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Joe Biden au centre, Janet Yellen à droite et Kamala Harris à gauche, Washington le 05/05/21

Joe Biden relance le projet de taxation des multinationales

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Le président américain Joe Biden a fait plusieurs pas importants vers une augmentation des impôts payés par les entreprises, aux Etats-Unis et à l'échelon international, avec un retour en force du projet de "taxe GAFAM". Un syndicat dans un entrepôt Amazon de l'Alabama ? C'est mal parti...

Joe Biden au centre, Janet Yellen à droite et Kamala Harris à gauche, Washington le 05/05/21
Joe Biden au centre, Janet Yellen à droite et Kamala Harris à gauche, Washington le 05/05/21 Crédits : Pool/Getty images - AFP

Retour sur une semaine qui pourrait s’avérer décisive dans la lutte contre l’évasion fiscale des multinationales.

Beaucoup d’annonces, c'est vrai, nous sont venues des Etats-Unis depuis lundi qui pourraient (on va le dire tout de même au conditionnel) relancer le projet serpent-de-mer d’une taxation internationale des géants de l’économie mondiale. Mais allons-y par étape…

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Ca a donc commencé lundi dans le New York Times avec la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen et son plaidoyer pour que soit instauré un taux minimal de taxation des grandes entreprises au niveau international, quel que soit le pays où le siège de ces sociétés multinationales est installé. Dans son discours, la ministre Yellen explique "qu’il est temps pour les gouvernements de s’assurer des revenus fiscaux stables et proportionnels à la richesse créée sur leur territoire par les entreprises, pour pouvoir mieux financer les services publics et le développement général de la Nation". On serait tenté de lui dire que c’est le principe même de l’impôt et qu’il n’est jamais trop tard pour en découvrir les vertus… mais il faut aussi mettre au crédit de la secrétaire au Trésor le fait que les Etats-Unis sortent de quatre années de Donald Trump, qui n’a fait que baisser les taxes sur les entreprises, appauvrissant ainsi toujours plus les entrées fiscales. Il ne faisait là, dixit CNN, que poursuivre une tendance néo-libérale beaucoup plus ancrée : "Cela fait 25 ans, nous dit la chaîne d’info, que les entreprises américaines n’ont pas vu leurs impôts augmenter". 

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L’administration Biden évoque un taux d’imposition minimum des entreprises au Etats-Unis à 28% contre en moyenne 21% actuellement. Et elle justifie cet effort supplémentaire par l’urgence de la période actuelle, de faire face aux pertes abyssales de la pandémie, de financer le plan de modernisation des infrastructures… Une démarche qui a reçu, mercredi, le soutien du Fonds Monétaire International, le FMI qui, chose assez rare pour être souligné par le Financial Times, plaide lui aussi désormais pour "une taxe de solidarité que devraient payer les gagnants de la pandémie et les plus aisés pour renforcer la cohésion sociale" mise à mal par la crise.

Le point culminant de cette semaine fiscale à front renversé, c’est jeudi, toujours dans le Financial Times qui a pu consulter le document envoyé par le Trésor Américain aux 135 pays membres de l’OCDE et qui remet sur les rails le projet de taxation internationale des grands groupes avec l’idée folle, là encore, que les GAFAM et autres multinationales devraient payer dans chaque pays où ils font des profits des impôts proportionnels justement, à leurs profits dans ce pays. 

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L’objectif évident, c’est de lutter contre les différents moyens qui permettent à ces sociétés globalisées de cacher leurs bénéfices dans des paradis fiscaux et de payer un minimum d’impôts… ou plutôt, selon les termes beaucoup moins policés que Politico prête à Joe Biden, "Damn it, il y en a marre que les gens ordinaires se fassent escroquer", ces milliards de dollars que les multinationales s’abstiennent chaque année de verser au trésor public.  

Selon les informations du Wall Street Journal, la Maison Blanche voudrait tout de même limiter cette taxation internationale à une centaine de grands groupes, à commencer par les géants mondiaux du numérique, de la vente en ligne et de l’industrie pharmaceutique qui ont été les grands bénéficiaires de la crise sanitaires. Facebook et Amazon pour ne citer qu’elles, seraient bien entendu visées. 

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L’Amérique selon Biden semble vouloir avancer vite désormais sur ces négociations à l’OCDE qui, il faut bien le dire, n’avaient quasiment pas avancé ces quatre dernières années avec l’opposition farouche de Donald Trump. La France et l’Allemagne qui militent depuis des années pour une grand taxe GAFAM mondiale, applaudissent ce revirement américain à 180°… Et il se dit qu’à Berlin, Angela Merkel rêve de voir les négociations aboutir avant son départ de la chancellerie en septembre. 

Nous évoquions à l’instant l’entreprise Amazon : elle fait parler d’elle pour une autre raison ce vendredi dans la presse américaine.

Mon camarade Thomas Larabi vous en avait parlé ici-même il y a deux semaines, un vote devait être organisé parmi les quelques 5800 salariés d’un entrepôt Amazon à Bessemer dans l’Alabama, pour ou contre la création d’un syndicat qui serait le premier de toute l’histoire d’Amazon. Le groupe de Jeff Bezos a toujours réussi à empêcher les tentatives d’organisation de ses employés contre les bas salaires, les méthodes de management toxiques et les conditions de travail déplorables pratiquées dans ses entrepôts géants.

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Eh bien ce vote postal, il vient de se terminer nous confirme la radio publique américaine NPR, le dépouillement est en cours... Et pour le moment, ça a l’air mal embarqué : les deux tiers des salariés qui ont participé au vote et dont le bulletin a été dépouillé pour le moment, se sont opposés à la création du syndicat. Et ce malgré, donc, l’intense campagne qui a eu lieu autour de ce vote devenu une cause nationale : des cadors du parti démocrate sont venus à l’usine pour inciter les salariés à faire avancer la cause ouvrière en créant cette première brèche syndicale dans la forteresse Amazon ; quelques rares élus républicains aussi ont pris fait et cause pour le "oui" au syndicat. Mais peut-être en ont-ils trop fait en nationalisant et en généralisant l’enjeu, dans cette ville d’Alabama où Amazon est apparu comme un sauveur avec ses milliers d’emplois créés par son entrepôt là où toutes les usines avaient fermé dans les années 1980. 

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La crainte de perdre ces emplois semble avoir pesé lourd dans le vote, tout comme, ajoute le Washington Post (pourtant possédé par le patron d'Amazon, Jeff Bezos), la campagne plus ou moins insidieuse qu’a livrée la direction de l’entreprise pour influencer le vote des employés en faveur du "non" au syndicat. Ces critiques se concentrent notamment autour de pressions mises sur la Poste américaine pour qu’elle installe une boîte aux lettres juste devant l’entrepôt, afin que les ouvriers votent depuis leur lieu de travail plutôt que depuis chez eux en leur âme et conscience. Le dépouillement se poursuit… Il y a déjà beaucoup de bulletins de vote contestés par chacun des camps, et l'annonce du résultat définitif pourrait encore prendre quelques jours.

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