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Emmanuel Macron, ébralné par le camouflet que lui ont infligé les eurodéputés

UE : Emmanuel Macron humilié, l'espoir d'un accord sur le Brexit relancé ?

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Le refus cinglant des eurodéputés de nommer Sylvie Goulard à la Commission européenne est un affront personnel pour Emmanuel Macron et ses trop grandes prétentions européennes. Une rencontre Johnson/Varadkar relance les espoirs d'un accord de dernière minute sur le Brexit, mais dans quel délai ?

Emmanuel Macron, ébralné par le camouflet que lui ont infligé les eurodéputés
Emmanuel Macron, ébralné par le camouflet que lui ont infligé les eurodéputés Crédits : CHARLES PLATIAU - AFP

Une question agite ce matin la presse européenne : que va-t-il, se passer, finalement, le 1er novembre? 

Ca fait un moment que cette date est marquée au feutre rouge sur tous les agendas bruxellois : c'est celle où doit entrer en fonction la nouvelle Commission Européenne, présidée par l'Allemande Ursula von der Leyen ; et puis, bien sûr, si on écoute le Britannique Boris Johnson, le 1er novembre ce sera aussi, quoi qu'il arrive, le premier jour de l'Union Européenne sans le Royaume-Uni, à moins que ce ne soit l'inverse, enfin bref, le "Brexit, Day One".  Sauf que l'actualité d'hier semble nous indiquer que rien de tout cela, finalement, pourrait ne se produire : on va traiter les deux sujets l'un après l'autre.

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C'est d'abord Politico qui l'affirme : "le nouvel éxécutif européen ne pourra vraisemblablement pas prendre du service le 1er novembre", la faute à deux évènements survenus hier. Celui des deux dont on a le moins parlé est pourtant le plus inattendu : à Bucarest, hier, le Parlement roumain, à majorité de droite,  a voté la défiance contre le gouvernement de gauche de Viorica Dancila ; pour le remplacer, la droite roumaine, très divisée, va devoir se mettre d'accord, ça va prendre, disons, un peu de temps, et pendant ce temps, nous explique Politico, la Roumanie ne pourra pas présenter un nouveau candidat pour son poste de commissaire auprès d'Ursula von der Leyen. D'ici au 1er novembre, en tous cas, ça paraît très compromis. 

Et puis, bien sûr, il y a l'autre impondérable, mais celui-là on l'avait un peu vu venir : la commissaire proposée par la France, Sylvie Goulard, a été hier refusée, et sèchement, par le Parlement européen.  C'est certes une défaite "piquante" pour la présidente von der Leyen, confirme Politico, mais c'est, et là c'est l'avis assez général de toute la presse européenne, un "camouflet", que dis-je, une" humiliation cinglante", pour Emmanuel Macron. 

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La déflagration de cette gifle résonne d'ailleurs outre-Atlantique jusque dans les colonnes du New York Times où l'on nous explique que par ce rejet de Sylvie Goulard, le Parlement européen a voulu "montrer les muscles", et réaffirmer son intransigeance en matière d'éthique en politique face à une France qui n'avait trouvé rien de mieux à lui proposer "qu'une technocrate visée par pas moins de deux enquêtes sur des malversations financières présumées".  

Voilà pour la première raison de ce rejet, la pus évidente. Mais vu de plus près, de Berlin par exemple, la sentence est encore plus raide pour Emmanuel Macron. Der Spiegel nous décrit des eurodéputés motivé avant pour par le désir de "vengeance" contre un président Français trop prétentieux, trop arrogant, trop sûr de sa domination sur les affaires européennes.  Sylvie Goulard et ses casserolles seraient finalement secondaires : en rejettant sa candidature, le groupe PPE, la droite du Parlement européen, aurait surtout voulu "laver l'affront fait par Paris à son leader, l'allemand Manfred Weber".  C'est lui qui de l'avis de tous était favori pour accéder à la présidence de la Commission, Emmanuel MAcron a tout fait pour l'en empêcher... il le paye aujourd'hui en la personne de "sa commissaire" Goulard.  

La "revanche" contre Macron, c'est bien ça aussi dont parle la Suddeutsche Zeitung, toujours côté allemand ; en Espagne, El Mundo n'est pas dupe sur le fait que Sylvie Goulard a "payé le soutien, insistant au point d'apparaître comme une pression insupportable exercée sur les eurodéputés, d'un Emmanuel Macron qui ne digère visiblement pas cet affront" : ses déclarations hier, nous dit le quotidien madrilène, trahissaient sa colère... quoi qu'il en dise :

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Elle est intéressante, cette réaction, nous dit El Mundo, parce que pour une fois Emmanuel Macron n'arrive pas à cacher son énervement et à contenir ses mots : il parle de "ressentiment", de "petitesse", quand les eurodéputés eux lui répondent "démocratie", qu'ils ne sont pas tenus d'appliquer comme un seul homme des consignes imposées par leurs appareils. 

Mais ce que dit aussi le président français dans ces propos, c'est qu'il tient surtout "à la clarté du portefeuille" qui reviendra au commissaire français.  Et c'est bien, là encore, à croire en Italie le quotidien Il Sole -24 Ore, une partie du pêché d'orgeuil français. La France a voulu imposer pour son commissaire un portefeuille aux compétences ultra-larges, allant du Marché intérieur à la Défense, en passant  par l'Espace ou le Numérique : ca aurait donné à notre pays un pouvoir démesuré au sein de la Commission, c'est aussi cela que les eurodéputés ont apparemment rejetté ce jeudi. 

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On parle désormais, toujours selon Il Sole, de réduire ces compétences françaises avant de désigner un nouveau candidat, et pour revenir à nos moutons, tout ça semble bien exclure une prise de fonction de la commission von der Leyen au 1er novembre prochain.

Et voilà qui nous ramène donc au Brexit : 1er novembre, "day one"?  

Et bien ça reste très compliqué d'être sûr de quoi que ce soit en la matière. Car à lire la presse britannique ce matin, figurez-vous qu'il y a peut-être encore un peu d'"espoir", c'est le mot du jour, de parvenir à négocier un nouvel accord avant le 31 octobre.  Cet espoir, il nous vient d'Irlande, à lire The Irish Times, et il prend la forme d'une rencontre hier entre Boris Johnson et le premier ministre irlandais Leo Varadkar à l'issue de laquelle les deux hommes ont tenu à se montrer rassurant. Voila ce qu'en disait Varadkar à la sortie :   

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Il salue donc une rencontre très constructive, très prometteuse avec son homologue britannique, et il dit qu'il "voit un chemin possible vers un accord" entre l'Irlande, le Royaume-Uni et l'Union européenne, qui pourrait être négocié dans les prochaines semaines. Leo Varadkar dit aussi "qu'il ne faut pas lui demander de détails à ce stade" donc on est bien obligés de s'en tenir à cet espoir renaissant que l'on nous vend.

L'éditorial de l'Independent irlandais nous invite d'ailleurs à "ne pas compter nos poussins avant qu'ils n'aient éclos", version locale de la "peau de l'ours avant de l'avoir tué" mais il y a "de l'optimisme" de voir résolu le casse-tête de la frontière entre les deux Irlandes, et d'éviter un Brexit sans accord à la fin du mois. 

Reste à savoir si cet optimisme est partagé par tous : à Londres, The Guardian reste très prudent, et nous explique que "si Johnson et Varadkar ont voulu mettre en scène leur dialogue renoué, au dernier jour possible pour relancer des négociations sur un nouvel accord avec Bruxelles, c'est plutôt le signe qu'aucun des deux n'a voulu céder"... et qu'on cherche encore à gagner du temps. 

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Ce matin, le négociateur britannique Stephen Barclay prend le petit-déjeuner à Bruxelles avec Michel Barnier ; il va devoir le convaincre de relancer ces négociations in extremis, sur la base donc à priori de pas grand-chose. Et si négociations il y a, personne ne croit vraiment au fait qu'elles puissent être bouclées (et l'accord voté au Parlement britannique) en trois semaines.  

Le 1er novembre, donc, ce sera soit le premier jour du Brexit sans accord, et attachez vos ceintures ça va secouer, soit le premier jour d'un énième report et attendez-vous à ce que je vous en reparle encore longtemps...

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