LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
PRemier débat télévisé TRump/Biden à Hollywood, USA le 29/09/20

"Laid, rugueux, vicieux" : le premier débat présidentiel US laisse la presse perplexe

5 min
À retrouver dans l'émission

Les commentateurs politiques américains ne mâchent pas leurs mots après 90 minutes d'un premier débat Trump/Biden qui a viré à la cacophonie et à l'invective. En Tunisie, le président Saïed relance le débat sur la peine de mort.

PRemier débat télévisé TRump/Biden à Hollywood, USA le 29/09/20
PRemier débat télévisé TRump/Biden à Hollywood, USA le 29/09/20 Crédits : Mario Tama - AFP

En ouvrant les éditions numériques des journaux américains ce matin j'ai vraiment eu l'impression de me retrouver plongé dans une cour d'école.

Pas très original, comme comparaison, mais franchement : au terme de 90 minutes du pemier débat télévisé entre les deux aspirants à la Maison Blanche, voilà ce que le vénérable New York Times en retient comme grand titre de Une :  "Joe Biden a traité Donald Trump de clown". Mais attention, ce n'est pas lui qui a commencé : le vilain garçon agressif qui a passé la soirée à "parler par-dessus son camarade, à l'interrompre, à l'intimider et le harceler de ses prises de paroles qui ne respectaient pas les règles établies", c'est bien lui, Donald Trump, la terreur de bacs à sable et des bureaux de vote. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

C'est lui, selon le Los Angeles Times qui a donné à ce débat son caractère foncièrement chaotique, rugueux, laid, acide, dominé par les attaques personnelles. Bref, un "spectacle scabreux" qui, c'est bien le pire, risque fort de ne rien changer au rapport de force entre les deux prétendants : Trump, confirme le quotidien californien, a été égal à l'image que l'on connaît trop bien de lui (d'ailleurs pour Philip Bump du Washington Post "sa stratégie consistait apparemment à tweeter à voix haute pendant 90 minutes"), il a sans doute réjoui et conforté la base électorale des ses inconditionnels, mais il ne l'a sans doute pas élargie.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Voilà qui fait dire à certains que "le grand gagnant de ce débat, c'est le biais de confirmation" : la formule est de Hugh Hewitt, présentateur radio et commentateur politique bien connu aux Etats-Unis, qui évoque donc ce phénomène bien connu des réseaux sociaux qui fait que l'on a souvent tendance à se contenter, quitte à s'y enfermer, des opinions qui confortent les nôtres.  

Du coup "les indécis, dont on sait qu'ils vont être décisifs dans cette présidentielle du 3 novembre, ne devraient pas l'être beaucoup moins (indécis)" après avoir subi ce premier débat foncièrement « laid » selon Trip Gabriel du New York Times.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le journaliste politique remarque tout de même (on revient à notre "clown" du début), que contrairement à toutes les attentes, c'est bien Joe Biden qui a le plus fait usage d'insultes et de gros mots dans ce débat.  

Le démocrate, que Trump a surnommé "Sleepy Joe", "Joe l'endormi", a su hausser le ton sans toutefois sortir de ses gonds, même quand il a suggéré posément à Donald Trump de "la fermer", ou quand il l'a traité de "menteur, pire président de l'histoire, raciste et xénophobe" ou encore de "caniche de Vladimir Poutine".  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Se montrer offensif sans être agressif et donc donner l'impression de perdre ses moyens : Joe Biden savait qu'il était attendu dans ce registre pour faire oublier "Sleepy Joe"... Mais en fait selon le Los Angeles Times, sa principale victoire (même s'il a "souvent bafouillé et n'a quasiment pas fini une seule phrase du débat"), c'est d'avoir réussi à éviter un de ces moments de relâchement où la question de son âge et de ses capacités intellectuelles voire physiques aurait été posée.

Cette maigre satisfaction pour le camp démocrate est tout de même loin de racheter le débat que le site Politico décrit comme une "catastrophe ferroviaire", une collision qui a trop vite fini "hors des rails".  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Il y avait "du vice" dans ce triste spectacle, déplore la chaîne CNBC, quand pour Dana Bash de CNN il n'y a pas d'autres mots, c'était un "débat de merde". La preuve : tous les articles publiés depuis la fin du débat s'attardent, vous l'avez compris, sur sa forme calamiteuse, et bien bien peu s'intéressent à ce qui s'est dit sur les sujets de fond. Les enjeux de cette présidentielle, Covid, couverture santé, racisme et violences policières, politique étrangère ou emploi, tout ça a été parasité par les invectives permanentes, et ça inspire cette conclusion au politologue Frank Luntz interrogé par Bloomberg : "le grand perdant de ce premier débat, on le connaît : c'est l'électeur américain".

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Dans la presse tunisienne cette fois, le président en personne relance le débat sur la peine de mort.

Une peine de mort, qui il faut le préciser figure toujours au sommet de l'arsenal pénal tunisien, mais qui n'est plus appliquée depuis près de 30 ans avec ce moratoire imposé du temps de Ben Ali en 1991.

Et là donc, depuis lundi, le sujet revient au centre des discussions, depuis donc comme nous l'explique l'hebdomadaire Réalités, que Kaïs Saïed, président élu il y a un an, s'est dit favorable à ce qu'on exécute à nouveau des condamnés en Tunisie.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Il l'a dit, dans un contexte bien particulier, précise l'hebdomadaire : il réagissait, comme des millions de Tunisiens depuis 10 jours, à l'émotion suscitée par un sordide fait-divers, ce corps d'une jeune femme, Rahma, qui a été retrouvé, torturé, violé, égorgé, et abandonné dans un fossé dans la banlieue de Tunis.  

Son assassin présumé est un récidiviste, "il mérite la peine de mort", a donc clamé lundi Kaïs Saïed du haut de sa stature de président et de vieux juriste respecté mais dont on connaît aussi les positions très conservatrices teintées de religion.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Il faut dire, avec le magazine l'Economiste Maghrébin, qu'après le choc de la mort de Rahma, d'aucuns dans les médias, sur les réseaux sociaux et au comptoir des cafés, y ont vu la preuve que la société tunisienne est de plus en plus violente, en proie à une "dérive criminelle" généralisée.

"La colère populaire gronde", résume l'Economiste, avec des appels à la pendaison, qui se multipliaient depuis plusieurs jours.  

Mais, que le sujet passe des discussions Facebook ou de bistrot à une telle prise de parole présidentielle, c'est cela qui est choquant, pour le leader d'opposition Mohsen Marzouk, cité par Réalités. Il accuse le chef de l'Etat de s'abaisser au commentaire de fait-divers et à l'étalage d'opinions personnelles indigne d'un président.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

"Il n'y a plus de président à Carthage, le poste est vacant", tranche l'opposant Marzouk. Mais pour Chedly Mamoghli du site d'info Kapitalis, c'est encore pire que ça : "Kaïs Saïed c'est Robespierre à Carthage", un président en pleine "dérive populiste qui sape les fondements mêmes de l'état de droit tunisien et balise le terrain à une dictature au nom du peuple".  

Voilà qui n'a pas franchement le mérite de la nuance mais au moins celui de confirmer l'analyse de Frida Dahmani dans Jeune Afrique : pour le président tunisien et sa "politique aussi intrigante que clivante", un an après la présidentielle "l'état de grâce" semble bel et bien terminé.  

Chroniques
7H40
41 min
L'Invité(e) des Matins
Qui détient le monopole de la violence ? Avec David Dufresne et Alain Bauer
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......