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Le pape François célébrera les messes de Pâques et du Vendredi Saint en livestreaming

Pâques confiné

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Alors que les célébrations de Pâques se feront presque partout à la maison, la perspective d'une nouvelle grande dépression économique se précise. Mais dans ce contexte certains n'hésitent pas à recommander de... relancer la piraterie !

Le pape François célébrera les messes de Pâques et du Vendredi Saint en livestreaming
Le pape François célébrera les messes de Pâques et du Vendredi Saint en livestreaming Crédits : RICCARDO ANTIMIANI - Maxppp

En cette veille de weekend pascal, les célébrations de Pâques s'annoncent confinées, sauf pour certains irréductibles américains. La célébration du Vendredi Saint ce vendredi par le Pape François depuis la basilique St-Pierre à Rome se fera en tout cas en livestreaming, (c'est-à-dire la diffusion vidéo en direct sur Internet) tout comme la messe de dimanche.

A cette occasion, le pape François a d'ailleurs accordé une interview  exclusive à l'hebdomadaire catholique de langue anglaise The Tablet ; il y demande que l'humanité tire les leçons de cette crise sanitaire pour se remettre en phase avec la Nature ; "ce ne sera pas la peine de revenir à ce que nous étions avant cette crise ; il est maintenant temps de prendre des décisions cruciales, d'arrêter de se servir et d'abuser de la nature" dit le Pape, citant les récentes catastrophes écologiques comme les incendies de brousse en Australie ou la disparition inexorable de la banquise arctique François prévient : "Dieu pardonne toujours, Les hommes pardonnent parfois... mais la Nature, elle, ne pardonne pas !".

Reste que les messes en ligne et le livestreaming ne font pas l'unanimité partout. Aux Etats-Unis notamment les gouverneurs de certains Etats américains où le fondamentalisme évangélique fait florès considèrent que les Eglises dispensent un "service essentiel". Ils ont donc autorisé les célébrations religieuses publiques, remarque la chaîne Al Jazeera. Le Kansas a par exemple "rejeté une injonction limitant à 10 personnes les rassemblements religieux. En Floride, le gouverneur Ron de Santis, un proche de Donald Trump a exempté les rassemblements religieux de toutes mesures de confinement".

Ces rassemblement religieux ont pourtant souvent été au cœur de la contagion et parfois à l'épicentre de certains foyers épidémiques : en Corée ou une secte chrétienne a largement diffusé l'épidémie. Ou en France où le rassemblement évangélique  de Mulhouse avait été à l'origine de nombreuses contaminations.

Le confinement de près de la moitié de la population mondiale paralyse aussi une bonne partie des échanges mondiaux et fait craindre une nouvelle Grande Dépression. Après l'un des gouverneurs de la banque centrale chinoise en début de semaine, c'est au tour de  la directrice du Fond Monétaire International Kristalina Georgieva de comparer la présente crise économique avec celle de 1929 et la Grande dépression qui a suivi, rapporte la BBC qui cite à ce propos le rapport onusien du début de la semaine faisant état d'une économie mondiale quasiment à l'arrêt : 81% des 3 milliards 300 millions de travailleurs de par le monde qui ont vu leur lieu de travail au moins partiellement fermé  : au niveau mondial quatre emplois sur cinq ont été affectés par la crise sanitaire !

"Il y a encore trois mois nous estimions encore que plus de 160 pays connaîtraient une croissance positive en 2020, explique la patronne du FMI ; mais aujourd'hui nos prévisions sont totalement inversées : nous prévoyons que plus de 170 pays connaîtront une croissance négative cette année... En fait, résume t-elle nous anticipons les pires répercussions économiques depuis la Grande Dépression" des années 30. Les marchés émergents et les pays en voie de développement seront les plus touchés, prévient encore Kristalina Georgieva "il leur faudra des centaines de milliards de dollars d'aide internationale".

Mais dans les économies les plus avancées et les pays les plus prospères, les perspectives sont également sombres : "Plus de 16 millions de personnes ont perdu leur emploi durant les 3 dernières semaines" aux Etats-Unis, comptabilise le New York Times et "les efforts de l'administration centrale pour soutenir l'économie et les entreprises n'ont pas fait la preuve de leur efficacité". Le plan d'aide de 3000 milliards de dollars adopté par l'administration Trump et approuvée par le Congrès n'a pour le moment rien empêché.

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Dans ce contexte plutôt sombre pour l'économie mondiale, certains n'hésitent pas à recommander quelques mesures extrêmes comme le recours à la... piraterie ! Plus précisément à la piraterie chaperonnée par des Etats, c'est à dire le recours aux corsaires... "Relancer les Corsaires" est en effet le titre d'un papier publié dans le numéro d'avril de Proceedings, la revue mensuelle de la Marine américaine.

Publiée par l'US Naval Institute, la revue Proceedings recommande de "relancer les corsaires" pour s'attaquer aux navires de commerce chinois
Publiée par l'US Naval Institute, la revue Proceedings recommande de "relancer les corsaires" pour s'attaquer aux navires de commerce chinois

Ses auteurs y arguent que la manière la plus simple et probablement la plus efficace de contrer la Chine et son expansionnisme maritime serait sans doute de recréer une flotte de corsaires, lesquels moyennant quelques modernes "lettres de marque" octroyées par l'administration américaine, pourraient s'attaquer aux navires commerciaux chinois. "La menace que les corsaires feraient peser sur l'économie chinoise, et donc sur le parti Communiste Chinois, écrivent les auteurs, pourrait donner aux Etats-Unis  un avantage majeur en temps de guerre... et en temps de paix rehausser notre dissuasion et, partant, éloigner le risque de conflit ouvert". Les auteurs - un colonel en retraite et un spécialiste du droit maritime - estiment que le secteur de la sécurité privée américain sauterait probablement sur l'occasion de se transformer ainsi en corsaires...

Autant dire que l'article n'est pas passé inaperçu, notamment en Chine, où l'édition de ce vendredi du  South China Morning Post y consacre un long développement, sollicitant les réactions des experts chinois du droit ou de la géopolitique : Collin Koh par exemple professeur de relations internationales à l'université Nanyang de Singapour. Pour lui, la perspective d'un tel retour des corsaires est "foncièrement malsaine ;  ce serait regardé par la Chine comme une pure provocation et entraînerait automatiquement des représailles".

Même aux Etats-Unis ce les corsaires ne font pas l'unanimité. David Axe, par exemple commentateur spécialisé défense, explique dans The National Interest , à quel point l'emploi de ce genre de "mercenaires des mers contre la Chine serait une très mauvaise idée". Et de rappeler qu'en 2007, des hommes armés travaillant pour la société de sécurité privée américaine Blackwater avaient tué 17 civils en Irak à Bagdad ; "l'incident avait durablement plombé les relations irako-américaines et aliéné la population irakienne, celle-là même que les troupes américaines était censée défendre. La vérité, c'est que les mercenaires sont toujours difficile à contrôler".

Et puis, une flotte de corsaires américains s'attaquant aux navires chinois entraînerait très probablement la création d'une flotte de corsaires chinois s'attaquant aux navires américains ou à ceux qui commercent avec l'Amérique, or, conclu David Axe, "l'économie des Etats-Unis dépend autant du commerce international que celle de la Chine... et ce commerce se fait essentiellement par voie maritime". 

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