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Lors d'une conférence vidéo avec Vladimir Poutine, le Premier Ministre russe Mikhail Mishustin a indiqué être contaminé par le Covid-19

Covid-19 : Moscou touché à la tête par la pandémie

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Alors que son Premier ministre Mikhaïl Michoustine, contaminé par le Covid-19 est forcé de passer la main, le Président russe semble étrangement absent. Son homologue américain entend, lui, faire porter la responsabilité de la pandémie sur l'ennemi du moment : la Chine.

Lors d'une conférence vidéo avec Vladimir Poutine, le Premier Ministre russe Mikhail Mishustin a indiqué être contaminé par le Covid-19
Lors d'une conférence vidéo avec Vladimir Poutine, le Premier Ministre russe Mikhail Mishustin a indiqué être contaminé par le Covid-19 Crédits : Xinhua News Agency/Newscom/MaxPPP - Maxppp

En Russie, la tête du gouvernement a été, à son tour, touchée par la pandémie : le Premier ministre Mikhaïl Michoustine est apparu hier soir à la télévision dans un entretien vidéo avec le président Poutine ; entretien dans lequel il  informait le chef du Kremlin qu'il venait d'apprendre avoir été testé "positif" au Covid 19 et qu'il entendait dorénavant se retirer des affaires gouvernementales et se mettre en quarantaine. L'agence TASS précise : "Poutine a immédiatement signé un décret présidentiel nommant le vice premier ministre Andrei Bolousov comme chef du gouvernement" et ce a priori jusqu'à ce que Mishustin se remette... mais ce n'est pas sûr, remarque pour sa part Meduza. Citant des sources internes au gouvernement, le site d'opposition indique que ce décret présidentiel n'avait rien d'obligatoire, que Poutine s'en était régulièrement passé lorsqu'il avait fallu remplacer le précédent chef du gouvernement pour les vacances ou parce qu'il était malade... et que Mikhaïl Michoustine n'était en fait plus vraiment à sa place en tant que chef du gouvernement...
La période est, de toutes manières, cruciale pour le régime de Vladimir Poutine dont "la légitimité va être testée comme jamais", remarque pour sa part Michael Carpenter le directeur du Penn Center for Diplomacy dans les colonnes du Washington Post. Il est vrai que le référendum qui devait avaliser les modifications constitutionnelles permettant à Poutine de rester au Pouvoir jusqu'en 2036 a du être reporté, pour cause d'épidémie ; il est vrai également que le grandiose défilé militaire du 9 mai pour le 75e anniversaire de la victoire contre l'Allemagne nazie, a pareillement été annulé, et pour les mêmes raisons !
Vladimir Poutine, qui n'est jamais plus a son aise que lorsqu'il endosse les habits du chef de guerre ou du tacticien semble là étrangement absent, face à une adversité qu'il ne maîtrise pas remarque le correspondant moscovite du New York Times. Le président russe s'est complètement retranché et a laissé la gestion de la pandémie en Russie aux gouverneurs. Résultat, note le journal "M. Poutine ressemble moins à un cadre volontaire qu'à un monarque qui s'ennuie, cloîtré dans son palais, regardant sa montre durant les conférences télévisées avec ses subalternes, alors que sa côte de popularité est en baisse".

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Certes, elle baisse mais elle reste très confortable, surtout si on la compare avec celles des autres leaders mondiaux.  63% des Russes disaient encore faire confiance à Vladimir Poutine en mars alors qu'ils étaient 69% en février selon l'institut de sondage Levada. Mais tout dépend peut-être de la manière dont on pose la question. Le Moscow Times fait état d'un autre sondage d'opinion, par l'institut VTsIOM, fait en mars également et dans lequel seuls 28% des Russes citent spontanément le président Poutine quand on leur demande de citer un homme politique en qui ils ont confiance. Cette proportion, souligne le journal  est la plus faible jamais enregistrée par VTsIOM depuis que l'institut pose la question aux Russes, c'est-à-dire depuis 2006. Quant à la lutte contre la pandémie, ces mêmes Russes jugent qu'elle est plus efficace quand elle est menée par les gouverneurs et les élus locaux plutôt que par le Président et le gouvernement, remarque encore The Moscow Times, sondage à l'appui.

Aux Etats-Unis, le chef de l'Exécutif se retrouve une fois de plus en bisbilles avec ses services de renseignement. Alors que le directeur du renseignement, qui supervise toute les agences de renseignement américaines, venait de se fendre d'un rare communiqué dans lequel il disait "être d'accord avec le consensus scientifique général selon lequel l'origine du Covid 19 était bien naturelle et non artificielle", le président américain Donald Trump a lui déclaré... exactement le contraire ! Lorsqu'un reporter lui a demandé s'il avait pu voir quoi que ce soit qui lui fasse penser que l'origine du virus était a rechercher du côté de l'institut de Virologie de Wuhan, le président a répondu "Oui en effet, en effet", sans autre précisions, rapporte la BBC  ;  "il a semblé suggérer ensuite, poursuit le site web de la chaîne britannique, que les Chinois ont pu faire une erreur de manipulation... ou même que le virus a été fabriqué en laboratoire à dessein, comme une arme".

Cette théorie, comme quoi, le Covid-19  a été fabriqué dans un laboratoire chinois semble avoir les faveurs de l'administration Trump. Celle-ci a en tout cas demandé aux agences de renseignement, CIA en tête, de pousser les feux de l'enquête autour du laboratoire de virologie de Wuhan, rapporte le New York Times, au point que quelques analystes de l'agence de renseignement s'inquiètent de ce que de telles pressions "pourraient produire comme évaluation tronquée ou distordue qui servirait surtout a alimenter la bataille contre la Chine".

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Le site de la chaîne NBC révèle par ailleurs que l'administration Trump a récemment missionné les agences de renseignements américaines pour enquêter sur d'éventuels manquements ou rétention d'information de la Chine ou de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS ) quant à la pandémie. L'OMS, dont les Etats-Unis viennent de claquer la porte, est en effet considérée par l'administration Trump comme le simple porte-voix des intérêts de Pékin.

Bien sûr, de l'autre côté du Pacifique, cette campagne de dénigrement est particulièrement mal reçue. Et les médias chinois ne sont pas tendres avec l'administration Trump. Il s'agit en fait d'une véritable guerre de propagande... Car si l'administration Trump tente de faire croire à une origine artificielle et chinoise du virus, les Chinois ont eux aussi largement tenté de propager la rumeur comme quoi le Covid-19 serait une fabrication... américaine, née dans un laboratoire militaire américain. Sans plus d'élément de preuve, d'ailleurs, que n'en ont produit les Américains pour incriminer le laboratoire de virologie de Wuhan.

Le rédacteur en chef du Global Times de Pékin recommande à Trump d'endosser le costume de Batman plutôt que d'attiser la haine contre la Chine
Le rédacteur en chef du Global Times de Pékin recommande à Trump d'endosser le costume de Batman plutôt que d'attiser la haine contre la Chine

Le Quotidien du Peuple de Pékin revient en particulier sur les attaques américaines contre l'OMS. Celles ci ne sont rien d'autre, écrit le quotidien qu'"un leurre lancé par l'administration américaine pour détourner les regards de son colossal manque de leadership" dans la lutte contre la pandémie.
Quant au Global Times, l'édition en langue anglaise du Quotidien, son rédacteur en chef Hu Xijin recommande à Donald Trump de "revêtir les habits de Batman pour sauver son peuple" plutôt que de passer son temps à attiser la haine contre la Chine. Autant dire "qu'il aille se rhabiller" ! La joute oratoire sino-américaine ne vole pas toujours très haut.

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