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Manifestation pour les droits des chibanis à Toulouse en 2011

L'Algérie fête ses footballeurs... et ses chibanis victorieux

6 min
À retrouver dans l'émission

La presse algérienne salue les succès de l'équipe nationale de foot à la CAN, mais salue aussi la victoire des chibanis, ouvriers émigrés en France qui peuvent enfin faire valoir chez eux leur droit à la retraite et à la Sécu française. Retour sur le massacre du 3 juin au Soudan avec la BBC.

Manifestation pour les droits des chibanis à Toulouse en 2011
Manifestation pour les droits des chibanis à Toulouse en 2011 Crédits : XAVIER DE FENOYL - Maxppp

La presse algérienne célèbre deux victoires ce matin.

Il y a la plus évidente, celle qui prend le plus de place : celle de l'équipe nationale de football, qualifiée hier pour les demi-finales de la Coupe d'Afrique des Nations, en battant la Côte d'Ivoire aux tirs au buts. Jeudi soir, dans les rues des villes algériennes, les cris de joie footballistiques ont remplacé pour un temps les slogans révolutionnaires auxquels le pays nous a habitués depuis le mois de mars.

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Pour Omar Kharoum d'El Watan, c'est l'une des grandes forces populaires du foot, de transcender toute une nation pour semer un peu de joie dans ce pays troublé. Abdelaziz Bouteflika a été chassé du pouvoir, écrit l'éditorialiste, mais l'Algérie reste en proie au "marasme, nourri par les incertitudes du lendemain. Et voilà que le football s'installe et capte toutes les attentions". Le pouvoir politico-militaire en joue, bien entendu, en disséminant des écrans géants sur les places des grandes villes du pays... ou en proposant des charters à ses concitoyens pour aller soutenir leur équipe en Egypte. Mais à croire Omar Kharoum, les Algériens ne sont pas dupes, et ne considèrent plus le football comme la carotte qui fait se mouvoir l'attelage". 

Caricature d'Ali Dilem dans Liberté-Algérie
Caricature d'Ali Dilem dans Liberté-Algérie Crédits : Ali Dilem

Alors, le programme national, selon El Watan, c'est "foot le jeudi, et Hirak le vendredi" : retour aujourd'hui aux manifestations "pour une Algérie nouvelle, libre, civile et démocratique". Voilà au moins un pays qui ne manque pas de buts.  

Mais alors quelle est l'autre victoire qui occupe les journaux d'Alger ?   

Celle-ci vient de l'autre côté de la Méditerranée, de France, et c'est celle qu'on enfin conquise les quelques 750 000 chibanis. Pour le rappel du dossier, on pourra compter que le site d'info Algérie-Part : les chibanis, surnoms affectueux qui veut dire "cheveux blancs", ce sont ces anciens ouvriers immigrés aujourd'hui retraités peuvent, depuis le 1er Juillet et quel que soit le pays dans lequel ils résident, bénéficier des droits àal retraite et à la sécurité sociale, pour lesquels ils ont cotisé toute leur carrière . 

Un autre journal en ligne, Algérie Focus, confirme l'importance de cette lutte sociale qui aura duré 7 ans : car beaucoup de ces vieux messieurs, après avoir construit toute leur vie des voitures, bâti des immeubles ou fait rouler des trains à la SNCF, espéraient à leur retraite pouvoir finir leurs jours chez eux, au pays. 

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Il peuvent désormais le faire sans perdre leurs droits sociaux acquis en France, se félicite aussi L'Economiste au Maroc, pays d'origine également de dizaines de milliers de chibanis. Ces derniers sont "enfin libre", s'emporte le quotidien de Casablanca : libres de vivre où ils le souhaitent, avec les mêmes droits que n'importe quel retraité français.

Nous quittons le Maghreb pour le Soudan, avec un éclairage nouveau porté par la BBC sur le massacre du 3 juin dernier à Khartoum. 

Ce que l'on en avait retenu, à l'époque, c'est que des groupes paramilitaires FSR, composés pour parti d'anciens miliciens janjawids qui avaient semé la terreur et la mort au Darfour en 2003, avaient ce 3 juin repris du service dans les rues du centre de Khartoum pour disperser dans le sang les campements de la révolution civile en cours depuis le mois de décembre. 

A l'époque, bien peu de témoignages,  bien peu d'images nous étaient parvenus pour prendre la mesure de ces attaques : internet avait été coupé, aucune caméra de journaliste n'était sur place... mais des centaines de témoins ont filmé ce qu'ils ont vécu, avec leurs téléphones portables. Et c'est cette matière-là, près de 300 vidéos amateurs, qu'a rassemblé la BBC Afrique.

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Elle nous livre ce matin, sous la forme d'un documentaire de 17 minutes, un document aussi glaçant dans ce qu'il montre que novateur dans sa forme : les auteurs resituent très précisément toutes les vidéos qu'ils montrent sur une carte des lieux ; ils positionnent chaque preneur d'image, et l'on passe ainsi de l'un à l'autre, pour avoir un point de vue multiple et finalement quasi-omniscient sur les évènements. 

Il y a là une vérité qui n'avait pas été montrée, qui surgit sous tous ses angles, et c'est d'autant plus saisissant que c'est la vérité d'un massacre, que certains des manifestants que l'on voit sur ces images, certains même de ceux qui les ont tournés, ont été tués ce jour-là. On est au plus près, avec eux, ça renforce forcément le sentiment d'immersion dans l'évènement et de très forte subjectivité. 

C'est enfin une réflexion  sur la manière de faire de l'information sans journaliste sur place, mais tout de même avec une grosse équipe de journalistes, recherchistes et vidéastes de la BBC pour faire "parler ensemble" toutes ces images amateurs. 

La photo du jour en Allemagne c'est celle d'une chancelière... assise.  

Angela Merkel ce jeudi a dérogé pour la première fois au protocole, note l'Handelsblatt : elle accueillait la nouvelle Première ministre danoise, Mette Fredericksen, et les deux dirigeantes ont écouté les hymnes nationaux assises sur deux chaises blanches qui avaitné été installée là, sur le tapis rouge, par les collaborateurs de la chancelière. 

C'est donc ainsi, note le quotidien économique allemand, qu'Angela Merkel a décidé de poursuivre son mandat à la tête du pays en tentant d'éviter que ne se reproduisent ces impressionnantes crises de tremblements (trois déjà en trois semaines) qui s'emparent d'elle quand elle doit rester debout sans bouger pendant une longue période. 

"Je vais bien, rassurez-vous ! Je suis comme n'importe quel humain, je prends soin de ma santé": voilà ce qu'elle a répondu aux journalistes de Die Welt qui n'ont pas manqué de l'interroger, après cette séance de chaises musicales. Mais forcéemnt, plus on essaye de rassurer, pluson inquiète, et Die Welt se demande avec tous les Allemands, "à quelle point notre dirigeante est-elle malade ? Nos partenaires européens, et les hommes forts de la planète, les Poutine et Trump, ont eux aussi vu ces preuves de faiblesses" montrées par Angela Merkel.

Mais n'en déplaise à la chancelière, "son état de santé est devenu un sujet politique", analyse le premier quotidien régional d'Allemagne, la Westdeutsche Allgemeine Zeitung, quand sa collègue du sud la Süddeutsche Zeitung se risque à diagnostiquer les signes d'un "surmenage physique" chez Angela Merkel mais conclut qu'arrivé à ce stade, "il n'y a qu'un bulletin de santé complet qui pourra dissiper le trouble".

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