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L'ancien tennisman Shuzo Matsuoka tient la lanterne contenant la flamme olympique lors d'une cérémonie le 9 juillet alors que la flamme est interdite de passage sur la voie publique dans la majeure par

Japon : la "double pensée" d'Orwell appliquée aux Jeux Olympiques

6 min
À retrouver dans l'émission

La presse japonaise ironise sur la tenue des Jeux Olympiques à Tokyo malgré la pandémie. A Barcelone, les places et les plages vont être rincées, et on distribue des masques FFP2 au Festival de Cruilla.

L'ancien tennisman Shuzo Matsuoka tient la lanterne contenant la flamme olympique lors d'une cérémonie le 9 juillet alors que la flamme est interdite de passage sur la voie publique dans la majeure par
L'ancien tennisman Shuzo Matsuoka tient la lanterne contenant la flamme olympique lors d'une cérémonie le 9 juillet alors que la flamme est interdite de passage sur la voie publique dans la majeure par Crédits : Philip FONG - Maxppp

La flamme olympique est arrivée à Tokyo ce vendredi, et la cérémonie s'est tenue dans un stade vide... En lieu et place de la torche habituelle, la photo qui illustre l'article du quotidien SANKEI nous montre Shuzo Matsuoka, un ancien joueur de tennis professionnel, porter une lanterne grande comme un avant bras. " Il était prévu qu'elle traverse 62 villes, quartiers et villages autour de Tokyo jusqu'au début des jeux, mais en raison de la résurgence des cas de coronavirus, écrit le quotidien, la flamme est interdite de passage sur la voie publique, à l'exceptions des iles ".  

Ce matin (qui est déjà bien avancé dans le pays du soleil levant), toute la presse japonaise relate les conséquences diverses de l'absence de spectateurs et spectatrices dans les stades olympiques. Si toutes les fédérations sportives, de divers pays, s'interdisent de critiquer, ce n'est pas le cas des sponsors.   

" Quelque 60 entreprises japonaises ont payé un montant record de plus de 3 milliards de dollars pour les droits de parrainage, puis 200 millions de dollars supplémentaires pour prolonger leurs contrats après que les jeux aient été retardés l'année dernière en raison de la pandémie ", écrit le quotidien en anglais THE JAPAN TIMES dans sa rubrique business.  Or "contrairement aux « partenaires mondiaux » avec des accords pluriannuels, les sponsors nationaux ne sont impliqués QUE dans les Jeux de Tokyo" .  

Sur 60, 14 sponsors contactés par le journal vont annuler les stands qu'ils avaient prévus d'installer sur le front de mer à Tokyo.   

Un fabricant de vêtement de sport qui devait dévoiler ces prochains jours, un monument de 4 mètres de haut, en l'honneur de la star du tennis de table Kasumi Ishikawa a annulé l'événement, de peur que cela n'attire la foule. La statue attend dans un entrepôt.   

Ces sponsors pourront-ils recevoir leur clients, les VIP dans les tribunes ? Ce n'est pas encore clair, mais la situation est délicate, juge l'un des sponsors, anonyme, comme tout ceux qui ont répondu au Japan Times.   

Ils sont frustrés, par cette décision "impromptue" (en français dans l'article en anglais) et aussi inquiets de la mauvaise publicité que peut dorénavant leur apporter leur participation aux jeux, ces jeux étant de de plus en plus impopulaires au Japon, nous apprend le Japan Times. (Ci-dessous, une vidéo montrant une dame cherchant à éteindre la flamme olympique sur son parcours).    

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"L'auto isolement est une fête "    

Or cette situation devient politiquement risquée pour le Premier ministre japonais Yoshihide Suga. 

Le quotidien Nikkei juge dans un éditorial que l'interdiction du public ne suffira pas à enrayer la propagation du virus car "des dizaines de milliers de visiteurs liés aux Jeux olympiques, sans compter les athlètes, viennent au Japon à cette occasion. " 

Asahi, journal pourtant sponsor des jeux mais qui a demandé leur annulation en mai, tire à boulet rouge sur le Premier ministre Yoshihide Suga ainsi.  https://www\.asahi\.com/ajw/articles/14390988  

Le  protagoniste d'une série télévisée récemment diffusée par Japan Broadcasting Corp. (NHK) est un journaliste qui met son coeur et son âme à faire des commentaires sans aucune substance, tels que "Je crois, après tout, que le sport est une question d'exercice physique". Dans le monde réel, nous n'entendons personne parler comme lui. Sauf, peut-être, notre premier ministre. Editorial d'ASAHI.

Ce langage creux, ASAHI l'illustre par ces deux citations du leader japonais.  

1. " Nous protégerons la vie et la santé des gens

2. "Nous organiserons des Jeux sûrs et sécurisés".  

Appeler d'un côté les Japonais à l'isolement strict, annuler des festivals locaux, des journées sportives scolaires, et en même temps, accueillir un événement gigantesque, " L'oxymore ne connait plus aucune limite poursuit ASAHI qui cite Orwell, et 1984: un État de surveillance impose ce qu'on appelle une « double pensée » à son peuple. Ce qui nous est imposé aujourd'hui peut s'apparenter à une double pensée".  

Et pourquoi pas, suggère le journal en guise de conclusion, réciter des mantras tels que  « L'auto-isolement est une fête » ou « La propagation des infections est sûre et sécurisée ».   

Le TOKYO SHIBUN, brode sur cette phrase prononcée par le premier ministre à plusieurs reprises :  " Les jeux olympiques de Tokyo seront la preuve que l'humanité a vaincu le Corona "

Au niveau international, ce devait être un symbole d'unité dans le monde, " mais qu'ils aient lieu, sous état d'urgence, n'est-ce pas la preuve que justement nous n'avons pas pu le vaincre ? " s'interroge le journal.   

Et de rappeler les pénuries de vaccins dans les gouvernements locaux, la méthode dite de "la bulle", qui limite les activités des personnes impliquées dans les jeux au strict nécessaire, c'est-à-dire " se rendre dans les petites épiceries,  boire et manger dans les salles privées de restaurants".   

Un docteur cité par le TOKYO SHIBUN affirme que le gouvernement a sous estimé la menace du Covid pour des raisons économiques, ils craint que les virus mutants de demain ne soient cultivés justement pendant cet évènement.  

Après le variant Delta, entendrons-nous parler d'un variant Olympique ?   

Concilier tourisme et montée de l'épidémie au Portugal et en Espagne   

En Espagne, et au Portugal, brans le bas de combat pour limiter la progression de la pandémie, sans tirer un trait sur le tourisme.  

Le gouvernement Portugais a annoncé hier qu'un test négatif serait requis pour accéder aux restaurants, bar, et hébergement touristique des communes considérées comme à haut risque, mais qui va contrôler cela ? s'interroge en titre le quotidien portugais SOL qui doute que les forces de sécurités y parviennent.  

Selon l'exécutif portugais, les amendes pourraient aller jusqu'à 10 000 euros pour les professionnels, 100 à 150 euros pour les personnes physiques.   

En même temps.... ou sans transition, comme on disait, NOTICIAS se fait l'écho de l'annonce faite hier de l'autre côté de l'atlantique que le Carnaval de Rio aura bien lieu en 2022... les dates sont fixées, comme si de rien n'était, alors que le Brésil est l'un des pays les plus touchés au monde par la pandémie, avec un demi million de décès.  

Après le variant olympique, un variant samba 2022 ?  

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Dans la presse espagnole, les articles à lire sur les moyens mis en œuvre pour concilier tourisme et sécurité sanitaire, nous amènent à Barcelone, où les infections au covid_19 sont passées de 2200 par semaine à 9000 en l'espace de 7 jours.   

Hier, le conseil municipal a demandé de limiter au maximum l'usage des espaces publics pour limiter les BOTELLONS, ces rassemblements, en mode pique nique très alcoolisés. " Les places et les plages seront rincées à l'eau régulièrement, explique un conseiller municipal dans EL PAIS. Oui les plages vont être rincées, mais elles ne seront pas interdites d'accès, car elles permettent d'alléger la pression sur d'autres espaces explique le journal.  

EL PAIS relate aussi les mesures mises en place par le festival de Cruilla qui a commencé hier dans un des parcs de Barcelone.  Un festival de trois jours pour lequel les festivaliers paient 15 euros pour trois tests antigéniques, un par jour. Aucun argent liquide ne circule, tout passe par un bracelet électronique que l'on recharge via son mobile. On reçoit le résultat de ses tests par email. 

Le port du masque est obligatoire, et les artistes eux même, sur scène, le rappellent aux 20 000 festivaliers. Des masques FFP2 sont distribués à tour de bras alors que le festival se tient à l'extérieur. Sur scène on entendra notamment le rappeur espagnol KASE O.    

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La Cruïlla se tient avec avec l'intention de montrer que plus de 20 000 personnes peuvent être dépistées quotidiennement sans épuiser le quota de patience des festivaliers dans un environnement sanitaire sûr. Ce jeudi, le premier pas a été franchi. El Pais.    

Il y a deux mois, le directeur du festival de Cruilla affirmait toujours dans EL PAIS : " le festival pourra se tenir sans distance. Les gens pourront sauter, danser, et s'embrasser comme avant ".   

Pour les embrassades, ce n'est pas encore vraiment possible, mais les oreilles peuvent néanmoins être toutes ouïes pour du live : c'est déjà pas mal ! 

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