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Des Indiens pensent que la bouse de vache peut les protéger du Covid-19, Inde le 09/05/21

En Inde, trafics en tous genres autour des vaches sacrées

5 min
À retrouver dans l'émission

Face au manque de moyens médicaux pour freiner la 2ème vague pandémique, certains Indiens se laissent convaincre par des médecines parallèles, entre désinformation et charlatanisme. Enquête sur le trafic de vaches sacrées. En Colombie, les voix des oubliés se font entendre dans les manifestations.

Des Indiens pensent que la bouse de vache peut les protéger du Covid-19, Inde le 09/05/21
Des Indiens pensent que la bouse de vache peut les protéger du Covid-19, Inde le 09/05/21 Crédits : www.scmp.com (capture d'écran)

On en parle un peu moins dans l’actualité internationale de ces derniers jours, mais l’Inde se débat toujours face à une deuxième vague particulièrement violente de contaminations au Covid-19.

Plus de 4000 morts par jour : cela fait des semaines que ça dure et le pic ne passe pas, les villes les plus peuplées comme Delhi, mais aussi Calcutta, sont débordées par le nombre de cas graves. Et faute d‘avoir suffisamment de lits d’hôpitaux, de bouteilles d’oxygène et de vaccins pour tout le monde, certains Indiens s’en remettent à des solutions, disons, alternatives. Ce qui donne lieu à un genre nouveau de séances de médecine parallèle, ici montrées dans ce reportage vidéo du South China Morning Post :

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Un homme nous y explique donc qu’il s’enduit le corps d’un mélange de lait, de beurre clarifié et surtout de bouse et d’urine de vache, parce que ces excréments, nous explique-t-il, sont très riche en vitamine B12 qui pénètre sous la peau quand le mélange est étalé sur tout le corps et laissé suffisamment longtemps pour y sécher. Voilà comment il se protège, nous assure-t-il, d’une contamination au Covid, lui qui est exposé chaque jour à des malades dans son travail.

Ces pratiques ont pris une telle importance en Inde que les autorités sanitaires ont jugé nécessaire d’alerter sur leur absence d’efficacité voire même sur le fait qu’elles renforcent, à l’inverse, la circulation du coronavirus, puisque ceux qui y ont recours se croient protégés et ne respectent plus aucun geste barrière, complète le quotidien The Deccan Herald

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On est là face à une combinaison de désinformation sur les réseaux, de charlatanisme qui exploite certaines croyances ancestrales, et surtout de grande confusion de millions d’Indiens confrontés à la menace de la pandémie sans grand-chose d’autre que des queues de vaches sacrées auxquelles se raccrocher.

Et même les vaches ne sont plus si sacrées que ça pour certains en Inde… Sujet exploré dans l’enquête très fournie menée par le magazine The Caravan, qui y consacre la Une de son édition du mois de mai. Enquête sur les trafics de vaches à travers toute l’Inde, des animaux volés en pleine rue ou en plein champ pour être acheminés vers des régions du pays où l’on est moins regardant sur le caractère sacré des bovins et sur le bien-être animal de manière plus général. 

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Le trafic de vaches, et in fine de leur viande, est une véritable mafia qui génère des quantités énormes d’argent sale… le mensuel en veut pour preuve cette anecdote racontée il y a quelques semaines par le Times of India : des agents de la répression des fraudes étaient venus perquisitionner les bureaux d’une entreprise de Calcutta soupçonnée de dissimuler du trafic de viande, et les voisins de l’immeuble avaient été surpris de voir, dans la rue à l’arrière du bâtiment, une pluie de billets de banque qui a duré plusieurs minutes, le temps pour un employé de faire disparaître le butin… en le jetant par la fenêtre.

Au-delà de l’anecdote, les articles de The Caravan nous plongent dans l’univers du crime organisé indien et pointe les hypocrisies du pouvoir nationaliste hindou de Narendra Modi qui se dit très à cheval sur les principes religieux et la protection des vaches mais laisse proliférer ce trafic particulièrement lucratif. Il ne manque plus que ces trafiquants se mettent à commercialiser de la bouse de vache à prix d’or dans de beaux emballages pharmaceutiques garantis anti-Covid-19, et la boucle sera bouclée. 

En Colombie, la mobilisation sociale et politique contre le président Ivan Duque entre dans sa troisième semaine et se réinvente sans cesse.

... A moins que ce ne soit notre regard qui ait changé sur ce mouvement de grève générale et ces mobilisations populaires "comme la Colombie n’en avait pas connu depuis des décennies", d’après la présentation qu’en fait la Deutsche Welle allemande. Au départ, on l’avait d’ailleurs évoqué ici, c’est une augmentation des impôts en plein crise sociale du Covid qui avait mis le feu au poudres contre le gouvernement de droite d’Ivan Duque. Puis c’était la dénonciation des violences policières qui avait tenu le haut du pavé.

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Et à présent, à lire ces portraits de manifestants sur le site de la BBC, on sent bien que c’est la question raciale qui revient de plus en plus, avec des revendications des communautés indigènes de Colombie qui demandent à être enfin entendues, qui dénoncent le peu de considération et de droits qui leur est accordé par les autorités, qui font le compte aussi et surtout des dizaines de leaders de leurs communautés qui ont été assassinés depuis le début de la présidence Duque sous couvert de lutte armée contre les soi-disants dernières poches de guerilla des Farcs.

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L’édition sud-américaine d’El Pais confirme : avec cette vague de protestation sociale, "la blessure profonde et jamais soignée du racialisme et du classisme dans la société colombienne s’est rouverte", et ceux qui en souffrent être réduits au silence. En face, dans la région de Cali notamment, cela crée des affrontements avec des groupes d’auto-défense qui n’hésitent pas à charger les manifestants quand ceux-ci s’approchent trop des quartiers où vit la classe dirigeante — et donc blanche. 

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"Les racines de ce mal remontent à la colonisation", professe un historien toujours dans les colonnes d’El Pais America… et dans celles du quotidien colombien El Expectador, on note aussi la présence de plus en plus tonitruante dans les cortèges de manifestants afro-descendants ou féministes. La colère qui s’exprime depuis trois semaine est celle des exclus, des oubliés de la Colombie d’Ivan Duque (et d'Alvaro Uribe avant lui). Et attention à ceux qui espèrent les opposer ou les diviser, nous dit le quotidien : car bien souvent, ce sont les mêmes personnes qui subissent en même temps tous ces stigmates de genre, de race et de classe.

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