LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Manifestants apprenant la démission de Saad Hariri dans les rues de Beyrouth

Liban : Saad Hariri, une démission pour mieux amadouer la rue ?

6 min
À retrouver dans l'émission

La démision mardi du Premier ministre Saad Hariri expose une profonde crise au Liban où la révolte populaire et les slogans dégagistes s'expriment depuis 2 semaines. Réchauffement climatique et montée des océans ; 300 millions de Terriens menacés dans les 30 années à venir.

Manifestants apprenant la démission de Saad Hariri dans les rues de Beyrouth
Manifestants apprenant la démission de Saad Hariri dans les rues de Beyrouth Crédits : WAEL HAMZEH - Maxppp

A la Une de l'actualité internationale ce matin il y a la démission du Premier ministre libanais Saad Hariri après 13 jours de révolte populaire. 

"Ouvrir une brèche pour sortir de l'impasse" : formule choisie par Jeanine Jalkh, dans l'Orient-Le Jour, pour expliquer la stratégie de Saad Hariri au moment d'annoncer sa démission sans en avoir parlé à personne, ou en tous cas pas au président chrétien Michel Aoun. 

En créant volontairement "ce choc", analyse la journaliste libanaise, Hariri a voulu mettre ses partenaires de gouvernement, conspués par la rue depuis deux semaines, "au pied du mur". Eux, à commencer par le Hezbollah, refusaient de plier ; des partisans du parti chiite pro-iranien s'étaient même attaqué au campement installé dans le centre de Beyrouth par les manifestants ce mardi, et c'est cette menace de violences entre civils qui semble avoir décidé le chef du gouvernement à céder. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Mais Hariri n'a pas pour autant l'intention d'être un fusible, ou un martyr, nous dit aussi Jeanine Jalkh. "S'il renverse la table, c'est pour mieux négocier son retour" : son entourage laisse déjà entendre qu'il pourrait se voir confier la formation d'un nouveau gouvernement composé, selon la formule désormais classique à travers le monde, d'experts, de technocrates, en tous cas de personnalités neutres. 

Faut-il y voir une "manière de se refaire, sans trop de casse, une virginité auprès des foules en colère", comme le fait Issa Goraïeb dans son édito toujours pour l'Orient-Le Jour ? Saad Hariri, selon lui, fait le pari qu'en prenant l'initiative de démissionner alors que les autres courants politiques s'accrochent au pouvoir, il va "reconstituer une part de son capital de popularité, en particulier au sein d'une communauté sunnite qui ne se privait pas de montrer, ces derniers temps, des signes de lassitude et même d'irritation". 

Mieux encore (et c'est ce qui permet à Issa Goraïeb de parler d'"une pierre, trois coups"), Hariri espère qu'en surfant sur les discours dégagistes de la rue... (discours qu'il semble étonnament ne pas s'appliquer à lui-même), il pourra reprendre seul le pouvoir sans devoir repasser par cet "aberrant ménage à trois" auquel il est contraint depuis 2016 avec le parti chrétien du président Aoun et avec le Hezbollah.   

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

On le comprend, Saad Hariri est loin de se retirer du jeu politique libanais, mais sa démission ne suffit pas pour le moment à apaiser les slogans dégagistes des manifestants.  "Ils doivent tous partir ! ", voilà le slogan qui résume les attentes de la rue et qui a été copieusement scandé hier soir encore par la rue. Une rue libanaise qui ne semble pas dupe de la manoeuvre dont on vient de parler de la part d'un Saad Hariri (c'est en tous cas ainsi que le juge Rayane El-Amine dans The Middle East Eye), qui reste tout de même l'une des incarnations les plus pures de cette classe dominante "sectaire" produite par des décennies de système consensuel de répartition du pouvoir entre communautés religieuses au Liban. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Et c'est bien ce système que les contestataires d'octobre veulent abattre. Dans un pays où le souvenir de la guerre civile reste très vif, ce qui peut sortir de cette révolution-là peut raisonnablement nous inquiéter ; les défis seront nombreux, à commencer par celui qui va consister à éviter un retour des tensions inter-religieuses... mais Rayan El-Amine veut croire que depuis deux semaines, "la révolte a fait naître au Liban une nouvelle culture politique", pacifique, décentralisée, hors des partis politiques constitués. Un mouvement qui vient de la base, avec tout ce que ça peut avoir de désordonné, mais qui semble "mûr pour dépasser le vieux modèle confessionnel", pour bâtir à la place, un système centré sur "la recherche de la  justice sociale et le rejet du néolibéralisme" qui selon cette opinion du Middle East Eye a fait le lit de la corruption généralisée.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Un parti-pris optimiste, donc pour la suite des évènements au Liban. Pour contrebalancer, on citera le commentaire signé Svi Bar'el pour le quotidien israélien Haaretz. Après avoir fait le constat du blocage politique actuel dû justement au système de répartition confessionnelle du pouvoir et à ses coalition inconciliables, Bar'el, en vieux connaisseur de la politique au Proche-Orient, fait ce même pronostic de la formation d'un gouvernement de technocrates dirigé, possiblement, par Saad Hariri, le temps d'organiser des élections. "Le genre de compromis, reconnait l'Israélien, qui ne satisfait personne mais permet à l'Etat de survivre... jusqu'à la prochaine crise"

En 2050, Greta Thunberg aura 47 ans ... et 300 millions de Terriens auront les pieds dans l'eau.  

Et moi sans attendre aussi longtemps je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans la série de cartes publiées la nuit dernière par le New York Times. On dit souvent que les prophéties alarmantes de nos scientifiques sur les conséquences du réchauffement climatique ne sont pas assez incarnées, précises. Eh bien là vous ne pourrez pas dire que l'on ne vous a pas montré : on parle donc d'une nouvelle étude publiée dans la revue Nature, par des chercheurs américains qui mettent à jour, avec l'aide de l'intelligence artificielle, les prévisions sur la montée des océans, conséquence de la fonte des glaciers et des calottes polaires.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Et les nouveaux calculs sont sans appel... les cartes comparatives du New York Times l'illustrent parfaitement : plus de la moitié du territoire d'Ho-Chi-Minh Ville, au Vietnam, devrait être sous les eaux, en 2050, soit dans 30 ans. C'est encore pire pour Bangkok en Thaïlande, pays où l'on estime désormais que 10% de la population actuelle vit dans des régions menacées par la montée des eaux (dans l'ancienne projection on en comptaabilisait dix fois moins).  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Vous pouvez aussi dire adieu au centre-ville de Shanghai, et à une grande partie de Mumbaï, en Inde où The Indian Express affirme que 36 millions d'habitants vont être chassés de chez eux dans les trente ans à venir. Et c'est surtout ça qui est alarmant, les conséquences démographiques, les déplacements de population qui s'annoncent, les risques de conflits autour de la possession de terres raréfiées... Attention enfin à ne pas croire que ça va se limiter à l'Asie : Alexandrie en Egypte et Basra en Iran sont aussi parmi les cités côtières cartographiées par le  New York Times.  Des cartes, donc, et des chiffres, qu'il faut rappeler : 300 millions de Terriens sont menacés d'ici 2050, et plus du double, 630 millions, à horizon 2100.

Chroniques
7H40
43 min
L'Invité(e) des Matins
Colère des peuples, faiblesse des États ?
L'équipe
Journaliste
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......