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36e vendredi consécutif de manifestation à Alger le 25 octobre 2019.

D'une révolution l'autre, les Algériens descendent de nouveau dans la rue en ce vendredi 1er novembre

5 min
À retrouver dans l'émission

65 ans jour pour jour après le déclenchement de la "révolution algérienne" contre l'occupation française, les Algériens se mobilisent pour une autre indépendance et contre la confiscation du pouvoir.

36e vendredi consécutif de manifestation à Alger le 25 octobre 2019.
36e vendredi consécutif de manifestation à Alger le 25 octobre 2019. Crédits : Ryad Kramdi - AFP

Le 1er novembre 1954, le Front de Libération Nationale entamait la lutte armée pour l'indépendance, contre le colonisateur français. Jour férié en Algérie, le 1er novembre a été décrété Fête de la révolution. Et cette année, la "fête" tombe un vendredi. Jour depuis plusieurs mois de mobilisations ininterrompues contre un pouvoir politico-militaire jugé illégitime et liberticide. Autant dire que le mouvement de contestation a "rendez-vous avec l'histoire", comme le titre le quotidien Liberté. "S’il faut sans doute se garder des prédictions hâtives, écrit le journal, le 37e vendredi, coïncidant avec l’anniversaire du déclenchement de la Révolution, sera probablement le jour de mobilisation le plus important depuis le début du mouvement populaire en février dernier. À voir les multiples appels relayés sur les réseaux sociaux, la mobilisation observée vendredi dernier, conjugués à la symbolique du 1er Novembre, l’on s’attend à ce que des millions d’Algériens descendent dans les rues dans toutes les wilayas du pays pour réitérer leur rejet de l’élection et réclamer un changement radical de régime."   

La presse algérienne relaie les très nombreux messages et vidéos postés sur les réseaux sociaux.  

Beaucoup ont déjà rejoint Alger, histoire d’éviter les barrages, comme des jeunes, venus Tizi Ouzou à pied. "Des appels pour offrir le gîte à Alger ont été lancés, des bus réquisitionnés dans tout le pays pour gagner la capitale, ajoute Liberté qui estime que ce vendredi s’annonce comme un tournant majeur de la “révolution” acte II. Le Soir d'Algérie abonde : "

Des millions d’Algériens entendent se réapproprier une date qui fut un virage décisif dans l’histoire récente du pays 

(...) la rue dispute sa célébration aux officiels”. 

La mobilisation a d'ailleurs débuté dès hier soir sur la place de la Grande Poste à Alger, précise El Watan, photos à l'appui et plusieurs manifestants ont été arrêtés par les services de sécurité. Le journal rapporte les slogans hostiles au pouvoir qui ont de nouveau retenti ces dernières heures  « Cette année, il n’y aura pas d’élection », « el istiklal (indépendance)», ou encore  « Etat civil, non militaire». 

L'armée en accusation

"Le centre de la capitale vibre, à l’heure où nous mettons en ligne écrit El Watan, sous les cris de « Ils ont vendu le pays ».   "Ils"... ce sont les militaires  Dans un Regard qui se demande si le Hirak (le soulèvement) doit paralyser totalement l’Algérie pour vaincre, Le Matin dénonce notamment "le pouvoir exorbitant qu’a l’armée en Algérie parce qu’elle contrôle quasiment tous les leviers de commande de l’Etat.  "Il va de soi, peut-on lire, que pour les plus avertis de la réalité algérienne, la deuxième révolution allait être inéluctablement confrontée au noyau dur du pouvoir réel qui contrôle depuis 1958 tous les centres de décisions. En plus d’un systématique élargissement de ses compétences, on peut dire que l'armée à la main sur les hydrocarbures, principale ressources du pays."   

Ce que Dilem, le fameux caricaturiste, résume dans un raccourci frappant. 

Deux vignettes. Sur la 1ère On voit de dos un militaire taguer un mur. "Un seul héros, le Pe..." commence-t-il, allusion au slogan de la révolution "Un seul héros, le Peuple". Sur le second dessin, slogan achevé, satisfait, notre gradé s'éloigne en sifflotant. Derrière lui s'étale le tag "Un seul héros, le pétrole".  Faisant lui aussi le lien entre hier et aujourd'hui, le site TSA Tout sur l'Algérie, relaie le message aux manifestants de Lakhdar Bouregâa, 86 ans, l'un des héros du mouvement indépendantiste et de l'armée de libération nationale, emprisonné depuis juin dernier pour son soutien au mouvement actuel. "

Chaque génération choisit son parcours, dit-il par l'intermédiaire de ses avocats. La génération de la Révolution a choisi de libérer la terre et les jeunes du Hirak ont choisi de libérer la patrie

. A l'adresse des magistrats eux aussi en grève, il ajoute : quand vous vous libérerez de la peur, vous serez en mesure de libérer les autres"   

Le nouvel horizon des Britanniques

Ce 1er novembre 2019 devait être le premier jour du reste de leur vie hors de l'union européenne... Mais les Britanniques sont toujours là et la presse est tout entière occupée par leur nouvel horizon : le 12 décembre et les élections législatives. Jeremy Corbyn, le dirigeant travailliste, vient de lancer sa campagne. Il veut parler de tout sauf du Brexit, rapporte le Financial Times. Le système de santé britannique mis en péril, les droits des travailleurs... voilà le focus de la campagne côté Labour. Mais Le Guardian, proche des travaillistes met en garde. "Bien sûr tout est sur la table lors d'élections législatives, Corbyn va se battre contre l'austérité, le SNP pour l'indépendance de l'Ecosse, en Irlande du Nord, comme toujours on parlera d'union. Rien de tout cela n'est secondaire, mais cette élection, poursuit en substance le journal, déterminera avant tout notre avenir en Europe ou en dehors." Un autre rendez-vous avec l'histoire donc.

Un mot des relations tumultueuses entre certains dirigeants et la presse.  Trump, qui a résilié les abonnements de la Maison Blanche avec le New York Times et le Washington Post jugés trop critiques, fait des émules. Son admirateur, le Brésilien Bolsonaro lui emboîte le pas. Plus question de donner un sou au quotidien Folha, l'un des plus grands du pays. "Qui veut lire la Folha n'a qu'à passer à la gare et l'acheter, a-t-il lancé. Et ceux qui achètent une pub dans la Folha qu'ils fassent attention". Il menace nos annonceurs, s'alarme le quotidien qui dénonce une attitude ouvertement discriminatoire et promet de continuer ses enquêtes.

Marie-Pierre Vérot

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