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Julian Assange interpellé à Londres

Lâché par l'Equateur, Julian Assange sous le coup d'une extradition vers les Etats-Unis

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La presse sud-américaine tente de comprendre pourquoi l'Equateur a "perdu patience" et a retiré à Julain Assange son sasile diplomatique, au moment où les Etats-Unis demandaient son extradition. En Israël, l'échec lunaire ternit à peine la semaine de tous les succès pour Benyamin Netanyahou.

Julian Assange interpellé à Londres
Julian Assange interpellé à Londres Crédits : Victoria Jones - Maxppp

De Londres à Washington en passant par Quito et Moscou, la presse du monde entier se passionne pour l'arrestation, jeudi, de Julian Assange.  

Et c'est vrai qu'il y a peu d'histoires, dans l'actualité internationale, qui mêlent avec autant de romanesque des secrets d'Etats, des imbroglios géopolitiques et un héros... pour le moins ambigu.  

Hier matin donc, Julian Assange le fondateur de Wikileaks,  passé en quelques années dans l'opinion mondiale du statut enviable de combattant pionnier de la transparence numérique, à celui d'ermite gênant à la solde du Kremlin, Julian Assange donc, a été interpellé par Scotland Yard dans l'ambassade d'Equateur à Londres où il avait été accueilli, en tant que demandeur d'asile, en 2012.  

Les images de cette arrestation, les mots criés par un Assange qui a l'air d'un vieillard aux abois "Le Royaume-Uni doit résister", tout ça tourne toujours en boucle ce matin sur les télés et sur les sites des journaux anglais. The Guardian nous rappelle que c'est bien l'Equateur, en premier qui a lâché l'australien en révoquant son asile diplomatique et en invitant la police britannique à venir le chercher, en le livrant à une demande d'extradition américaine qui avait été formulée quelques jours plus tôt. 

Le président équadorien Lenin Moreno, au moment de l'arrestation londonienne, avait fait passer ce message dans les médias de son pays :  

"J'annonce aujourd'hui que le comportement irrespectueux et agressif de Julian Assange, les déclarations discourtoises et les menaces formulées par Wikileaks à l'encontre de l'Equateur, et surtout la violation des règles internationales de matière d'asile, ont rendu insoutenable le maintien de cet asile pour Julian Assange" . Et de conclure : "La patience de l'Equateur est arrivée à sa limite".

Julian Assange, réduit au personnage de l'ami informaticien ingrat et paranoïaque qui squattait depuis trop longtemps le canapé, avait, toujours selon le président Moreno, "installé son propre système de brouillage des communications de l'ambassade et désactivé les caméras de surveillance".

Mais dans la presse d'Amérique du Sud on tente d'aller plus loin pour comprendre comment l'Equateur, qui s'était affirmé en 2012 sur la scène internationale comme un refuge pour Assange, a pu le livrer à ses ennemis 7 ans plus tard. 

Eh bien en 7 années, nous explique El Comercio, depuis Quito, le vent politique a tourné : à Washington, d'abord, Donald Trump a succédé à la Maison blanche à un Barack Obama à la doctrine plutôt conciliante envers Assange ; mais en Equateur aussi, le président de gauche Rafael Correa a du céder le pouvoir au centriste Lenin Moreno en mai 2017, et depuis Julian Assange se savait en sursis. 

Dans une interview à CNN, le même Rafael Correa, qui vit désormais en Belgique, sort de son silence pour condamner l'arrestation de JulianAssange, vécue comme "une trahison" pour l'Equateur.  

"On ne livre pas une victime à ceux qui le persécutent, dit sur CNN l'ex-président, ou alors on s'humilie à la face du monde entier et on contrevient au pricipe de protection qui est la base de l'asile".  

Mais au fond, El Espectador, en Colombie, en vient à se demander si Julian Assange ne serait pas finalement une "victime colatérale de la guerre larvée que se livrent l'ancien et l'actuel présidents de l'Equateur". Correa affirme que Lénin Moreno a agi "par vengeance" envers lui, en livrant le lanceur d'alerte aux Américains. Moreno, nous rappelle El Espectador, a tenté en décembre dernier, de lancer Interpol aux trousses de son prédecesseur, l'accusant de corruption, mais l'agence policière internationale n'a pas donné suite. 

Pour tenter de justifier, enfin la décision du président équadorien de priver Assange de son asile, El Telegrapho de Quito cite le ministre des affaires étrangères selon qui Lénin Moreno ignorait que les Etats-Unis avaient formulé une demande d'extradition contre Julian Assange. Désormais les intentions américaines semblent claires, mais ça n'a pas empêché les autorités d'Equateur cette nuit, on l'apprend en lisant El Pais America, d'arrêter et de placer en détention Ola Bini : ce suédois, spécialisé dans le piratage informatique pour Wikileaks, est accusé comme Assange d'avoir conspiré pour affaiblir le gouvernement de Quito.

Un petit caillou de la taille de la Lune, tout de même) dans la chaussure de Benyamin Netanyahou.  

Ca devait être la semaine de tous les succès, pour le Premier ministre israélien après que la législative de mardi l'a mis en orbite pour un cinquième mandat. Pour récolter la cerise sur le gateau, il était hier après-midi dans la salle de contrôle de la société Space IL, celle-là même qui a lancé le premier module lunaire israélien et devait le poser hier soir sur le sol de notre satellite naturel. 

Tout avait bien commencé pour une belle opération de communication spatailo-politique qui allait mettre Israël sur un plan d'égalité avecles grandes puissances américaine, russe ou chinoise, dans la course aux étoiles.  Tout avait même très bien commencé, nous raconte The Times of Israël, avec ces photos parfaitement cadrées, prises par le robot en orbite lunaire : au premier plan on voyait l'appareil, avec en évidence un drapeau blanc, étoile de david bleue, portant ce message  : "La Nation d'Israël est vivante, un petit pays mais de grands rêves", avec en arrière-plan le sol de la Lune qui laissait présager un alunissage imminent. 

Sauf qu'à 11 kilomètres de l'arrivée, la salle de contrôle a perdu tout contact avec la petite sonde bibliquement baptisée Beresheet,  "Génèse" : après coup, le quotidien Haaretz nous explique qu'un moteur a cessé de fonctionner en pleine descente, et finalement Beresheet s'est écrasée sur le sol de la Lune, sous les yeux du Premier ministre et de la Nation toute entière. 

Mais, rassurez-vous, il en fallait plus pour assombrir la bonne humeur de Benyamin Netanyahou, qui a vite repris le dessus avec ces mots:  SON 4 très rapide, en entier!!  "Si vous n'y arrivez pas la premièr fois, vous essayez à nouveau". Et Bibi de promettre que d'ici trois ans un autre engin spatial israélien ira sur la Lune, et que cette fois il s'y posera en un seul morceau. Sur ce Benyamin Netanyahou est reparti à ses bureaux, pour peaufiner la coalition qui va lui permettre de rester au pouvoir pour quatre années de plus. Et là iaucun pépin technique ni juridique ne devrait se mettre en travers de sa route. Haaretz nous confirme ce matin que quasiment toutes les formations politiques de droite et d'extrême-droite israéliennes soutiennent son maintien au poste de Premier ministre. (

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