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Centre de traitement d'Ebola en RDC

La RDC compte les jours avant de déclarer sa victoire sur Ebola

6 min
À retrouver dans l'émission

La République Démocratique du Congo ne compte plus aucun malade déclaré d'Ebola, mais la fin de l'épidémie qui a fait 2 264 morts ne sera pas officielle avant le 12 avril. Aux Etats-Unis, Donald Trump et ses "intuitions" brouillent les messages de santé publique sur le coronavirus.

Centre de traitement d'Ebola en RDC
Centre de traitement d'Ebola en RDC Crédits : HUGH KINSELLA CUNNINGHAM - Maxppp

C'est vendredi et nous revenons sur l'une des bonnes nouvelles de la semaine : elle concerne la République Démocratique du Congo. 

Trop occupés que nous étions à suivre la propagation du Covid-19 à travers le monde, nous sommes passés à côté de cette autre nouvelle sur le front de la lutte contre les épidémies mondiales : il n'y a plus de cas déclaré de fièvre hémorragique Ebola en RDC. La dernière patiente traitée pour ce virus est sortie de l'hôpital mardi, et ça a été largement fêté dans la ville de Béni, au Nord-Kivu qui a été la région la plus touchée :

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Ambiance de fête dans les rues de Béni, avec des infirmières et médecins en blouse de travail qui dansent et escortent comme un triomphe cette dernière patiente, Massika Mawazou Semida, que ses médecins ont donc déclaré selon le site d'info WestAfrikaNews "complètement guérie".  

Tous les centres spéciaux de traitement d'Ebola à travers le pays sont donc vides, la RDC ne compte plus aucun malade, elle qui on le rappelle a déploré ces dernières années "3 444 cas de contamination et 2 264 morts, soit un taux de léthalité de 66%". Pour autant WestAfrikaNews se garde bien d'enlever le point d'interrogation qui termine le titre de son article sur "la victoire contre l'Ebola ?".

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Cette victoire reste donc posée comme une question... et en particulier une question de temps. Car si Radio Okapi se félicite qu'au-delà du cas de Massika Mawazou Semida, "aucun nouveau cas n'a été détectée à Béni deuis deux semaines" , ça ne suffit pas encore. C'est ce que nous explique dans une interview hier au magazine Jeune Afrique, le professeur Jean-Jacques Muyembe, docteur en épidémiologie qui a dirigé la riposte contre Ebola en RDC. Le temps qu'il faut avant de crier victoire, c'est précisément 42 jours après la guérison du dernier cas connu : "si tout se passe bien , nous pourrons donc déclarer la fin de l'épidémie le 12 avril".

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D'ici là, "place à l'optimisme et à la vigilance", insiste L'Actualité de Kinshasa. Pas question de relâcher les "efforts inlassables" de prévention, de détection, de prise en charge qui ont été déployés par les Congolais depuis août 2018 pour tenter de vaincre cette l'épidémie qui restera comme "la deuxième la plus meurtrière au monde, après celle qui avait frappé l'Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016". 

Ne pas enterrer trop vite Ebola, aussi parce qu'il reste encore 300 000 personnes à vacciner en RDC, la deuxième dose indispensable du traitement mis en place avec l'OMS. Si l'on dit que le virus est vaincu, il y a un risque fort que ces personnes-là n'aillent pas se faire vacciner et alors il y aura une brêche dans le protocole de traitement.  

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Voilà pourquoi les autorités politiques et sanitaires du pays se retiennent pour le moment de vendre la peau du virus, car quand il s'agit de faire passer des messages de santé publique , il vaut toujours mieux faire simple, prudent, et être sûr des informations que l'on livre à des populations forcément inquiètes...

Crédits : Visactu

... C'est justement l'inverse de ce que fait Donald Trump aux Etats-Unis à propos du Coronavirus. 

A tel point que pour The Washington Post, "le principal obstacle à ce que l'administration présidentielle qui empêche la Maison blanche de faire passer un message clair est responsable sur ce coronavirus... c'est Donald Trump lui-même". 

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Depuis le début de l'épidémie mondiale, les experts en santé publique américains s'arrachent les cheveux car ils voient leurs messages à eux, clairs et scientifiquement étayés, être constamment noyés sous "les approximations, l'optimisme et la pseudo-science" que brasse abondamment le président dans ses prises de parole publiques. 

Un exemple : mercredi soir, dans une interview téléphonique à Fox News, Donald Trump a contredit le taux de mortalité de 3,4% du Covid-19, un chiffre établi par l'OMS : 

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Où Donald Trump nous dit que selon lui le chiffre de l'OMS "est faux", qu'il en a en tous cas "l'intuition" parce qu'il en a discuté avec "beaucoup de gens" et qu'il y a selon lui des dizaines, voire des centaines de milliers d'Américains qui vont avoir la maladie mais sans gros symptômes, qu'ils vont s'en remettre très vite, qu'ils n'iront ni chez le docteur ni à l'hopital et donc qu'ils n'entreront pas dans les statistiques de contamination. Cet argumentaire permet au président, au doigt mouillé, de nous dire que "le taux de mortalité n'est pas plus au que 1% environ".   

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Alors ça, en terme de message de santé publique, c'est catastrophique et irresponsable, confirme Politico qui s'alarme aussi du fait que dans sa démonstration de mercredi soir, le professeur Trump expliquait que sur ces centaines de milliers de porteurs du virus qui s'en remettent sans se signaler aux médecins, nombreux sont ceux qui "continuent à aller au travail sans problème". Là encore c'est très problématique selon Politico puisque la règle de base pour tous les gouvernements en ce moment c'est d'éviter au maximum la propagation du virus ; c'est pour ça que des pays entier confinent leur population. Trump, lui incite les malades et donc possibles facteurs de dissémination de l'épidémie à continuer à vivre et surtout travailler comme si de rien n'était.  

Alors tout ça part d'une espèce de bon sens, d'une bonne intention pour le président américain qui hier, encore sur Fox News, voulait clairement rassurer ses concitoyens et éviter la panique... quitte à positiver de manière un peu cynique, quand les présentateurs de l'émission l'ont interrogé sur l'impact économique.  

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"Il y aura certainement un impact", reconnait-il, "mais un impact positif aussi sur l'économie américaine : car les gens voyagent moins à l'étranger, ils restent aux Etats-Unis où ils consomment plus, et ça ça me plaît ! " s'enthousiasme Donald Trump qui nous explique que depuis trois ans il dit aux Américains de dépenser leur argent chez eux plutôt qu'à l'étranger, et comme le coronavirus les y oblige, eh bien il faut voir le bon côté du coronavirus.

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Conclusion : "restons calmes, tout va bien se passer, l'Amérique va se remettre" de cette épidémie, rassure Donald Trump... et c'est tout lui, reconnait la radio publique NPR, cette manière de "parler franc, avec ses tripes, de mettre en avant le positif", sauf que là en l'occurence il y a des milliers de vies en jeu et ce discours vient compromettre tout l'édifice de santé publique mis en place pour contrer l'épidémie. 

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Au final ça risque même d'inquiéter encore plus les Américains. Tout ça résumé en une image, c'est la Une du New Yorker cette semaine : gros plan sur le visage de Donald Trump, éructant comme à son habitude, et portant le masque de protection non pas sur la bouche, mais sur les yeux.

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