils ont perdu leur soutien populaire, et que leur mouvement restera entaché par cette éruption de violence, venue profaner un lieu national sacré.

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Les mots de The Economist sont forts, mais on les retrouve également dans The Indian Express : on y regrette que les manifestations du Constitution Day, quand elles se sont éloignées de leur parcours autorisé et ont échappé à leurs organisateurs pour dégénérer au Fort Rouge, ont donné au gouvernement Modi les meilleurs des arguments pour discréditer et affaiblir le mouvement dans son ensemble.

D’ailleurs ça n’a pas tardé, autour d‘un détail en particulier relevé pendant l’envahissement du Fort Rouge. On en trouve de nombreuses photos et vidéos sur les sites d’infos indiens : des manifestants ont grimpé sur l’un des mats et y ont hissé un étendard, jaune, à côté du drapeau national tricolore. 

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The Times of India fait œuvre de fact-checking en la matière. Non, il ne s’agit pas comme cela a beaucoup été dit, dans un premier temps, d’un drapeau du mouvement séparatiste sikh Khalistani : il s’agit d’un simple drapeau sikh, comme on en trouve des milliers dans le nord du pays, la région d’où sont originaires la plupart des fermiers mobilisés. 

Mais derrière cet amalgame, il y a l’un des axes de la désinformation officielle qui consiste à faire croire que la mobilisation actuelle est gangrénée par le mouvement communautaire Sikh, avec un agenda politique caché. 

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D’ailleurs, plusieurs journaux relaient les doutes des organisateurs des manifestations, sur les agitateurs qui ont détourné les foules hier et les ont poussé à l’action violente. The Times of Indiaévoque notamment Deep Sidhu, un acteur connu pour quelques rôles de voyous à Bollywood, et qui a pris spontanément hier la tête du cortège lancé sur le Fort Rouge. A bien y regarder, l’homme était réputé proche il y a encore un an et demi du BJP, le parti de Narendra Modi. De là à penser que des éléments favorables au gouvernement ont infiltré et fait dégénérer à dessein la manifestation d’hier, il n’y a qu’un pas.

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Et quoi qu’il en soit, concluent les universitaires Javed Iqbal Wani et David Lal dans The Indian Express, la mobilisation contre les réformes agraires reste "un modèle de résistance populaire" qui a le mérite d’avoir réussi à faire entendre des voix dissidentes et pluralistes, dans une Inde où les oppositions au rouleau compresseur nationaliste du BJP et de Narendra Modi se font de plus en plus rares. 

Des paysans indiens nous passons aux militants écologistes britanniques en guerre contre un projet de ligne TGV, dans le nord de l’Angleterre.

La ligne HS2 pour « High Speed 2 » doit relier à terme la gare londonienne d’Euston à Birmingham, Manchester et Leeds. Ce ne sera pas avant "2028 au plus tôt", nous explique le Daily Mail, mais les travaux sont en train de commencer et ils rencontrent une opposition déterminée d’organisations écologistes qui dénoncent la destruction annoncée par le chantier ferroviaire de "108 forêts anciennes et de 693 sites répertoriés pour héberger de la faune sauvage". 

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Et l’on apprend donc aujourd’hui, dans plusieurs médias, que certains de ces militants écologistes sont allés jusqu’à construire en toute discrétion ces deux derniers mois un tunnel, sous le parc qui se trouve devant la gare d’Euston et donc en plein cœur de Londres, pour empêcher la police de déloger leur campement protestataire, sorte de petite ZAD installée là.

On parle là d’un réseau de galeries sous-terraines, étroites, creusées avec des pelles et des seaux, étayées avec des poutres de bois, et qui s’étendent sur plus de trente mètres, selon cette activiste qui a guidé un journaliste de la BBC pour une visite en vidéo.

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A l’intérieur, les zadistes d’Euston assurent avoir constitué un petit bunker, avec des réserves d’eau et de nourriture pour rester autant que nécessaire. Et la BBC enfin nous explique que ce mode opératoire n’est en fait pas nouveau : un manuel d’activisme non-violent dans les années 1990 décrivait les "protests-tunnels" comme "un moyen dangereux laborieux de défendre sa cause, mais aussi et surtout, comme la tactique désespérée qu’il reste en dernier recours aux gens désespérés dans des temps désespérés". Pas si étonnant donc de la voir revenir à la mode en 2021.

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