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Jimmy Laï à Hong Kong le 01/02/21

A Hong Kong, le dernier combat pour la démocratie de Jimmy Lai

5 min
À retrouver dans l'émission

Le milliardaire et patron de presse hong-kongais Jimmy Lai devrait être condamné ce vendredi pour avoir participé à des manifestations interdites du mouvement pro-démocratie. Les justices libanaise et suisse enquêtent sur le gouverneur de la Banque centrale du Liban, Riad Salamé et son frère Raja.

Jimmy Laï à Hong Kong le 01/02/21
Jimmy Laï à Hong Kong le 01/02/21 Crédits : STR - AFP

Une revue de presse très judiciaire ce vendredi... 

La justice qui réprime les pro-démocratie à Hong Kong, ou bien la justice qui éclaire les agissements de l'élite décriée au Liban : deux facettes contrastée, c'est vrai, avec la première qui nous emmène au tribunal hongkongais de West Kowloon, parmi la foule clairsemée de militants pour les droits humains, et de journalistes du quotidien Apple Daily dans l'attente du jugement de neuf prisonniers politiques, accusés d'avoir organisé des manifestations interdites par le pouvoir pro-chinois en août 2019 ou d'avoir tout simplement participé à ces marches qui, on s'en souvient, ont réuni pendant des mois des centaines de milliers d'Hong-Kongais.

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Si l'Apple Daily est aux premières loges de ce procès, et si d'ailleurs il ne se fait guère d'illusions sur la condamnation imminente des neuf prévenus, c'est d'abord parce que le journal a toujours, malgré la répression intense menée depuis Pékin, soutenu et relayé le mouvement pro-démocratie. C'est aussi et surtout parce que le plus en vue des co-accusés n'est autre que son propriétaire et directeur de la publication, le milliardaire Jimmy Lai qui, depuis des années, est l'un des plus influents acteurs de la lutte contre cette nuit des libertés, que la Chine est en train d'imposer à Hong Kong. 

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Une lutte au péril de ses intérêts, financiers et personnels : Jimmy Lai est en prison, en détention préventive depuis décembre, sous le coup de quatre procédures judiciaires simultanées. Les deux condamnations qui l'attendent ce vendredi ne devraient pas être les dernières, pour cet homme âgé de 72 ans dont nous avions déjà évoqué le nom ici-même en évoquant la situation à Hong-Kong, mais qui se révèle un peu plus aujourd'hui dans un documentaire vidéo que lui consacre la BBC. Son journaliste Danny Vincent a pu passer du temps avec lui, dresser son portrait qu'il a intitulé "Le dernier combat de Jimmy Lai", avec cette certitude que semble avoir l'homme lui-même, qu'il s'apprête à finir ses jours derrière des barreaux. "Je suis un rebelle-né", affirme le milliardaire qui ne semble pas craindre la prison... "Elle donne du sens à ma vie", explique-t-il encore, qui semble convaincu que c'est la vie à l'extérieur, dans le Hong Kong repris en main par Pékin, qui est en train de devenir une prison à ciel ouvert.

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On retrouve le même Jimmy Lai dans les colonnes du Guardian...  Le quotidien-phare de l'ancienne tutelle coloniale, qui se faisait l'écho mardi de cette lettre adressé par le patron de presse... Aux jeunes journalistes de sa rédaction. Depuis sa cellule, il les implorait de "garder la tête haute", tout en évitant de prendre des risques dans l''exercice de "ce métier dangereux qu'est devenu celui de journaliste" à Hong Kong.  

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Il ne croyait pas si bien dire : lundi, l'imprimerie de l'édition locale du quotidien américain The Epoch Times, l'un des rares à prendre encore des positions critiques du pouvoir central chinois, a été attaquée par quatre hommes armés de masses qui ont endommagé les rotatives. Le journal papier a pu être imprimé à nouveau ce vendredi, mais le site Hong Kong Free Press dénonce le fait que les autorités locales de Hong Kong n'ont pas eu le moindre mot de soutien au journal ou de condamnation de cette attaque, des autorités accusées d'encourager "un climat de suspicion" insidieuse et malsaine contre la presse et les journalistes à Hong Kong.  

Justice là encore mais au Liban, où les magistrats tentent de percer à jour les malversations d'une élite politique conspuée. 

... Et c'est l'un des hommes les plus puissants du pays qui se retrouve dans le collimateur des juges : le gouverneur de la banque centrale du Liban, Riad Salamé, on l'a appris cette semaine dans le Commerce du Levant, est au cœur d'une enquête préliminaire pour des transferts de fonds douteux, via des banques suisses, qui auraient bénéficié en particulier à une société possédée par son frère, Raja Salamé. 

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En fait, poursuit Le Temps, à Genève, l'alerte est venue de Suisse où des juges ont lancé en janvier une demande d'entraide à Beyrouth dans le cadre d'une enquête pour "blanchiment d'argent aggravé en lien avec de possible détournements au détriment de la Banque centrale du Liban". Sous couvert de contrats de courtage, de commissions financières, des centaines de millions d'euros auraient été virés, en Suisse, sur les comptes de sociétés liées à Raja et Riad Salamé. 

Ces derniers se défendent en expliquant que les fonds virés n'étaient pas des fonds publics appartenant à la Banque centrale mais des fonds privés qui transitaient sur ses comptes ; les enquêteurs apprécieront... En attendant, comme l'écrit Sébastien Ruche dans Le Temps, cette affaire au sommet du système financier libanais "déclenche la fureur" des habitants du pays au cèdre, eux qui endurent de plein fouet en ce moment les conséquences d'une profonde crise économique et monétaire, avec notamment une grave dévaluation de la livre libanaise, une inflation incontrôlée et un défaut sur la dette publique depuis mars de l'an dernier. 

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Même s'il faut respecter la présomption d'innocence, l'affaire des frères Salamé semble montrer comment le vieux système politique au pouvoir au Liban "s'est nourri sur la bête" pendant des décennies... jusqu'à ce que la bête soit à terre, et que certains Libanais aujourd'hui n'aient quasiment plus rien, eux, pour se nourrir.

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