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Des talibans photographiés à Hérat en Afghanistan le 13 août 2021.

Face à l'avancée des talibans en Afghanistan, la presse américaine hantée par le souvenir de la défaite au Vietnam

6 min
À retrouver dans l'émission

Ces dernières heures, les insurgés se sont emparés des grandes villes de Lashkar Gah, Hérat et Kandahar.

Des talibans photographiés à Hérat en Afghanistan le 13 août 2021.
Des talibans photographiés à Hérat en Afghanistan le 13 août 2021. Crédits : AFP

Pour le Washington Post, du chaos à Kaboul parviennent les échos de la chute de Saïgon (désormais Hô Chi Minh-Ville). D'une déroute à l'autre la comparaison s'impose dans un éditorial du journal ce matin. Le traumatisme de l'évacuation du Vietnam remonte à la mémoire du quotidien de la capitale américaine et c'est précisément ce que Joe Biden voulait éviter. Mais avec le retrait des troupes américaines d'Afghanistan qu'il souhaitait ordonné et planifié, le président américain a finalement laissé le champ libre à une offensive générale des talibans. 

Ce matin, la presse américaine interroge la tournure que prend la fin de la plus longue guerre menée par les États-Unis, vingt ans d'occupation militaire de l'Afghanistan. "Le dernier rebondissement approche" estime le Washington Post. Le quotidien illustre son article d'une photographie des vitres de l'ambassade américaine à Kaboul, dans lesquelles se reflète le drapeau des États-Unis, et un hélicoptère dans le ciel afghan. L'image en évoque une autre. Celle des civils vietnamiens évacués en hélicoptère, depuis le le toit d'un hôtel de Saïgon en 1975. Restée dans l'histoire comme le symbole de la défaite au Vietnam. Le Washington Post prévient  : "L'administration Biden s'est engagée à aider les Afghans qui ont travaillé avec les forces américaines à partir. Mais au milieu du chaos, ce sont des promesses difficiles à tenir."

Les grands quotidiens américains jugent sévèrement les choix de Joe Biden

Joe Biden essuie peut-être les critiques les plus sérieuses depuis le début de son mandat. Dans les pages du New York Times on peut lire une tribune intitulée : "Biden aurait pu arrêter les talibans. Il a choisi de ne pas le faire." Dans un autre article, le Times fait lui aussi la comparaison avec Saïgon et nous apprend que "Les États-Unis demandent aux talibans d'épargner l'ambassade" lors de l'inévitable siège de Kaboul. Le journal dit avoir obtenu auprès de trois hauts responsables américains une information selon laquelle des négociateurs essaye d'obtenir l'assurance que les insurgés n'attaqueront pas le bâtiment.   

Le Wall Street Journal parle de "la débâcle en Afghanistan". Biden et Trump en partagent la responsabilité peut-on lire dans cet éditorial très dur avec le président américain. Le Wall Street Journal cite l'ancien dirigeant de la CIA et secrétaire à la Défense de Bush fils comme d'Obama Robert Gates selon qui tout au long de sa carrière, Joe Biden a toujours pris les mauvaises décisions en terme de politique étrangère. "Le monde en a un nouvel exemple", écrit le quotidien alors que le retrait d'Afghanistan "se transforme en une défaite stratégique et une débâcle morale". "Des fuites indiquent que l'administration Biden est surprise par l'assaut des talibans. Surprise ?", s'étonne le Wall Street Journal, pourtant "l'armée a mis en garde le président, tout comme les services de renseignement", et "les talibans ont commencé cette offensive le 1er mai dernier".  Le Washington Post enfonce le clou dans un autre papier : "Les vies afghanes perdues feront partie de l'héritage de Biden". Le Wall Street Journal conclut : "Comme au Vietnam, l'abandon de nos alliés aura un coût. [...] Lorsque les voyous sentent qu'une superpuissance n'a pas la volonté de soutenir ses amis, ils cherchent d'autres moyens d'en profiter."  Si le fantôme du Vietnam hante ce matin la presse américaine, il doit faire un peu de place au spectre de l'expansion chinoise.

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La Chine et les États-Unis s'affrontent à propos de l'origine du Covid-19

Dans un dessin, une caricature, le Global Times, le journal du Parti Communiste Chinois en anglais montre un Joe Biden assis derrière son bureau ordonner à trois agents secrets "Trouvez-moi des preuves de l'origine du Covid dans le laboratoire de Wuhan comme vous avez trouvé les preuves de la présence d'armes de destruction massives dans l'Irak de Saddam Hussein". Le Global Times est en réalité sur la défensive. Hier l'Organisation mondiale de la Santé a demandé à la Chine de bien vouloir publier "toutes les données" dont elle dispose sur l'origine du virus. Le chef de la délégation de scientifiques internationaux envoyés en Chine par l'OMS considère que la fuite du virus d'un laboratoire à Wuhan fait partie des hypothèses "probables" comme le rapporte le Washington Post et le Wall Street Journal

Le Global Times réplique sur son site où apparait une frise chronologique, qui fait remonter les premières traces du covid-19 à mars 2019, dans des eaux usées en Espagne. Le journal donne la parole à une série d'interlocuteurs, scientifiques comme simples utilisateurs de Twitter dont les témoignages vont tous dans le même sens. Des cas de covid seraient apparus en Europe et aux États-Unis au cours de l'année 2019, avant le séquençage du virus à Wuhan. Pour le Global Times la recherche des origines du covid a été entravée par la pression politique des États-Unis.  

Le quotidien japonais Nikkei Asia raconte dans ses colonnes : "La lutte entre les États-Unis et la Chine sur l'origine du covid s'intensifie sur fond de fausses nouvelles." Le journal nippon relève que les médias d'État chinois ont largement diffusé les propos d'un scientifique suisse nommé Wilson Edwards, selon qui l'enquête de l'Organisation mondiale de la santé sur l'origine du virus est un "outil politique" contre la Chine.  Un scientifique qui se dit lui même soumis à "une énorme pression" et à des "intimidations" de la part des États-Unis. Sauf que, souligne Nikkei Asia, selon l'ambassade de Suisse à Pékin ce "Wilson Edwards" n'existe pas. Du moins, en tous cas, il n'est pas suisse.

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