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Premiers visiteurs pro-turcs à Varosha, Chypre, le 08/10/20

"Une crise par semaine" : la Turquie ravive les tensions chypriotes à Varosha

5 min
À retrouver dans l'émission

En mettant en scène la réouverture de la ville-fantôme de Varosha à Chypre, la Turquie d'Erdogan lance une nouvelle provocation à la Grèce, à l'Europe et à la Russie, dans un contexte diplomatique déjà très tendu. Ankara en profite aussi pour s'immiscer dans la présidentielle nord-chypriote.

Premiers visiteurs pro-turcs à Varosha, Chypre, le 08/10/20
Premiers visiteurs pro-turcs à Varosha, Chypre, le 08/10/20 Crédits : Birol Berek - AFP

Ce vendredi, de la géopolitique en maillot de bain...

Nous partons à la plage, et pas n'importe quelle plage puisque celle-ci est au coeur de la nouvelle provocation turque en matière de relations internationales : elle se trouve sur la côte Est de l'ïle de Chypre, en Méditerranée orientale, en plein sur la zone de démarcation entre la partie sud de l'île qui constitue l'Etat chypriote membre de l'UE, et la partie nord occupée par la Turquie depuis 1974 et reconnue seulement par Ankara. 

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Là, se trouve l'ancienne cité balnéaire de Varosha : abandonnée par ses habitants et décrêtée zone interdite depuis la partition de Chypre, l'ancienne perle de la Méditerranée réputée pour ses hotels de luxe les pieds dans l'eau et pour ses plages de sable fin... s'est transformée en une  sorte de Tchernobyl-les-bains fréquentée seulement  par des amateurs d'exploration urbaine et de tourisme un peu extrême. Mais tout ça est en train de changer, claironne depuis hier la presse turque : photos à l'appui, le quotidien anglophone Daily Sabah nous décrit comment Varosha a été rouverte au public, partiellement ce jeudi, barrières levées pour la première dois depuis 46 ans... la ville-fantôme a vu circuler des journalistes et des badauds sur ses trottoirs défoncés, au milieu des ruines d'hotels abandonnés du jour au lendemain.  enfin je vous parle de trottoirs défoncés mais c'est déjà en train de changer, d'après ce reporter du Kibris Postasi en édition spéciale hier.  

Reportage vidéo qui nous fait découvrir ces routes asphaltées flambant neuves entre les immeubles éventrés, signe que la Turquie veut mettre en scène ne début de reconstruction à Varosha. Car le projet d'Ankara, nous explique cette fois The Guardian, c'est de restaurer la grandeur passée de la cité balnéaire, et ce au nez et à la barbe, à la fois du droit international qui a fait de ce secteur une zone tampon entre les deux Chypres il y a plus de 40 ans, et des Chypriote grecs du sud, qui ont été expropriés de leurs biens en 1974 et n'acceptent pas de voir les Turcs faire main basse dessus. 

D'ailleurs, le journal de Nicosie, le Cyprus Mail, note que ce jeudi, quand les grilles se sont ouvertes au nord de Varosha, au sud côté grecdes centaines de personnes ont manifesté contre cette "provocation turque" doublée d'une violation criante des résolutions de l'ONU. 

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"Provocation turque", c'est bien le terme qui revient le plus, dans les articles qui parlent de Varosha depuis trois jours. Pour le quotidien athénien E Kathimerini, en rouvrant sciemment la cicatrice de Varosha Ankara et son président Rejep Tayip Erdogan "déplacent le champ des tensions diplomatiques actuelles, contre la Grèce, l'Europe et plus indirectement contre la Russie, sur la question chypriote" qui les contient toutes.  

En venant "agiter des drapeaux turcs" dans la zone de démarcation, en brandissant des grands projet d'investissement pour rendre son lustre passé à l'ancienne Saint-Tropez chypriote, la Turquie poursuit sa stratégie de lancer "une nouvelle crise chaque semaine" après les gisements de gaz en Méditerranée occidentale, les prétentions sur les eaux territoriales grecques, et le soutien à l'offfensive azérie au Haut-Karabakh.   

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Mais ce faisant, le président Erdogan s'immisce aussi, note Hurriyet, dans la politique nord-chypriote à proprement parler : l'agitation à Varosha vise à favoriser le candidat choisi par Ankara à l'élection présidentielle qui se déroule ce dimanche dans le territoire auto-proclamé.  L'actuel président Mustafa Akinci a eu l'audace, ces derniers mois, de prendre des positions de plus en plus critiques envers son parrain turc, et en guise de représaille Erdogan mise tout, désormais, sur son premier ministre et principal rival Ersin Tatar. C'est lui qui a été mis en vedette hier lors de la réouverture symbolique, alors que le président Akinci, lui, dénonçait "les interférences turques" dans la campagne, dans une interview au site d'info LGC News

On le comprend donc, la Turquie fait d'une pierre trois coups en exhumant de manière très opportune le dossier Varosha. Mais que les amoureux de bains de mers ne se réjouissent pas trop vite, temporise tout de même la BBC, ce n'est pas demain que les foules de vacanciers se presseront à nouveau sur les plages de la perle méditérranéenne. Il y a fort à parier que le chantier de rénovation (beaucoup trop coûteux et réalité pour le budget turc) n'aille pas bien au-delà que les routes ashpaltées dont je vous parlais tout à l'heure. 

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Varosha, npourrait bien ne rester qu'un instrument de pression de plus pour Erdohan dans sa bataille diplomatique contre Bruxelles et Moscou ; un moyen aussi de grapiller quelques voix dans la présidentielle nord-chypriotte d'après-demain. "La comédie Varosha" ne durera  qu'un temps, pronostique l'éditorialiste du journal turc Sozcü Emin Colasan,  : laissons passer l'élection de dimanche et retomber la pression internationale... et les serpents qui peuplent les ruines de Varosha devraient rapidement retrouver leur tranquilité.

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