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Imran Khan, Premier ministre du Pakistan, Islamabad le 17/02/20

Menaces sur les libertés de la presse et de l'opposition au Pakistan

5 min
À retrouver dans l'émission

Fragilisé par plusieurs crises et un bilan économique décevant, le Premier ministre pakistanais Imran Khan est accusé par des médias et par l'opposition unie de s'allier avec les militaires pour faire taire les voix dissidentes. Qu'est devenue la fortune suisse du clan tunisien Ben Ali/Trabelsi ?

Imran Khan, Premier ministre du Pakistan, Islamabad le 17/02/20
Imran Khan, Premier ministre du Pakistan, Islamabad le 17/02/20 Crédits : Aamir Qureshi - AFP

Des signaux préoccupants pour la liberté de la presse au Pakistan.

Plusieurs articles dans la presse internationale font état d’un durcissement du climat politique et médiatique à Islamabad à commencer par celui que signe le journaliste pakistanais Waleed Tariq dans la revue Nikkei Asia. Il y décrit un nouveau serrage de vis infligé par le gouvernement d’Imran Khan pour le compte des puissants chefs militaires, aux journaux du Pakistan pour les "mettre au pas"

Plusieurs médias se plaignent, dans l’article de Waleed Tariq, de subir des pressions éditoriales avec la menace de perdre des gros contrats publicitaires de la part de sociétés proches du gouvernement. Et la menace est d’autant plus pressante, que ces médias sont déjà mis à mal dans leur survie financière par la réforme des aides publiques à la presse engagée par Imran Khan depuis son arrivée au pouvoir en 2018 : sous couvert de réduction de la dépendance de ces journaux aux aides publiques, on a asséché leurs subsides et les a jetés dans les bras des annonceurs privés, ce qui a forcé les patrons de presse à miser sur une information non-clivante et de basse qualité pour attirer les contrats publicitaires à tout prix. 

Ce double piège est en train de se refermer sur la presse pakistanaise, nous dit en substance l’article de la Nikkei Asian Review… Et cela arrive, complète The Financial Times, à un moment où l’actualité politique au Pakistan est marquée par une tentative de l’opposition à Imran Khan de s’unir contre lui. Les héritiers des différentes dynasties politiques pakistanaises se sont affichés ensemble, fin décembre, autour de la tombe de l’ancien Première ministre assassinée, Benazir Bhutto. 

Pas moins de dix partis d’opposition se sont ligués au sein d’un nouveau Mouvement démocratique, pour contester justement le pouvoir du Premier ministre actuel dont le bilan économique est jugé décevant par beaucoup de Pakistanais (avec une forte inflation sur les matières premières alimentaires), et qui (sans même parler des dégâts du Covid-19), n’a pas non plus convaincu dans sa gestion de la dernière crise en date, l’exécution par Daech de onze mineurs de la minorité Hazara. 

Imran Khan, l’ancien champion de cricket devenu chef du gouvernement, se sait fragilisé, et cela n’est sans doute pas sans lien avec le fait qu’il essaye de faire taire les voix dissidentes, estime pour sa part l’ONG Human Rights Watch, qui confirme les inquiétudes de Waleed Tariq sur la liberté de la presse. 

Ajoutez à cela l’alerte lancée par Reporters Sans Frontières, pour dénoncer les "campagnes de haine en ligne" très virulentes, dont sont victimes en ce moment les journalistes des rédactions en langue ourdou des médias britanniques The Independent et la BBC, accusés par des groupes nationalistes de ne pas être assez "patriotes" dans leur couverture de l’actualité pakistanaise. Toujours selon RSF, pas de doute : les trolls informatiques qui s’acharnent en menace contre les journalistes sont bel et bien pilotés par l’état-major militaire du Pakistan.

Nous évoquions jeudi matin avec les invités des Matins les 10 ans de la Révolution tunisienne ; la presse choisit aujourd'hui d’évoquer un de ses aspects financiers.

Avec cette question : qu’est devenu l’argent du clan Ben Ali/Trabelsi, accusé d’avoir détourné des milliards d’euros en bien mal acquis pendant son règne de 23 ans qui s’est donc, brusquement achevé le 14 janvier 2011 ? 

Eh bien ce vendredi, le quotidien suisse Le Temps nous apprend qu’une partie de cette fortune se trouve toujours dans des coffres-forts de banques helvétiques où elle avait été gelée au moment de la Révolution. Mais dix ans plus tard, le dégel s’annonce : les quelques 300 millions d’euros en question risquent bien de se retrouver à nouveau, mardi prochain à minuit, dans les poches de Leila Trabelsi, la veuve du dictateur, en exil en Arabie Saoudite. 

La Suisse estime que la Tunisie aurait dû trouver un moyen de prouver que l'argent avait été détourné des caisses de l’Etat et devait y revenir. Mais les Tunisiens, maintes fois relancés par Berne, n’ont pas suffisamment coopéré selon les autorités fédérales suisses. A Tunis, on rejette la faute sur les Helvètes et leur manque de transparence bancaire qui a compliqué l’identification des biens mal acquis. 

L’auteur de l’article du Temps, Mathieu Galtier, signe également un article sur cette "ruée sur les fonds Ben Ali en Suisse" dans la revue Jeune Afriq où il nous rappelle que sur les 13 milliards de dollars qui auraient été détournés par le clan Ben Ali/Trabelsi, la Tunisie n’a récupéré pour l’heure, que 783 millions de dollars.

Aux Etats-Unis, les administrations règlent leurs comptes contre la famille Trump à 5 jours de départ de la Maison-Blanche.

Ça tire dans les (petits) coins, avec des révélations tous azimuts dans la presse, sur ce que l’entourage du président faisait subir à ceux qui étaient censés les servir, voire les protéger. En l’occurrence The Washington Post nous dévoile comment Ivanka Trump et son mari Jared Kushner (qui est aussi conseiller spécial du président) ont pendant quatre ans fait vivre un calvaire aux agents des services secrets chargés d’assurer leur protection rapprochée à leur domicile de Washington : ils leur ont interdit catégoriquement d’utiliser la demi-douzaine de cabinets de toilettes que compte leur luxueuse maison de près de 500 mètres carrés. 

Pour se soulager, donc, pendant leurs longues journée de service, les gardes du corps ont donc dû (c’est, je le rappelle, le très sérieux Washington Post qui le raconte), avoir recours à des pots de chambre, voire même, aller sonner chez les voisins pour demander à utiliser leurs toilettes (sauf que dans ce quartier ultra-sélect et sécurisé, les voisins étaient la famille Obama ou encore, un certain Joe Biden). 

Finalement, les services secrets ont décidé de louer un studio chez un autre voisin, pour que les agents puissent avoir leur petit coin à eux. Coût de l’opération, au moins 100 000 dollars, soit un peu plus de 80 000 euros à la charge, bien sûr, du contribuable américain.

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