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Helicoptère de combat américain évacué par avion de la base US de Bagram en Afghanistan, 29/06/21

Allemands et Américains précipitent leur retrait d'un Afghanistan au bord du gouffre

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À retrouver dans l'émission

L'armée allemande achève le retrait de ses derniers soldats engagés depuis 20 ans en Afghanistan, précédant les Américains de quelques jours ; un départ précipité par le basculement rapide du pays vers la guerre civile. Mais que cache la perte de poids subite du dictateur nord-coréen Kim Jong-un ?

Helicoptère de combat américain évacué par avion de la base US de Bagram en Afghanistan, 29/06/21
Helicoptère de combat américain évacué par avion de la base US de Bagram en Afghanistan, 29/06/21 Crédits : Corey Vandiver - AFP

La presse allemande salue ce matin la fin de vingt ans d'engagement de la Bundeswehr en Afghanistan. 

Et ne vous y méprenez pas : sur le sujet, la Frankfurter Allgemeine Zeitung ne titre pas "mission accomplie" mais bien "mission terminée". Les 250 derniers soldats allemands ont quitté dans la nuit le camp militaire de Marmal, dans le nord de l'Afghanistan, rien de moins que la plus importante base de la Bundeswehr dans un pays étranger, inaugurée au début de l'année 2002, avec le début de l'opération "Liberté immuable" des Etats-Unis soutenue par l'OTAN, dans l'immédiat après-11 septembre 2001. 

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Après près de 20 années donc à tenir tant bien que mal le nord de l'Afghanistan, avec 150 000 soldats engagés en tout, précise Der Spiegel, c'est un chapitre majeur de l'histoire des opérations extérieures de l'armée allemande qui prend fin sur un bilan humains de 59 morts. "L'Afghanistan a durablement redessiné la Bundeswehr", écrit Matthias Gebauer du Spiegel… Et tout ça pour se retirer de manière franchement précipitée, il faut bien le dire : la dégradation très rapide de la situation sécuritaire dans la région de Mazar-e-Charif faisait craindre une attaque de talibans sur le camp de Marmal ; des renforts avaient été envoyés pour accélérer l'évacuation du camp qui a donc pris fin la nuit dernière.

Car si les Allemands sont arrivés en Afghanistan pour y soutenir les Etats-Unis, ils en repartent de la même manière avec les Américains. Et ce retrait, annoncé à la mi-avril par Joe Biden, s'il devait en principe se terminer (date symbolique) le 11 septembre prochain, dans la réalité il devrait plutôt prendre fin… ces tous prochains jours. Plus précisément d'après CNN le 4 juillet, autre date lourde de sens puisque c'est celle de la fête nationale américaine.  

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Pour la chaîne d'info, c'est là une "fin étonnamment rapide", pour le processus délicat engagé par le président américain il y a seulement deux mois et demi. Un retrait là encore bousculé par le très rapide basculement de l'Afghanistan dans ce qui ressemble de plus en plus à un début de guerre civile entre les talibans, en phase de reconquête du pouvoir, et l'Etat afghan défendu tant bien que mal par son armée, mais qui aura bien du mal à se sauvegarder sans son protecteur américain. 

Entre 650 et 1000 soldats US devraient rester sur le sol afghan selon CNN, mais ils ne seront là que pour protéger l'ambassade des Etats-Unis et son personnel.  Les Afghans, eux, sont déjà face à ce que le Wall Street Journal qualifie de "marche sur Kaboul" lancée par les talibans. Pas un jour sans une nouvelle conquête : selon Al Jazeera, ils ont pris le contrôle ce mardi d'un point de passage stratégique sur la frontière avec le Tadjikistan.

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La chaîne de télévision afghane ToloNews tempère un peu cette impression d'une vague qui s'apprête à submerger tout le pays, en expliquant que les combats font certes rage, mais que l'armée a réussi à reprendre trois districts aux mains des talibans ces derniers jours alors que ces derniers en conquéraient deux. Quoi qu'il en soit, "l'avancée des talibans est tellement rapide et fait face à si peu de résistance, que les combattants islamiques eux-mêmes en sont les premiers surpris" d'après un reportage de NBC News qui note toutefois que les Talibans ne font là qu'appliquer l'accord conclu à Doha l'an dernier : les Américains s'y engageaient à retirer leurs troupes, et les talibans, à ne pas les attaquer directement. 

Les talibans ces dernières semaines ont regagné du terrain mais ils sont restés à distance des villes, pour éviter toute confrontation inutile. C'est quand les Américains et leurs alliés auront vraiment quitté le pays, dans quelques jours donc, que la vraie guerre civile pourrait s'embraser en Afghanistan.  

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Des questions sur la santé du dictateur nord-coréen Kim Jong-un

Et plus précisément sur sa silhouette, puisque c'est à peu près tout ce qu'on arrive à en voir sur les photos officielles qui nous arrivent de Pyongyang. Kim Jong-un n'était pas apparu publiquement depuis quatre semaines, et les derniers clichés le montrant ont déclenché une vague d'inquiétude chez les bons citoyens nord-coréens… en tous cas, d'après ce qu'en dit la télévision d'Etat : vendredi dernier, raconte USA Today, elle diffusait l'interview d'un quidam, dans la rue, déclarant, je cite, que "le coeur de tous les nord-coréens souffre, depuis que l'on a pu voir le "visage émacié" du jeune chef d'Etat" et l'homme de la rue d'expliquer que "face à une telle vision, les larmes montent spontanément aux yeux de tout citoyen" digne de ce nom.  

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Alors, comment vous dire : Kim Jong-un a toujours eu un visage poupin, de bonnes joues et un confortable double menton. Et en voyant les montages photos avant-après publiées par les journaux asiatiques, vous serez rassurés de voir qu'on est quand même loin du rachitisme et que la définition de l'adjectif "émacié" ne doit pas être la même à Paris et Pyongyang : certes, constateThe New York Times, le leader nord-coréen semble avoir perdu du double-menton et des joues, peut-être 10 à 20 kilos sur les 140 estimés d'après les seules photos officielles à la disposition de tout observateur étranger… Mais notre homme reste toujours, disons, bien en chair, en tous cas par rapport au reste de la population de son pays, frappée de plein fouet par les difficultés économiques liées à la pandémie.  

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Et sur la raison mystérieuse de cet amaigrissement express, après avoir mis en scène l'inquiétude légitime de la population, les médias de propagande ont rapidement retourné le sujet pour en faire un exemple de la force de caractère de Kim Jong-un, qui a réussi à perdre ce poids par la seule force de sa volonté et d'un régime resté lui aussi mystérieux. 

L'édito du jour de l'Indian Express, à New Delhi, y voit une manœuvre particulièrement fine de propagande, visant à détourner l'attention de la crise actuelle en Corée du Nord, par la mise en scène de cette disparition temporaire pour mieux réapparaître transformé physiquement. De la pure prestidigitation… et ça marche, vue l'ampleur qu'a pris le sujet dans toute la presse internationale. Et pas étonnant que ce soit un quotidien indien qui note ce stratagème : Narendra Modi avait fait exactement la même chose avec un non pas un régime mais un changement de style très remarqué, entre gourou et gentil grand-père à longue barbe, l'an dernier, quand le Covid-19 commençait à faire sentir ses effets en Inde.

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À présent, le monde d’après. Avec Stéphane Audoin-Rouzeau
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