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Narcotrafiquants mexicains organisant des distributions alimentaires, juin 2020

Les cartels, grands gagnants de la pandémie au Mexique

6 min
À retrouver dans l'émission

Alors que l'épidémie de Covid-19 prend une ampleur dramatique au Mexique, les cartels de narcotrafiquants s'organisent pour distribuer à la population tout ce que l'Etat ne lui distribue pas. Le Turkménistan, pays soi-disant épargné par la pandémie, recevait cette semaine des experts de l'OMS.

Narcotrafiquants mexicains organisant des distributions alimentaires, juin 2020
Narcotrafiquants mexicains organisant des distributions alimentaires, juin 2020 Crédits : BBC World (capture d'écran) - AFP

Le président mexicain AMLO était ce jeudi en visite officielle à la Maison Blanche.

Le travail a été bien fait : les deux présidents voisins ont affiché leur amitié, aucun désaccord ni sur l'économie ni sur les migrants sud-américains, aucun sujet qui fâche, rien que des compliments et des accolades... Rien que du positif, note le commentateur politique Carlos Puig pour le quotidien mexicain Milenio ; mais après tout "c'est toujours ainsi, on ne se fait pas inviter à  déjeuner à la Maison Blanche pour cracher dans la soupe ni même sur son hôte". 

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Cette rencontre avait été ultra-balisée par les équipes des deux chefs d'Etats : Donald Trump en avait besoin pour tenter d'arracher des voix d'électeurs latinos au démocrate Joe Biden en vue de  présidentielle de novembre ; AMLO, lui, devait soigner sa stature de dirigeant sérieusement écornée, chez lui, par l'ampleur dramatique que prend l'épidémie de Covid-19.

Fallait-il pour autant s'abaisser à une tel niveau de "servilité" vis-à-vis de son homologue américain ? Les électeurs mexicains ont-ils choisi un président de gauche pour le voir aller ainsi brosser Trump dans le sens du poil ? Sans doute pas, analyse Leon Krauze dans les pages opinion du Washington Post ; il ne digère pas les démonstrations de gratitude, d'allégeance d'AMLO face à un président américain décrit comme "le plus xénophobe et en particulier le plus anti-mexicain de l'histoire moderne des Etats-Unis". Surtout qu'on ne voit pas bien quel avantage le président mexicain espère retirer de cette posture de soumission, reconnaît encore Leon Krauze. 

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Cette contre-partie espérée par le Mexicain, elle réside peut-être dans le sujet qui n'a pas été abordé hier à la Maison Blanche, et qui pourtant est le problème n°1 de l'Etat au Mexique. Ce fléau, c'est la violence des cartels mexicains qui continuent de prospérer sur le trafic de stupéfiants d'Amérique du Sud vers le Etats-Unis. "Ils ont acquis une telle impunité dans leurs crimes, selon El Pais, qu'ils représentent une menace réelle pour l'Etat".   

Le problème est intrinsèquement lié aux Etats-Unis où les principaux cartels étendent leurs tentacules, selon l'expression du site d'info Contralinea, jusqu'à Chicago et New York. Ces derniers mois, un groupe en particulier a pris le dessus : il se fait appeler le "cartel de Jalisco Nouvelle Génération", s'est spécialisé dans les métemphétamines et le fentanyl, mais aussi dans les règlements de comptes sanglants avec les autres groupes criminels.  

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"Jalisco Nueva Generacion", selon cette fois le Wall Street Journal, a même surpassé récemment le cartel de Sinaloa du célèble El Chapo désormais en prisonà vie, aux Etats-Unis.

Et le pire, affirme cette fois le New York Times, c'est que ces cartels, responsables d'une violence inouïe et quotidienne dans les campagnes mexicaines avec 100 homicides au bas mot chaque jour, n'ont jamais été aussi puissants et populaires dans ces mêmes campagnes que depuis ce printemps. La crise du coronavirus leur a donné une nouvelle emprise, en leur donnant le statut d'organisation de charité, de pourvoyeur de nourriture, de médicaments, de matériel de protection aux Mexicains qui manquaient (et manquent encore) de tout.

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Les cartels ont mobilisé leurs nombreux hommes de mains, dans les régions les plus reculées, pour organiser des distributions et combler le vide criant que laissait l'Etat mexicain dans sa gestion à minima de la crise. Une équipe de la BBC au Mexique a d'ailleurs pu filmer les préparatifs d'une de ces distributions de charité et nous raconte comment les locaux du cartel, qui d'ordinaire regorgent de drogues à acheminer aux quatre coins du continent, croulent désormais sous des tonnes de riz, de boites de thon ou de gel hydroalcoolique.  

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Et comme, en plus, affirme Ioan Grillo dans le New York Times, la demande de stupéfiants a augmenté au Etats-Unis avec les confinements et déconfinements, il n'y a pas de doute : le crime organisé est le grand gagnant de la pandémie au Mexique.

Terminons la semaine dans un pays où il n'y aucun cas de Covid-19.

C'est l'avantage d'être l'une des dictatures les plus fermées du monde. Je ne vous pas là de la Corée du Nord mais bien du Turkménistan, à l'est de la Mer Caspienne. L'ancienne république soviétique revendique zéro cas détecté, et n'avait mis en place aucune mesure sanitaire... jusqu'à cette semaine.  

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C'est une sacrée coïncidence que relève le site spécialisé sur l'Asie centrale Eurasianet : on a vu apparaître les premiers masques sur les visages des chauffeurs de bus ou des vendeurs sur les marchés de la capitale Ashghabat, quelques jours seulement avant la visite sur place d'une équipe d'experts de l'Organisation mondiale de la Santé.  

Officiellement, ils venaient "aider les autorités sanitiaires turkmènes à préparer la réponse à un éventuel début d'épidémie" ; mais en vrai, selon Eurasianet, ces experts de l'OMS venaient surtout vérifier qu'on ne leur cachait pas des choses. Comme par exemple, cette augmentation récente du nombre de cas de "pneumonies non identifiées" enregistrées comme telles et surtout pas comme cas de Covid-19. 

C'est une ONG, Saglyk, qui a signalé ces cas dissimulés à Eurasianet ; elle évoque aussi l'existence de "centre de quarantaines, secrets et fermés", où l'on éloignerait les malades des regards. L'ONG appelle donc l'OMS à "ne pas se rendre complice de la mascarade orchestrée par l'Etat turkmène".  

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Ce qui est sûr en tous cas, c'est que le port du masque dans les rues d'Ashghabat était bien vu, cette semaine, par les policiers qui pourtant, quelques jours plus tôt, le proscrivaient pour soi-disant "éviter tout phénomène de panique collective". 

Mais les autorités avaient là aussi une raison pour justifier ce changement de protocole : le quotidien  Neitralniy Turmnenistan relayait cette semaine un communiqué du ministère de la Santé expliquant qu'il faut "bien se laver les mains régulièrement et se protéger contre les risques accrus de maladies respiratoires"... mais attention, surtout pas à cause de la Covid-19, seulement d'une "soudaine augmentation de la concentration de poussières dans l'atmosphère".... en plein, donc, pendant la visite des experts de l'OMS.

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