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Devant le Congrès, le Dr Rick Bright a éreinté l'administration Trump pour sa gestion de la pandémie

Covid-19 : critiques du pouvoir aux Etats-Unis, répression en Europe

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Tandis qu'un haut fonctionnaire dénonce les errements de son administration aux Etats-Unis, en Hongrie, les lois d'exception permettent au Premier ministre de museler toute critique.

Devant le Congrès, le Dr Rick Bright a éreinté l'administration Trump pour sa gestion de la pandémie
Devant le Congrès, le Dr Rick Bright a éreinté l'administration Trump pour sa gestion de la pandémie Crédits : Greg Nash - Maxppp

A Washington, l'audition hier du docteur Richard Bright devant le Congrès fait aujourd'hui grand bruit dans la presse américaine. Le Dr Bright c'est l'ancien patron de l'Autorité de recherche biomédicales avancée, dépendant du ministère de la santé américain... il avait été démis de ses fonctions en avril après avoir donné publiquement son avis quant à l'emploi de l'hydroxychloroquine pour combattre l'épidémie - un avis plutôt défavorable -  et ce alors que Donald Trump faisait, au contraire, la promotion de ce médicament antipaludique... 

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Et dans son audition d'hier le Dr Bright n"y est pas allé avec le dos de la cuillère vis à vis de l'administration Trump... les Etats Unis pourraient être en train de se retrouver "face à leur plus sombre hiver" a prévenu le médecin, rapporte la BBC; surtout si la planification de la lutte contre la maladie demeure aussi pauvre..."des vies ont été perdues" titre pour sa part le New York Times, citant le témoignage du Dr Bright... des vies perdues parce que l'administration Trump n'a pas fait ce qu'il fallait en temps et en heure... Dès le mois de janvier le chef de l'autorité avait alerté sur le manque de matériels, notamment de masques... et l'administration n'a pas bougé. "L'audition du Dr Bright est la première du genre où un haut fonctionnaire accuse l'administration de mettre en danger des vies américaines en ayant sabordé la politique de lutte contre la maladie", note le quotidien New Yorkais.

Bien sûr, l'administration Trump a immédiatement réagi à ces propos... la chaîne Fox News, la préférée du président Trump donnait ainsi la parole au conseiller au commerce de la Maison Blanche, Peter Navarro pour qui les propos du Dr Bright sont à prendre pour ce qu'ils sont : ceux d'un "employé mécontent" parce qu'éconduit... Pour Peter Navarro, le Dr Bright n'est en fait - je cite - qu'"un déserteur dans cette guerre contre le virus chinois"..Le Covid-19 n'est plus en effet, dans les termes de l'administration Trump qu'un "virus chinois". 

Sur le continent européen, c'est en Hongrie qu'on commence à apprécier les lois d'exception passées fin avril, soi-disant pour lutter contre l'épidémie. Un cadre législatif qui donne en fait quasiment les pleins pouvoirs au Premier ministre Viktor Orbán et qui promettait aussi de lutter ardemment contre les fake news, contre-vérités et autres "commentaires alarmistes". Et comme il fallait s'y attendre ce sont les opposants qui font les frais de ce nouvel arsenal répressif. "Les voix critiques sont réduites au silence et plusieurs interpellation ou arrestations ont été conduites pour des propos critiques du régime sur les réseaux sociaux", écrit le site Euronews, qui précise que la police hongroise a annoncé elle-même l'interpellation de 16 personnes et des enquêtes en visant 87 autres pour "publication de fausses nouvelles".

Hongrie : l'édition européenne de POLITICO dénonce comme liberticides les nouvelles lois mises en oeuvre par Viktor Orban.
Hongrie : l'édition européenne de POLITICO dénonce comme liberticides les nouvelles lois mises en oeuvre par Viktor Orban.

En fait de fausses nouvelles il semble essentiellement s'agir de propos critiques... Andras Kuzinsky par exemple, a été arrêté à son domicile, son téléphone et son ordinateur ont été saisis par la police, après qu'il a posté sur Facebook quelque commentaire critique quant au dé-confinement. Il a été relâché depuis, mais la police a tout de même diffusé sur Youtube la vidéo de son arrestation remarque l'édition Europe du magazine en ligne Politico. Ce type de pratique participe du climat d'intimidation dans un pays où, poursuit le magazine , "nombreux sont ceux - particulièrement en dehors de la capitale - qui ont déjà peur d'énoncer en public leurs simples opinions".

La Commission européenne n'a pas entamé de procédure en infraction contre la Hongrie pour ses nouvelles lois d'exception mais le Commissaire européen à la Justice Didier Reynders confie à Politico que l'exécutif européen a bien "toute une série d'inquiétudes" s'agissant des dispositifs légaux récemment mis en oeuvre en Hongrie. Peut-être conscient d'avoir poussé un peu loin l'atteinte aux libertés publiques, le chef de cabinet de Viktor Orbán confiait toutefois hier à l'agence Reuters que toutes ces lois d'exception pourraient être tout simplement annulées d'ici la fin juin "si l'évolution de l'épidémie le permet", précisait-il. On notera que la Hongrie est l'un des pays d'Europe les moins touchés par la pandémie avec moins de 500 décès dus au Coronavirus... 

En Chine le chômage touche officiellement 6% des travailleurs... en ville. Ailleurs on se prépare au "désastre".
En Chine le chômage touche officiellement 6% des travailleurs... en ville. Ailleurs on se prépare au "désastre".

Enfin, en Asie, on s'inquiète des conséquences économiques de la crise sanitaire, en Chine notamment. Le Quotidien du Peuple, l'organe officiel du régime, titre sur le nouveau paquet de régulations économiques que le gouvernement prépare et qui est censé "alléger les souffrances"  économiques du peuple suite à la crise du Covid 19. Au programme: quelques dégrèvements fiscaux, et l'émission de bonds du Trésor pour chaque province.

Pas sûr néanmoins que ça permette au petit peuple de surmonter la crise. Notamment à lire les reportages qu'a consacré à celle-ci le South China Morning Post. Dans sa dernière livraison, le grand journal de Hong-Kong pointe la situation particulièrement délicate des plus pauvres en Chine continentale ; travailleurs migrants, saisonniers ou même employés dans l'industrie... ils sont des dizaines de millions à se retrouver sans emploi - et sans ressources aucune - sans qu'on puisse apprécier effectivement le taux de chômage du pays ; officiellement il oscille autour des 6% mais cela ne prend en compte que la situation des 31 principaux centre urbains... les autres zones urbaines, péri urbaines ou rurales souffrent probablement bien davantage, écrit le journal.

Et la situation ne semble pas en voie de s'arranger : le principal responsable de cette crise économique étant la chute drastique des exportations chinoises depuis le début de l'épidémie. Celles-ci ont chuté de 17% en janvier-février par rapport à l'an dernier, note encore le quotidien, de 6% en mars et, comme le dit une analyste consultée par le journal "les pertes d'emploi dans le secteur manufacturier voué à l'exportation sont bien susceptibles de s'aggraver" dans les mois à venir. Pour renverser la vapeur il faudrait sans doute que la guerre commerciale avec les Etats-Unis s’apaise et surtout que la demande mondiale pour les produits chinois reparte... Manifestement, on n'en est pas encore là. 

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