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Face a la repression grandissante du mouvement, une manifestante se scotche la bouche pour protester contre le manque de liberte d'expression - Alger, le 19 juillet 2019

Le "hirak" algérien remobilise ce vendredi pour conquérir la "deuxième indépendance"

5 min
À retrouver dans l'émission

Le mouvement citoyen né il y a quatre mois en Algérie devrait connaître en ce jour de fête de l'Indépendance une mobilisation massive et décisive. En Russie, 4 jours après l'incendie qui a fait 14 morts dans un sous-marin nucléaire, la presse se débat avec un pouvoir qui s'accroche au secret d'Etat.

Face a la repression grandissante du mouvement, une manifestante se scotche la bouche pour protester contre le manque de liberte d'expression - Alger, le 19 juillet 2019
Face a la repression grandissante du mouvement, une manifestante se scotche la bouche pour protester contre le manque de liberte d'expression - Alger, le 19 juillet 2019 Crédits : SABRI BENALYCHERIF / HANS LUCAS - AFP

L'actualité nous emmène à nouveau ce matin en Algérie pour le 20ème acte du soulèvement citoyen.  

Aujourd'hui ne devrait pas être un vrendredi de manifestation de plus, à en croire la presse algérienne :"Le week-end qui commence sera décisif", annonce d'emblée Tout sur l'Algérie.

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Décisif pour le sort du système politique du pouvoir en place entre mainmise de l'armée et persistance de l'ancien régime FLN ; décisif pour le "hirak", ce mouvement populaire qui a fait tomber le président Bouteflika mais ne compte pas s'arrêter là ; enfin, décisif pour les partis de l'opposition établie qui se réunissent demain et semblent à la croisée des chemins.

Et puis bien sûr, nous explique El Watan, ce 20e vendredi de protestation coïncide avec la fête de l'Indépendance, l'anniversaire de ce 5 juillet 1962 où fut créé l'Etat indépendant d'Algérie. Les slogans d'aujourd'hui, d'ailleurs, parlent de marcher, ensemble, partis, syndicats, associations, vers la "deuxième indépendance", celle qui affranchira le peuple algérien du joug de l'Armée et de l'ancien régime.  

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Dans son dessin d'hier pour Liberté-Algérie, l'incontournable Dilem ne disait pas autre chose, quand il représentait un manifestant, drapeau algérien à la main, avec ce titre : "la guerre de libération s'est arrêtée le 5 juillet 1962...  pour reprendre le 22 février 2019", il y a quatre mois, quand le peuple s'est soulevé à nouveau pour en quelque sorte parachever son indépendance.  

Si ce vendredi s'annonce crucial, c'est aussi parce que les évènements se sont un peu bousculés ces derniers jours en Algérie, avec pour dernier rebondissement, raconté par l'édition algérienne du Huffington Post, le discours mercredi du président par intérim Abdelkader Bensalah : il a proposé aux Algériens un dialogue national pour poser les bases de l'après-Bouteflika en garantissant pour la premièr fois que ni l'armée ni l'ancien pouvoir n'y prendront part. Là aussi le maître-mot c'est "l'indépendance" du processus de transition, qui serait laissé entre les seules mains de la société civile, des partis et de personnalités elles aussi présentées comme "indépendantes".  

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En apparence, il semble bien y avoir une volonté d'ouverture de la part s'un pouvoir décrit comme "moribond, aux abois" par le HuffPost,  . Mais le site d'info Maghreb Emergent, lui, en retient surtout que "ni le président ni le premier ministre n'annoncent leur prochaine démission, et donc que ce pouvoir esquive à nouveau les véritables revendications du peuple'". El Watan y voit surtout le risque d'une "douce récupération" du hirak un peu comme cela a été le cas en Tunisie après la révolution de 2011. 

Dès lors, est-ce que cette main tendue du dialogue national indépendant va être saisie par le peuple et ses leaders? C'est loin d'être sûr. En fait pour Tout sur l'Algérie, "ça dépendra des slogans qui seront criés par la foule ce vendredi" : ils donneront le ton des Assises des Forces du Changement, organisées demain par une partie de l'opposition algérienne.

Nous partons à présent en Russie où la presse se débat dans les eaux troubles du secret militaire. 

Ca fait déjà quatre jours qu'un sous-marin russe a été victime d'une avarie en Mer de Barents, aux confins nord-ouest du pays.

Selon la version officielle rappelée par le site Lenta.Ru, un incendie s'est déclaré à bord, dans le compartiment des batteries, 14 sous-mariniers ont été tués en faisant le nécessaire pour que le reste du submersible ne soit pas endommagé, ce sont des héros nationaux dont le sens du sacrifice a été loué par le Kremlin et honoré hier soir dans la cathédrale navale Nikolsy de Kronsdtat... 

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Une fois que l'on a dit celà, note tout de même la Novaya Gazeta, une fois qu'on a réussi à arracher à la grande muette l'identité des 14 victimee, il reste une infinité de questions que les médias russes (en tous cas ceux qui ne s'en tiennent pas aux communiqués du Kremlin) ont bataillé toute la semaine pour faire émerger. 

D'abord le modèle du sous-marin, présenté au départ comme un appareil à propulsion diesel ; il a fallu trois jours pour qu'hier le ministre de la défense reconnaisse qu'il était en fait équipé d'un moteur nucléaire. Sergey Shoigu en a d'ailleurs profité pour démentir les rumeurs :  il n'y aurait eu aucune irradiation, le réacteur ayant été préservé en état de marche justement grâce au sacrifice des 14 sous-mariniers décédés.

Ce que le Kremlin a aussi mis plusieur jours à reconnaître, c'est que le modèle de sous-marin en question est le plus secret de la flotte russe.

Il confirme ainsi les informations dévoilées dès mardi par Kommersant: il s'agit d'un Losharik AS-31, petit submersible capable de naviguer en très grande profondeur, et de se tapir sur le fond marin, officiellement pour y mener des missions d'obervations scientifiques mais plus assurément, selon le Pentagone, pour y mener des opérations de réparations, de sabotage ou même de piratage des cables sous-marins par lesquels transite tout l'internet à travers les océans du globe.  En l'occurence, observe Novaya Gazeta, le mystère reste total autour de la mission qu'effectuait le Losharik AS-31 au moment de l'incendie... et "il y a bien peu de chances que ce secret d'Etat-là soit dévoilé".  

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Tout ce que la place de Moscou compte comme journalistes d'investigation se passionne enfin, avec le journal en ligne Meduza, pour un dernier point : pourquoi donc est-ce que, parmi les 14 victimes, trouve-t'on un tel nombre de hauts gradés ? "11 capitaines dont sept de premier rang et 2 porteurs de la médaille des Héros de la Nation Russe", c'est un équipage inhabituellement surqualifié, et celà alimente  alimente bon nombre de spéculations sur la nature réelle de la mission du Losharik. Car il faut bien le dire : personne ne croit vraiment à la thèse officielle des relevés topographiques sur le fonds de la mer de Barents, vu que celle-ci est le terrain de jeu préféré de la marine russe et qu'elle en connaît déjà les moindres replis...

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