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Des activistes demandent 'Liberté, justice et réparation pour Evelyn Hernandez, à nouveau jugée au Salvador pour le décès de son bébé, mort-né

Au Salvador, une jeune femme à nouveau jugée pour homicide après avoir perdu son bébé

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Evelyn Hernández sera à nouveau face aux juges aujourd'hui nous rapporte La Prensa depuis le Honduras. La jeune femme de 21 ans est accusée d'homicide aggravé après le décès de son bébé. L'autopsie a pourtant montré qu'il était mort né.

Des activistes demandent 'Liberté, justice et réparation pour Evelyn Hernandez, à nouveau jugée au Salvador pour le décès de son bébé, mort-né
Des activistes demandent 'Liberté, justice et réparation pour Evelyn Hernandez, à nouveau jugée au Salvador pour le décès de son bébé, mort-né Crédits : Rodrigo Sura/EFE/Newscom - Maxppp

Dans ce petit pays d'Amérique centrale, la législation contre l'avortement est l'une des plus drastiques au monde. C'est le deuxième procès pour la jeune femme, déjà condamnée en juillet 2017 à trente ans de prison. La décision a été annulée en février par la cour suprême. 

Mais les chefs d'accusation sont quasiment identiques : Evelyn n'est plus accusée d'homicide aggravé avec préméditation, mais d'homicide aggravé par négligence.

Pourquoi ? "Parce qu'au Salvador les femmes sont considérées comme des citoyens de seconde zone, et que les femmes pauvres et vulnérables comme Evelyn sont même des citoyennes de troisième classe. Elles n'ont aucun poids face au système judiciaire, quelques soient les preuves " explique dans les colonnes de La Prensa, Paula Avilla Guillen, membre du centre pour l'égalité des femmes à New York 

Le Salvador, pays de 6 millions d'habitants, profondément conservateur. Depuis 1998, l'avortement est illégal en toutes circonstances. Le code pénal prévoit une peine de deux à huit ans de prison pour les cas d'avortement, mais, dans les faits, les juges considèrent toute perte du bébé comme un homicide aggravé, puni de 30 à 50 ans de prison

Entre 2000 et 2014, précise le Daily Mail, 147 femmes on été reconnues coupables d'homicide ou de meurtre après une fausse couche ou la naissance d'un fœtus mort. Dans la plupart des cas, elles sont des survivantes de violences sexuelles et ne savaient pas qu'elles étaient enceintes. C'est le cas d'Evelyn Hernández, employée de maison qui voulait devenir infirmière. Elle est tombée enceinte après avoir été violée par les membres d'un gang.

Son nouveau procès est le premier du genre sous la présidence de Nayib Bukele, élu en juin. Il a soutenu le droit à l'avortement lorsque la vie d'une femme est en danger...Et s'est dit totalement contre la criminalisation des femmes qui font des fausses couches 

Le droit à l'avortement remis en question aux Etats Unis

En Alabama, en ce vendredi un groupe de femmes est rassemblée sous le porche d'une maison à un étage, juste à côté de l'unique clinique qui pratique les IVG à Montgomery. Le vendredi, c'est le jour des interventions. Toutes ces femmes sont arrivées avant le lever du soleil et patientent maintenant ensemble dans ce qu'on appelle une Power House, où s'est rendu le Guardian. C'est une maison d'hébergement, et bien plus que ça, écrit le journal britannique. Un lieu de sanctuaire, un refuge alors que les guerres autour de l'avortement en Amérique font rage à l'extérieur. Dehors les manifestants ont suivi. Ils accueillent les patientes avec des citations tirées de la Bible et essaient de convaincre les femmes mais surtout leurs mères, leurs cousins, leurs amis. leurs maris. 

Cette Power House a trouvé sa raison d'être en Alabama. L'Etat américain a promulgué en mai dernier la loi anti-IVG la plus restrictive du pays.  Seules exceptions autorisées : l’urgence vitale pour la mère ou une «anomalie létale» du fœtus. 

A l'intérieur de la maison, du café se prépare, quelqu'un a apporté des beignets. "C'est mieux que d'attendre dans la voiture" dit une jeune femme. Le matin un manifestant a frappé à la fenêtre de sa voiture. En disant au chauffeur qu'il pouvait empêcher le diable de rentrer dans sa vie en empêchant sa femme de se faire avorter.

Les femmes enceintes qui sont toujours victimes de discrimination en Europe

Un patron à son employé dans une entreprise informatique : "Je ne perds pas mon temps avec vous, si vous êtes enceinte, vous ne valez plus rien."   

Un autre, au cours d'une réunion : "les mères à temps partiel ne sont pas fiables."

Les expériences de 1 500 femmes qui ont répondu à l'appel à témoins de l'hebdomadaire allemand Die Zeit sur le monde du travail. Les femmes toujours moins bien payées, rétrogradées pendant la grossesse. Quels que soient les secteurs et les professions. Les femmes touchées travaillent dans des cabinets d'avocats et des entreprises de tourisme, dans l'artisanat ou l'automobile. Beaucoup sont très bien formées : professeurs, ingénieurs, ou médecins. Certaines sont encore en formation, d'autres travaillent depuis des années ou sont cadres.

Des témoignages sur un monde du travail qui a peu changé, même après le débat #MeToo : le sexisme semble être si courant dans certaines entreprises et industries que pratiquement personne n’est surpris. 

Un stéréotype battu en brèche dans la presse internationale

Celui de la femme qui d'une main, enlève la casserole, de l’autre, écrit un courrier électronique, en essayant d’empêcher l’enfant de se blesser. Pendant longtemps, écrit un journaliste d'El Mostrador au Chili, j'ai été un fervent défenseur du mythe des femmes multitâches.

Mais le mythe n'est pas fondé, selon une étude publiée par la revue américiane Plos One. 48 hommes et 48 femmes ont dû résoudre des tâches relativement simples mais différentes. Les chercheurs n'ont pu confirmer aucune différence entre les deux sexes. 

En réalité, nous sommes tous nuls en multitâche confirme Newsweek. En général, les gens ne sont pas doués pour faire plusieurs choses en même temps : c'est contraire à la programmation de notre cerveau. Mais on peut s'améliorer. Le fait de pouvoir cuisiner, de communiquer et de jouer avec un petit enfant en même temps est notamment le résultat d'un cortex frontal bien entraîné. Avec un peu de formation, tout le monde peut exécuter plusieurs tâches en même temps, homme ou femme. 

Des résultats qui correspondent aux études précédentes, affirme un chercheur de Hambourg au magazine américain., où les résultats montrent également que les différences entre les sexes sont généralement surestimées. 

Au passage, les hommes viennent de perdre quelques excuses confortables.

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