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Partisans de Lula devant le Tribunal Suprême à Brasilia

Au Brésil, Lula est libérable mais pas encore libéré

7 min
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L'ex-président Lula devrait bénéficier d'une jurisprudence votée jeudi soir par le tribunal suprême brésilien qui permet sa libération. La gauche brésilienne rêve déjà de le voir revenir dans l'arène politique face à Jair Bolsonaro.30 ans de réunification allemande vue à travers l'humour Est-Ouest.

Partisans de Lula devant le Tribunal Suprême à Brasilia
Partisans de Lula devant le Tribunal Suprême à Brasilia Crédits : MATEUS BONOMI - AFP

C'est encore la nuit au Brésil, et ce pourrait être la dernière en prison pour l'ex-président de gauche Lula.  

Tout pourrait aller très vite, selon la Folha de Sao Paulo, et ça tranche avec les 579 jours de détention de l'homme fort du Parti des travailleurs, ancien ouvrier metallurgiste devenu président du Brésil de 2003 à 2011. 

Luis Ignacio Lula Da Silva a  été condamné en première instance et en appel pour corruption passive et blanchiment d'argent, mais il n'a pas encore épuisé tous les recours en justice pour faire réviser ces condamnations. Et hier soir c'est donc du Tribunal Suprême fédéral qu'est venu l'espoir d'une libération rapide.   

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Dias Toffoli, vice-président de ce Tribunal suprême, annonce donc qu'à 6 voix contre 5 les juges suprêmes approuvent une décision qui empêche tout justiciable d'être placé en détention tant qu'il n'a pas été au bout de tous les recours possibles. Ca concerne Lula, c'est pour lui que cette jurisprudence était particulièrement attendue, mais ça devrait aussi permettre selon les calculs d'O Globo  la libération d'environ 5000 détenus, dont 14 co-accusés de l'ex-président dans le cadre des procès en corruption de l'opération de justice Lava Jato.   

Cette décision de la juridiction suprême a été accueillie comme une libération par les partisans de Lula hier soir... mais ce n'est pas encore une libération au sens propre, on va y revenir. Mais ça n'a pas empêché les effusions de joie, au moment de l'annonce devant le siège de la Cour à Brasilia.

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O Antagonista ajoute à cette ambiance qu'il y a même eu des feux d'artifices, tirés dans le ciel de Brasilia par ces "pétistes", ces membres du Parti des Travailleurs qui ont fait la fête une bonne partie de la soirée. Le mot-dièse #LulaLivre a envahi depuis les réseaux sociaux brésiliens...  Sauf que Lula, lui, n'est pas libre, pas encore, la Folha de Sao Paulo nous explique que ses avocats vont bien demander sa libération dès ce vendredi matin mais qu'elle n'est pas automatique, même après la jurisprudence définie hier soir par le tribunal Suprême : elle est suspendue à la décision individuelle d'un juge d'application des peines. Or ce juge selon la loi n'est pas tenu de rendre sa décision dans un délai fixé ; ça pourrait donc prendre du temps, la question n'étant plus "est-ce que Lula sortira de prison ?" mais "quand ?".  

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De toute façon l'ancien chef de l'Etat brésilien restera condamné, inéligible, et il n'en aura pas fini avec la Justice, précise l'Estadao de Sao Paulo qui répond en particulier à une question que se posent de nombreux Brésiliens : Lula pourra-t-il se présenter à nouveau à des élections, sous-entendu, aller concurrencer son ennemi juré Jair Bolsonaro lors de la prochaine présidentielle ?. Ce ne sera pas possible en l'état puisque la peine d'inéligibilité tient toujours, jusqu'à épuisement là encore de tous les recours... mais le simple fait que l'Estadao se pose la question (et y réponde) montre bien l'attente la gauche brésilienne autour du retour de son vieux chef comme celui du messie, le seul selon elle capable de mettre fin au cauchemar Bolsonaro. 

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On n'en est donc pas là, et d'ailleurs, même libéré, Lula repassera devant des juges ce mois-ci, rappelle l'Estadao. Il s'agira de rejuger en appel  l'une des affaires de corruption pour lesquelles il avait été condamné en première instance par le juge anti-corruption Sergio Moro.  Depuis, ce magistrat incontournable est devenu le ministre de la Justice de Jair Bolsonaro ; depuis, également, le site d'investigation The Intercept a publié des échanges de mails entre Moro et des juges en charge d'affaires concernant Lula et des responsables du Parti des travailleurs, où il apparaît clairement que ce proche lieutemant de Bolsonaro a fait pression sur la Justice depuis des années pour s'assurer que des peines lourdes seraient prononcées et en particulier que Lula serait bien mis hors d'etat de nuire derrière des barreaux. 

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Le voilà donc qui s'apprête à revenir sur la scène politique brésilienne, bien déterminé à utiliser ces révélations de The Intercept pour faire annuler ses condamnations en dénonçant une machination politico-judiciaire ourdie contre lui. Tous les médias brésiliens guettent à présent la réaction de Jair Bolsonaro à toutes ces nouvelles.. mais le président d'extrême-droite reste étonnamment silencieux depuis hier soir.

Nous terminons la semaine avec un clin d'oeil au trentième anniversaire de la chute du Mur de Berlin. 

C'est officiellement demain 9 novembre mais la presse du monde entier en a parlé toute la semaine,  et ce qui m'a décidé à le faire aussi c'est un article de la Suddeutsche Zeitung  intitulé "Un Ossie et un Wessie sont sur un bateau" (Ossie pour habitant de l'ancienne Allemagne de l'Est, Wessie, de l'Ouest). 

Ca m'a rappelé ces blagues qui ont longtemps circulé et qui circulent encore de part et d'autres du rideau de fer... et c'est justement de ça que ça parle : les trente ans de la réunification, vus sous le prisme de l'humour allemand et de son évolution. "Les blagues comme marqueur de l'histoire contemporaine", c'est le crédo de Bodo Muller, journaliste et auteur originaire de l'ex-RDA, qui a en a collecté des centaines et les a publiées sous forme de recueils.  "La chute du mur, dit-il, a clairement marqué la fin d'un humour politique à l'Est, celui qui permettait sous couvert d'ironie de critiquer la dictature et de relâcher un peu la pression". Et de toute façon ces blagues très marquées par leur époque sont aujourd'hui quasi-incompréhensibles, à l'Ouest en particulier.

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Toujours d'actualité par contre, le blagues dépréciatives sur "ceux de l'Est", "ceux de l'Ouest" et tous les clichés qui vont avec : elles ont survécu à la chute du mur d'après ce qu'en dit toujours dans la Suddeutsche Zeitung Eva Ullman du très sérieux Institut Allemand de l'Humour installé à Leipzig.  Mais le politiquement correct et l'idée qu'il faut gommer les différences pour réussir la réunification, les a rendues  douteuses, suspectes, à n'utiliser donc qu'auprès d'un public sûr. Entre soi, rassurez-vous, les blagues condescendantes sur ceux de l'autre côté sont toujours de mise ; elles constituent même un marqueur d'identité fort, trente ans après la chute du mur : ça c'est l'analyse développée par la MDR Mittel Deutscher Rundfunk, qui a interrogé des jeunes Allemands nés dans l'Est du pays, partis faire leurs études à l'Ouest et qui expliquent "avoir pris conscience de leur identité 'd'ossie', aujourd'hui encore, en entendant leus camarades raconter des blagues qui se moquaient de leurs compatriotes". 

Le mur de l'humour n'est donc pas tombé, pas complètement en tous cas. "Un Allemand de l'Est et un Allemand de l'Ouest sont sur un bateau", comme le dit le titre de la Suddeutsche Zeitung...  mais il y en a un qui rame tout seul et l'autre qui pêche tranquillement : c'est ce que montre le dessin de presse qui illustre l'article, et ça en dit long sur les représentations qui persistent à travers l'humour.

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