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Donald Trump au cimetière militaire d'Arlignton en décembre 2018

Donald Trump épinglé pour son mépris des anciens combattants

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Une enquête de The Atlantic évoque l'aversion du président américain pour les blessés et morts au combat, et le cite traitant les soldats enterrés dans les cimetières militaires de "perdants" et de "nuls". Une universitaire reconnaît avoir menti sur son identité en se prétendant afro-américaine.

Donald Trump au cimetière militaire d'Arlignton en décembre 2018
Donald Trump au cimetière militaire d'Arlignton en décembre 2018 Crédits : Roberto Schmidt - AFP

Nous lisons ce matin la presse américaine, secouée par une enquête à charge contre Donald Trump.  

Il faut dire qu'à deux mois quasi jour pour jour de la présidentielle, les dossiers embarrassants commencent à sortir : le camp démocrate cherche à ternir l'image du président sortant, et comme les torrents de contre-vérités et d'incitations à la haine (voire à la violence) que ce dernier profère sur une base quotidienne ne semblent pas altérer sa popularité auprès de ses fans (voire même l'inverse), le mensuel The Atlantic tente une autre approche en évoquant un aspect de Donald Trump qui devrait ébranler spécifiquement l'électorat républicain.

C'est donc une enquête de Jeffrey Goldberg, le rédacteur en chef du magazine,  sur le fait que le président et commandeur en chef des armées américaines a une aversion pour les anciens combattants, en particulier les blessés de guerre et les cimetières militaires. Tout ça, ce ne sont que des "losers", des perdants, et des "suckers", des nuls, des imbéciles. Et cette aversion, ce mépris présidentiel, va très loin, selon le journaliste de The Atlantic, qui raconte, après avoir recoupé plusieurs témoignages, une anecdote survenue il y a deux ans à Paris. 

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Vous vous en souvenez peut-être : Donald Trump était en France pour commémorer le centenaire de la fin de la Grande Guerre, et il avait annulé au dernier moment une visite au cimetière américain de Chateau-Thierry dans l'Aisne, officiellement à cause de la pluie qui empêchait l'hélicoptère présidentiel de voler.  C'était un faux prétexte, nous apprend aujourd'hui Jeffrey Goldberg : Trump a annulé à la dernière minute parce que, première raison, il ne supportait pas l'idée d'être décoiffé par la pluie, et deuxième raison parce qu'il ne voyait pas l'intérêt de rendre hommage aux soldats tombés en 14-18, avec cette phrase prononcée par le président : "les cimetières sont remplis de perdants".  

On rappelera que 1800 soldats américains sont morts au printemps 1918 dans la bataille du Bois-Beleau près de Chateau-Thierry. Dans son article, Jeffrey Glodberg précise que c'est cette bataille qui a permis aux Alliés de stopper l'avancée des troupes allemandes vers Paris. Depuis, le corps des Marines américains voue un culte au cimetière militaire... mais pas Donald Trump, donc, qui estimait en 2018 que s'ils n'avaient pas réussi à survivre à la bataille, alors les soldats enterrés là étaient bel et bien des "suckers", des "ratés". 

Et le président de se demander, selon des sources de première main citées par l'enquête, "qui étaient vraiment les gentils et les méchants dans cette guerre ?", avouant à ses conseillers q'uil n'avait jamais compris pourquoi les Etats-Unis s'étaient engagés au côté des Alliés en avril 1917. 

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Alors, vous me direz que ça ne dénote pas vraiment avec la conception minimaliste de la solidarité internationale et du multilatéralisme qu'a démontrée Trump ces 4 dernières années... mais tout de même, tout ça devrait faire grincer des dents dans les rangs des vétérans venant de la part d'un homme, dixit The Washington Post, qui a échappé cinq fois à la conscription militaire du temps de la guerre du Vietnam pour d'obscures raisons médicales et qui a fièrement expliqué un jour que "son Vietnam à [lui], ça avait été d'échapper aux maladies sexuellement transmissibles pendant [sa] jeunesse". 

Est-ce que pour autant ça va faire du tort au candidat Trump en vue de sa réélection ? Rien n'est moins sûr, estime le quotidien de la capitale qui cite les derniers tweets du président dans lesquels il tresse des colliers de louanges aux anciens combattants qualifiés de HEROS (en majuscule) et tente de balayer toute l'enquête de The Atlantic comme une nouvelle "fake news de ces médias démocrates dégoûtants qui mentent sur [son] compte parce qu'ils sont jaloux de [sa] réussite". 

On se souviendra enfin qu'en 2015 Donald Trump s'en était pris au sénateur républicain John Mc Cain en lui niant le titre de héros de la guerre du Vietnam parce qu'il y avait été fait prisonnier par l'ennemi. "Je n'aime pas les gens qui se font capturer", avait-t-il déclaré alors, et malgré la popularité de McCain chez les républicains, ça n'avait pas empêché Trump d'être élu quelques mois plus tard.  

Nous restons aux Etats-Unis avec une histoire qui agite les milieux universitaires et anti-racistes. 

C'est l'histoire d'une gigantesque et très gênante mystification : ce jeudi une professeur de la prestigieuse université George Washington, dans la capitale fédérale, a publié sur le site Medium une longue confession qui n'en finit pas de faire réagir. Cette spécialiste reconnue de l'histoire des Afro-Américains y reconnaît avoir menti sur son identité pendant près de 20 ans, pendant toute sa carrière universitaire : elle a toujours prétendu être noire, de descendance et de culture, alors qu'elle est une fille de famille juive blanche de classe moyenne du Midwest. 

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Pourtant Jessica A. Krug, puisque c'est son nom, a à différents moments de sa vie affirmé être tantôt une descendante d'anciens esclaves africains, tantôt une fille d'immigrés du Maghreb ou encore une gamine du Bronx née dans une famille afro-caroibéenne. Sur cette dernière identité, The New York Post republie une vidéo d'archive, tournée dans une manifestation anti-raciste, où Jessica Krug apparaît sous pseudonyme.  

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La jeune femme s'y fait passer, avec un accent très prononcé, pour une habitante du Bronx qui dénonce le racisme de la police, la gentrification des quartiers populaires par les "New-yorkais blancs" et salue tous ses "semblables à la peau noire ou marron" qui s'élèvent contre ces injustices. Ca va donc loin dans le dédoublement  de personnalité.

Bref, une "vie ancrée dans le poison violent du mensonge", écrit-elle aujourd'hui, dans son autocritique très dure où elle affirme je cite que ce qu'elle a fait, c'est "un concentré de violence, de manipulaton et d'approrpriation culturelle, toutes ces multiples manières dont les personnes non-noires usent et abusent des identités et des cultures noires".  

Vous l'aurez compris, ce n'est pas un hasard si cette confession intervient en plein débat aux Etats-Unis sur le racisme systémique et le mouvement Black Lives Matter, Jessica Krug va jusqu'à demander à ses lecteurs de "l'annuler", référence à la cancel culture dont on parle beaucoup en ce moment. Cette affaire sème en tous cas un profond malaise dans le milieu universitaire américain où les politiques de discrimination positive, dont la professeure Krug a bénéficé indûment tout au long de sa carrière, sont régulièrement questionnées.  Et la presse conservatrice pro-Trump s'en est aussi emparée pour dénoncer la soi-disant supercherie généralisée du mouvement anti-raciste qui selon elle se caricature lui-même.

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