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Manifestants irakiens à Bagdad

Une soudaine contestation sociale surprend l'Irak

6 min
À retrouver dans l'émission

Depuis mardi des manifestations spontanées contre la corruption et la fatalité de la misère secouent le pouvoir irakien qui a fait tirer sur la foule, tuant une trentaine de personnes. Une précieuse couronne éthiopienne du XVIIIème siècle refait surface aux Pays-Bas 40 ans après sa disparition.

Manifestants irakiens à Bagdad
Manifestants irakiens à Bagdad Crédits : AHMAD AL-RUBAYE - AFP

Cela fait trois jours déjà qu'un mouvement de contestation sociale s'est emparé des principales villes d'Irak.  

Trois jours, trois nuits de manifestations qui réunissent des milliers de jeunes irakiens pour exiger le départ des élites jugées corrompues, et dénoncer l'absence d'emploi, de perspectives économiques pour la jeunesse. 

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Trois jours, trois nuits dont deux à défier le couvre-feu imposé par le premier ministre Adel Abdul-Mahdi, et déjà plus de 30 morts dont certains abattus à balles réelles. Ce qui frappe dans ce soulèvement que personne n'a vu venir, tel que le décrit Al Jazeera, c'est qu'il "n'est relié à aucun parti politique ni à aucune allégence religieuse" même s'il est clairement parti des quartiers chiites de la capitale et des grandes villes du pays.  Pour le correspondant à Baghdad de la chaîne qatarienne, le chef du gouvernement irakien, en fonction depuis à peine un an, se retrouve là "face à la première contestation claire de son pouvoir", et elle est de nature sociale, éconnomique avant toute autre chose : une explosion de colère brute, sans discernement, de la part de jeunes citoyens qui lui reprochent de ne pas leur donner de travail, de ne rien faire pour leur offrir une vie digne échappant à la fatalité de la misère alors qu'ils vivent, comme nous le rappelle la chaîne panarabe Al Hurra, dans le 5e pays au monde le plus riche en pétrole.

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Pas de leaders, dans ce mouvement, mais un objectif clair : la chute du gouvernement Abdoul-Mahdi accusé, et c'est significatif, tout aussi bien d'avoir été mis en place par les Américains que de manger dans la main des Iraniens. Après donc trois jours au cours desquels il a laissé la police et l'armée tirer à balles réelles sur la foule (faisant on le rappelle au moins 31 morts et un millier de blessés), Adel Abdul-Mahdi s'est adressé à la population hier soir. Mais il n'a pas dit ce que les manifestants attendaient, selon le quotidien irakien Az Zaman : il a promis "des salaires pour chaque famille sans revenu", il a dit que la colère était "légitime", mais il a condamné le recours à la violence, promettant  de faire preuve de "plus de pédagogie" dans ses réformes anti-corruption et précisant tout de mêmeque son gouvernement n'a "pas de baguette magique pour régler d'un coup tous les problèmes".

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Voilà une réponse qui ne semble pas de nature à apaiser les manifestants... mais sait-on d'où est partie cette soudaine contestation ?  Il faut d'abord se souvenir que l'Irak depuis un an a déjà vu, en novembre et en janvier dernier, des éruptions de colère sociale un peu similaires : on en avait parlé ici même , notamment parce que les manifestants irakiens avaient eu l'idée de d'enfiler des Gilets Jaunes. Depuis ce mardi, si  les vêtements réfléchissants ne sont plus de sortie, on retrouve les mêmes mots d'ordres dans le mouvement :  lutte contre la corruption, contre le chômage et la misère, contre les ingérences étrangères en Irak. 

Le site Middle East Eye remarque que les manifestations sont particulièrement vives dans les régions les plus touchées par les bombardements de la dernière guerre contre Daech ; les promesses de reconstruction n'ont pas été tenues,  et ça crée beaucoup de défiance, de frustration dans la population. 

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Et puis il y a la figure tutélaire qui se dégage, tout de même, de ce mouvement, et c'est The National, autre portail d'info sur le monde arabe, qui nous la présente : il s'agit du très populaire général Abdel-Wahab Al-Saadi, président du service de lutte antiterroriste, réputé incorruptible, héros de la guerre de contre Daech, libérateur de Mossoul et de sa région...  Le service arabophone de la BBC nous apprend qu'une statue d'Al-Saadi devait être inaugurée sous peu à Mossoul, mais qu'elle a été soudainement retirée de son piédestale en pleine nuit le week-end dernier alors qu'on apprenait la mutation du général vers un autre service. 

Cette apparente disgrâce, sans aucune explication de la part du pouvoir politique, a mis le feu aux poudres chez ses supporters qui se recrutent aussi bien dans les rangs des chiites, comme lui, que des sunnites irakiens.  On tient sans doute là l'étincelle, du mouvement de contestation, mais personne ne sait si 'lincendie va continuer à se propager et comment l'éteindre.  

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Pour ne rien arranger, Al Arabiya  évoque cet immense pélerinage chiite d'Arbaeen qui vient de débuter, et qui va voir 20 millions de pélerins converger à pieds vers la ville sainte de Kerbala en plein centre de l'Irak. Le gouvernement irakien par soucis de sécurité a fait fermer le principal point de passage de la frontière avec l'Iran.

Une oeuvre d'art ethiopienne volée et retrouvée aux Pays-Bas devrait bientôt rentrer au pays !  

Voilà une histoire qui est partie pour bien finir, une fois n'est pas coutume :  elle nous est racontée par le quotidien néerlandais De Volkskrant. C'est celle d'une couronne de cérémonie religieuse, en métal ouvragé qui date à priori du XVIIIème siècle et qui représente "ce qui se fait de plus précieux en matière d'art éthiopien sur le marché mondial".  

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Cette couronne vient de refaire surface après avoir été cachée pendant plus de 20 ans chez un fonctionnaire néerlandais. Il s'appelle Sirak Asfaw, il est d'origine ethiopienne réfugié aux Pays-Bas où il a obtenu l'asile politique il y a  41 ans. Et Sirak raconte aujourd'hui qu'il a découvert l'oeuvre d'art volée, un jour par hasard, dans le bagage qu'avait déposé chez lui un compatriote herbegé chez lui pour quelques temps. Notre homme s'est tout de suite douté qu'il s'agissait d'une oeuvre de grande valeur, qu'elle avait été volée, et que son hôte s'apprêtait sans doute à la revendre au marché noir. Il a donc décidé de la subtiliser à son tour, pour éviter qu'elle ne disparaisse dans une collection privée.  

La suite du récit, on la trouve dans les pages de l'Algemeen Dagblad. Une fois la couronne mise à l'abri, Sirak s'est retrouvé face à un dilemme qui illustre à lui seul l'épineuse question de la restitution des oeuvres d'art africaines spoliées : d'un côté, s'il décidait de la confier à un musée néerlandais, il n'était pas du tout sûr qu'elle serait un jour rétrocédée à l'Ethiopie ; de l'autre, s'il la remettait lui-même aux autorités éthiopiennes, il n'avait aucune garantie qu'elle ne serait pas à nouveau volée et revendue. 

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Voilà pourquoi la pièce d'art est restée cachée à tous les regards, chez Sirak, pendant 21 ans. E ce n'est que cette année, avec le changement de pouvoir politique à Addis Abeba, l'arrivée du premier ministre Abiy Ahmed avec tout ce qu'il incarne en matière d'ouverture, de démocratisation et de lutte contre la corruption, que Sirak Asfaw a estimé qu'il pouvait enfin faire confiance à son pays d'origine. Il a donc sorti la précieuse couronne de sa cachette pour entamer les démarches de restitution. 

La question désormais semble de savoir si la couronne lithurgique retournera dans la cathédrale du nord de l'Ethiopie où elle a été volée, ou bien si elle sera exposée à la vue du plus grand nombre dans un musée national d'Addis Abeba.

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