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Giuseppe Conte devrait rester Premier ministre

En Italie, fragile optimisme vers un gouvernement centre-gauche/5 Etoiles

6 min
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A 24 heures de l'ultimatum fixé par le président Mattarella, le mouvement anti-système 5 Etoiles et le parti démocrate semblent avoir surmonté leurs rivalités pour constituer un gouvernement de coalition contre l'extrême-droite. A Athènes, la police "nettoie" le quartier anarchiste d'Exarchia.

Giuseppe Conte devrait rester Premier ministre
Giuseppe Conte devrait rester Premier ministre Crédits : Filippo MONTEFORTE - AFP

L'Italie aura (peut-être) un nouveau gouvernement dans les prochaines 24 heures.

On aborde les derniers rounds de négociations entre le mouvement "anti-système" 5 Etoiles et le Parti démocrate, de centre-gauche,  l'équivalent, pour faire court, du Parti socialiste en France. Cette alliance peut sembler incongrue, quand on sait à quel point les démocrates incarnent, pour bonne partie, ce "système" rejettés par les 5 Etoiles. Mais il ne faut pas oublier le contexte de cette coalition,  rappelé par Il Manifesto : il s'agit de former un gouvernement qui barre la route à l'extrême-droite italienne de Matteo Salvini, ancien allié des 5 Etoiles qui, lui, fait tout pour provoquer des élections anticipées qu'il pense gagner à coup sûr.  

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Alors "par pitié", écrit l'éditorialiste du journal communiste Norma Rangeri, "mettez-vous enfin d'accord pour gouverner ensemble, ne gâchez pas tout" à coup de batailles d'égo, d'ambitions rivales, de coups de pressions et de réunions nocturnes à couteaux tirés. Car c'est un peu à celà, il faut bien le dire, que ce sont résumés les pourparlers ces derniers jours. On serait tentés de dire, avec Il Messagero, que c'est le lot commun de toute négociation de coalition : chaque parti veut le plus grand nombre de ministres, les porte-feuilles les mieux dotés, le dernier mot sur les dossiers les plus importants... 

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Mais depuis une semaine, on est quand même allé très loin dans la dramaturgie en Italie, avant finalement de voir, ce matin, cette même photo en Une de la presse transalpine : tous autour de la même table, dirigeants démocrates et 5 Etoiles nous offrent des sourires à peine forcés, une image qui dit malgré elle, "nous travaillons ensemble, nous allons le trouver, ce gouvernement, mais qu'est-ce que ça nous coûte...".  

Et celui à qui ça devrait coûter cher, c'est le leader des 5 Etoiles Luigi Di Maio. "Tous les regards sont tournés vers lui", lit-on sur le Huffington Post Italie : Di Maio était vice-premier ministre du précédent gouvernement, avec Matteo Salvini ; il espère garder cette fonction, mais le Parti démocrate n'en veut pas, il s'agit de montrer une rupture plus franche avec l'expérience désastreuse de l'alliance avec l'extrême-droite. Luigi Di Maio semble bien sur le point d'être sacrifié par son mouvement pour conserver le pouvoir. Une disgrâce qui tranche avec la consécration de Giusseppe Conte, premier ministre sortant, 5 Etoiles lui aussi, et dont le maintien à la tête du gouvernement semble désormais acquis, alors que les démocrates étaient très réticents au départ.  

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Mais attention, tout n'est pas encore réglé en matière d'attribution des postes, sans même parler du programme commun : c'est Il Fatto Quotidiano qui tempère un brin l'optimisme ambiant. Dans la journée qui vient, des blocages peuvent encore apparaître. Et même une fois le gouvernement présenté et validé par le président Mattarella, le 5 Etoiles devrait le soumettre à l'approbation de ses militants sur sa plateforme participative en ligne nommée "Rousseau". C'est l'essence-même du mouvement anti-système, cette consultation de la base sur les grandes décisions... et là aussi ça pourrait bien bloquer, tant l'alliance avec le Parti démocrate est loin de faire l'unanimité en interne.

Rien d'étonnant, commente donc La Repubblica,  à ce que Luigi Di Maïo ait confirmé ce vote en ligne hier : une manière de reprendre le contrôle et d'ajouter encore un peu plus de pression sur ses partenaires du centre-gauche, au moment où se négocient les grands points du futur programme de gouvernement.

En Grèce le quartier athénien d'Exarchia a été le théatre lundi d'une impressionnante descente de police.  

D'autant plus frappante qu'Exarchia, c'est un nom emblématique, presque même un cri de ralliement pour toute la gauche radicale et tous les anarchistes d'Europe. Un bastion de contre-culture anti-capitaliste et d'autogestion... autant dire une verrue à éliminer de toute urgence pour le nouveau gouvernement de droite dirigé par Kyriakos Mytsotakis.

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 C'est donc un impressionnant dispositif policier qui a encerclé, lundi avant l'aube, ces quelques rues couvertes de graffitis, et les occupants de 4 squats ont été expulsés.  Parmi eux, affirme E Kathimerini, il y avait 134 migrants, dont 35 mineurs, pour la plupart demandeurs d'asile. Ils avaient été accueillis là par les mouvements anarchistes, parce que ces derniers, comme l'expliquait The New York Times dans un reportage publié en 2017, "remplissaient à Exarchia ce devoir d'accueil et d'entraide que l'Etat grec, affaibli par des années d'austérité, n'assumait plus". 

Alors bien sûr on lira, dans le journal Protagon les arguments des autorités qui justifient leur intervention par l'insalubrité des squats, l'insécurité qui régnait dans le quartier, la saleté, la criminalité, le trafic de drogues qui, nous dit-on, y avait atteint des niveaux vraiment préoccupants. 

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Toujours est-il, comme le dit un responsable du parti de gauche Syriza dans les colonnes de To Pontiki, "la police et ses donneurs d'ordres affirment vouloir lutter contre le crime, mais au final ceux qu'elle déloge, ce sont des familles, des enfants, et pas n'importe lesquels, des migrants, les plus vulnérables". D'ailleurs, aucune drogue n'a été saisie dans les qquats par les policiers, selon les rapports de police cités par la presse.  

Et voilà donc qui permet à Syriza de dénoncer "une opération de communication politique hollywoodienne, dans laquelle la droite s'est ridiculisée elle-même". Mais le symbole contestataire et solidaire que représente Exarchia devait apparemment être mis au pas. Le Premier ministre Mytsotakis lui-même avait promis à ses électeurs de "nettoyer" le quartier... et cette même réthorique a choqué, hier encore, quand elle a été reprise, sur le plateau de la chaine de télé Skaï, par un syndicaliste policier de premier plan :  

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Stavros Balaskas, c'est son nom, compare l'opération de police à Exarchia à l'équivalent d'un "aspirateur éléctrique silencieux de nouvelle génération qui s'est mis en marche" :  la police, dit-il, "va graduellement absorber toutes les ordures" du quartier anarchiste.  La présentatrice lui demande ensuite si ce sont les migrants hebergés dans les squats et expulsés lundi, qu'il compare à des ordures... mais le policier précise : les migrants ne sont "qu'une poussière génante, les vraies ordures ce sont les criminels anarchistes et les gens d'extrême-gauche que l'on trouve dans les squats d'Exarchia". 

Voilà qui en dit assez long sur l'état d'esprit des autorités grecques, qui se défendent tout de même dans Protagon en expliquant que l'ordre judiciaire d'évacuer les 4 squats avait été donné dès 2016, mais que la gauche, Syriza au pouvoir jusqu'à ce printemps, n'a jamais pris ses responsabilités pour le faire exécuter.

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