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Agitu Gudeta, bergère éthiopienne dans le Trentin italien, tuée le 29/12/20

Dans les Alpes italiennes, mort d'un symbole de l'intégration des réfugiés

5 min
À retrouver dans l'émission

Agitu Gudeta, 42 ans, avait émigré d'Ethiopie vers l'Italie en 2010 et s'y était fait connaître en devenant une éleveuse de chèvres couronnée de succès et de popularité. Elle a été tuée, chez elle, ce mardi. En Australie des backpapackers britanniques menacés d'expulsion après une fête interdite.

Agitu Gudeta, bergère éthiopienne dans le Trentin italien, tuée le 29/12/20
Agitu Gudeta, bergère éthiopienne dans le Trentin italien, tuée le 29/12/20 Crédits : @lastampa (capture d'écran)

Ce matin il est question d’une très belle histoire qui finit très mal, dans les Alpes Italiennes.

C’est ça, et la fin de l’histoire est d’autant plus cruelle et choquante pour l’opinion publique italienne qu’elle est inattendue, et tant l’histoire qui la précède était belle.

Je parle là, avec le journal local La Voce del Trentino, de la mort d’une femme de 42 ans, Agitu Idea Gudeta que les Italiens avaient appris à connaître à force de reportages télévisés où cette réfugiée éthiopienne, arrivée en Italie il y a dix ans, était présentée comme "le symbole parfait d’une intégration réussie".

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Une véritable success story que celle de cette femme seule, trentenaire, noire, forcée de fuir Addis-Abeba en 2010 pour avoir osé s’opposer à l’accaparation des terres agricoles éthiopiennes par des multinationales… Agitu Gudeta était à l'époque menacée par les autorités même de son pays, et avait trouvé refuge en Italie. Là, avec ce que La Repubblica décrit comme un mental "de pionnière", la jeune femme avait réussi en quelques années, dans cette région montagneuse, isolée et rude du Trentin, à s’intégrer à force de travail et d’énergie, se faisant éleveuse de 180 chèvres sur des terres délaissées par les agriculteurs locaux et cheffe d’une entreprise prospère de fromages bio baptisée "La Capra Felice", la chèvre heureuse.

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C’est simple : d’après l’autre quotidien local Il Dolomiti, Agitu Gudeta était devenue "la bergère la plus célèbre des vallées du Trentin". Selon cette fois Il Giornale, journal national de droite, elle était fière d’être devenue, dans les conversations entre habitants du Trentin, celle que l’on qualifiait amicalement de "reine des chèvres". Ses fromages étaient recherchés, pour leur qualité et pour le sourire communicatif qu’arborait toujours leur productrice sur les marchés. 

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Toujours d’après Il Giornale, ces dernières années elle semblait avoir trouvé son coin de tranquillité, dans son village de montagne. "Il me semblait que plus personne ne remarquait que j’avais la peau noire, et moi aussi je l’oubliais", disait-elle à ses amis en 2018.

C’est à ce moment-là que les ennuis ont recommencé : des insultes racistes, des menaces, une agression même de la part d’un voisin contre lequel elle avait porté plainte et qui avait été condamné en janvier à 9 mois sous liberté conditionnelle. Agitu Gudeta expliquait elle-même dans les reportages tournés à l’époque qu’elle comprenait qu’on puisse lui en vouloir, de son succès, de sa médiatisation, de l’intérêt qu’on portait à son histoire et à sa personne dans cette région par ailleurs délaissée et déshéritée…

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Et puis donc il y a la fin de l’histoire, rapportée par La Voce del Trentino : ce mardi une amie qui avait rendez-vous avec la bergère ne l’a pas vue arriver, elle est allée chez elle pour voir si tout allait bien et elle l’a trouvée morte, dans sa chambre, le crâne fracassé, apparemment à coup de marteau. 

La police, pour le moment semble exclure le voisin raciste de la liste des suspects, mais elle a longuement interrogé un jeune homme, africain lui aussi, qui travaillait avec Agitu depuis quelques temps. L’enquête ne fait donc que commencer, impossible de privilégier un mobile plutôt qu’un autre pour celui ou ceux qui l’ont assassinée. Mais la violence de cette mort et l’incompréhension qui l’accompagnent, bouleversent ce matin quasiment toute la presse italienne.

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MISE A JOUR : Selon la Voce del Trentino, le collaborateur ghanéen d'Agitu Gudeta serait passé aux aveux, reconnaissant avoir tué son employeuse à qui il reprochait de ne pas lui avoir versé son dernier salaire.

Nous changeons complètement de registre et de continent avec l’Australie qui n’en finit pas de s’indigner contre les fêtards de Bronte Beach.

L’affaire date de jeudi dernier, la veillée de Noël, et ces centaines de jeunes en short et bonnets rouges qui se sont rassemblés pour faire la fête ensemble en plein air sur cette plage au sud-est de Sydney d’où la police les a finalement délogés, embarquant une centaine de personnes en garde-à-vue.

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Dès le lendemain dans ce reportage de la chaîne 9News, il y a toute l’indignation provoquée par cette fête qui, nous dit la présentatrice, pourrait "revenir hanter Sydney tant elle présente toutes les caractéristiques du super-cluster de Covid-19". On y entend aussi la manière dont sont décrits les fêtards : de "jeunes inconscients égoïstes", et surtout des "backpackers", ces étudiants ou jeunes travailleurs étrangers qui partent pendant un an, le sac de rando sur le dos, pour parcourir l’Australie et y faire des petits boulots avant de rentrer au pays commencer ou reprendre leur études. 

Tout de suite donc, poursuit la BBC, il y a eu cette certitude dans les médias et dans les esprits australiens que les fautifs étaient des étrangers, et d’après les récits des  voisins dérangés par la fête, les accents entendus sur place laissaient peu de doute sur le fait qu’il s’agissait pour la plupart de Britanniques ou d’Irlandais.

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En ces temps où le Royaume-Uni fait figure d’épouvantail covidique avec son virus mutant et ses contaminations qui augmentent en flèche, il n’en fallait pas plus pour accentuer encore la colère des Australiens : le Daily Mail à Londres s’inquiète donc désormais du sort qui va être réservé aux backpackers anglais de Sydney, menacés très officiellement par le ministre australien de l’Immigration de se voir retirer leur visa, d’être donc expulsés, si l’un d’entre eux commettait le moindre écart aux règles de distanciation d’ici au Jour de l’An dont les célébrations seront particulièrement limitées et surveillées cette année en Australie.

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