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Des manifestations de colère ont eu lieu un peu partout dans le pays suite à l'annonce de Saad Hariri

La presse libanaise très en colère après la classe politique du pays

5 min
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Saad Hariri a renoncé à former un gouvernement au Liban. De quoi irriter la presse de son pays, qui flingue à tout va une classe politique accusée de laisser sombrer le Liban dans la crise.

Des manifestations de colère ont eu lieu un peu partout dans le pays suite à l'annonce de Saad Hariri
Des manifestations de colère ont eu lieu un peu partout dans le pays suite à l'annonce de Saad Hariri Crédits : AFP - AFP

Officiellement en raisons de désaccords avec le président libanais Michel Aoun, le Premier ministre Saad Hariri a jeté l'éponge hier. Il avait été désigné à nouveau il y a neuf mois, peu après l'explosion tragique de Beyrouth, dans l'espoir de former un gouvernement de coalition. Si cet échec était annoncé et attendu par la presse libanaise, cela n'empêche pas la majorité des journaux de tirer à boulets rouges ce matin sur la classe politique du pays. "9 mois pour rien" estime le journal L'Orient Le Jour, qui dénonce "l’attitude crasse et obscène dont fait preuve la classe politique à un moment où le pays s’effondre à une vitesse vertigineuse". Et de continuer :  "les responsables vont maintenant pouvoir s’adonner à leur sport favori : se concerter sur l’identité de la personne capable de former une équipe pour gérer la crise économique et sociale, mais surtout sans bousculer leurs acquis."

Colère populaire et effondrement de la livre

Le journal décrit par ailleurs les premières conséquences directes de l'annonce de Saad Hariri. Tout d'abord, l'effondrement de la livre libanaise. Avec un taux de change officiel de 1.507 livres pour un dollar, elle se vendait hier à 22 000 livres pour un dollar sur le marché parallèle, de quoi entraîner de fait une hausse générale des prix. Autre conséquence immédiate : les scènes de colère d'une partie de la population, avec des restaurants saccagés et des routes bloquées par des manifestants un peu partout dans le pays, parfois à l’aide de bennes à ordures et de pneus enflammés, conduisant même l’armée à intervenir pour dégager les routes près de la cité sportive de Beyrouth.

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Le journal Al Akhbar, réputé proche du Hezbollah, se projette lui dans les mois à venir, jusqu’aux prochaines législatives prévues au printemps 2022. Des élections dans le viseur de Saad Hariri, qui a d'ores et déjà lancé sa campagne hier selon le quotidien. Le journal An Nahar, plus gros tirage du pays, voit de son côté un Liban en danger, craignant une montée en flèche record des crises de l'électricité, du carburant et des médicaments. Et ce ne sont que les premiers échantillons selon eux des conséquences explosives que devraient entraîner ce renoncement, alors que plus de la moitié de la population libanaise vit déjà sous le seuil de pauvreté.

Encadrer les loyers des "maisons-cages" à Hong-Kong

Direction Hong-Kong où l'exécutif tente d'encadrer certains loyers. Hong-Kong, médaille d'or des loyers les plus chers à travers le monde, mais aussi mégalopole en grande pénurie de terrains constructibles. L'exécutif tente de limiter la casse pour les locataires de ce que l'on appelle officiellement les "appartements subdivisés". Certains les appellent plus trivialement - mais aussi plus justement - les "maisons-cages" ou encore les "cabines-cercueils", puisque certains présentent une belle surface au sol d'un mètre carré. 

Il s'agit d'appartements souvent délabrés, eux-mêmes subdivisés en plus petits appartements, avec un espace moyen par personne estimé à 6 mètres carrés selon Bernard Chan, le président du conseil exécutif d'Hong Kong. C'est lui qui prend la plume ce matin dans le South China Morning Post pour défendre son projet de réforme.

Plus un plaidoyer qu'un article donc, qui donne des détails intéressants sur les conditions de vies de centaines de milliers d'Hongkongais, qui doivent attendre en moyenne 6 ans pour avoir accès à un logement social. "J'encourage le lecteur à faire une pause et à réfléchir à ce qu'il ressentirait si toute sa maison était un lit" renchérit Bernard Chan, décrivant la promiscuité de ces logements qui coûtent parfois la moitié d'un salaire à ses locataires. Pour s'en rendre vraiment compte, je vous conseille la série photo "Piégés" de Benny Lam.

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Le président du Conseil exécutif détaille donc son projet de loi dans les colonnes du South China Morning Post, un projet insuffisant pour les uns, attentant au droit de propriété pour les autres. Le contrat écrit sera désormais obligatoire, avec un bail d'une durée de 2 ans. Durant cette période le propriétaire ne pourra augmenter le loyer, et à son expiration, le propriétaire devra proposer un deuxième bail, dans lequel le loyer ne pourra être augmenté de plus de 15%. Des amendes sont également prévues en cas de non respect de cette loi, qui pourrait être effective en début d'année prochaine.

Et si la situation des personnes et des familles qui habitent dans ces appartements subdivisés est revenue sur le devant de la scène médiatique et politique, c'est en partie à la faveur de l'épidémie de Covid-19. En effet, avec des confinements "par embuscade" comme on les a appelés, des quartiers entiers de la mégalopole étaient bouclés par surprise pendant plusieurs jours, jusqu'à ce que la totalité des habitants soit testés. Et être confinés dans un appartement on le sait, ce n'est pas facile, mais dans un appartement où le lit mène au toilettes, où les toilettes mènent à l'évier et où l'évier mène au lit, plus que difficile à vivre, c'est même difficile à imaginer.

Forte hausse des arrestations de suspects étrangers en Irlande

Elles ont même triplé en quatre mois. Pas de hasard là-dedans : il y a tout juste quatre mois, l'Irlande a rejoint le système de partage d'informations policières dit Système d'information Schengen (SIS II). Ce système permet aux pays de partager en temps réel des données sur les suspects, les fugitifs et les personnes disparues. L'Irish Times y consacre un grand article ce matin, alors que l'Irlande était un des derniers pays de l'Union européenne à ne pas faire parti de ce système d'information.    

Auparavant, les personnes visées par des mandats d'arrêt dans d'autres pays "pouvaient même vivre ouvertement en Irlande" selon un avocat spécialiste des extraditions interrogé par le quotidien. Avec en exemple, cet homme d'Europe de l'Est recherché pour une tentative de viol et sous le coup d'un mandat d'arrêt européen qui vient d'être arrêté grâce à ce système, alors qu'il vivait ouvertement depuis plusieurs années en Irlande. 

Le revers de la médaille selon le journal, c'est que ces nombreuses demandes d'extradition sont en train de littéralement submerger les tribunaux irlandais. La Haute Cour réclame dix-sept magistrats supplémentaires, le gouvernement lui en a donné cinq. Tout cela, alors que le système d'information Schengen n'est même pas encore mis en place dans les aéroports.

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