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Meeting de l'opposant Cellou Dalein Diallo à conakry le 15/10/20

En Guinée, la présidentielle de tous les dangers ?

6 min
À retrouver dans l'émission

Le premier tour de l'élection présidentielle guinéenne va se dérouler dans un climat politique très tendu, avec la crainte d'affrontements entre partisans du sortant Alpha Condé et de l'opposant Cellou Dalein Diallo. Au Kirghizistan, révolution ou coup d'État nationaliste ?

Meeting de l'opposant Cellou Dalein Diallo à conakry le 15/10/20
Meeting de l'opposant Cellou Dalein Diallo à conakry le 15/10/20 Crédits : John Wessels - AFP

Le continent africain aura les yeux rivés sur la Guinée ce week-end.  

La Guinée-Conakry où se déroule ce dimanche le premier tour de la présidentielle que tout le monde craint depuis maintenant un an. Depuis que le président en exercice Alpha Condé, 82 ans, a décidé de briguer un troisième mandat consécutif et a donc modifié la Constitution pour s'y autoriser lui-même (car comme nous le rappelle le quotidien sud-africain Mail and Guardian, la règle en Guinée comme un peu partout dans les Constitutions d'Afrique de l'Ouest, c'est la limitation à deux mandats).  

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Les manifestations d'opposition qui ont suivi ce "coup d'état constitutionnel" de Condé ont depuis été très brutalement réprimées, elles ont plongé le pays dans des journées particulièrement sanglantes durant lesquelles des dizaines de manifestants ont perdu la vie. Le souvenir de ces journées (notamment celle du référendum constitutionnel, le 22 mars, qui avait été l'une des plus meurtrières à Conakry) crée une véritable "hantise des violences" chez les habitants de la capitale, d'après ce reportage lu sur AfricaGuinée.com. À deux jours du premier tour de la présidentielle, des quartiers se vident, les citoyens inquiets préfèrent renoncer à voter, plutôt que de risquer de se retrouver pris dans de possibles affrontements, à l'annonce des résultats, entre les partisans du président condé et ceux de son principal adversaire Cellou Dalein Diallo. 

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Dans d'autres quartiers, autre ambiance d'avant-veille de scrutin, racontée par Le Djely : des camions aux couleurs de la campagne Condé déchargent des tonnes de riz, dans des grands sacs qui sont offerts ensuite aux familles qui promettent de voter pour le président sortant : des enveloppes d'argent circulent également. "Le scrutin s'annonce très serré", explique le site d'infos, et ça donne une vraie valeur, voire même un prix, à chaque voix.  

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Une partie de la presse guinéenne décrit d'ailleurs un président sortant "bunkérisé" dans une stratégie clairement "populiste". C'est l'analyse en tous cas du journal en ligne GuinéeNews.org, qui décrypte l'impressionnante tournée qu'Alpha Condé vient d'achever, en hélicoptère, dans l'intérieur du pays. C'est un président "fébrile", moins serein qu'il y a 5 ans, que décrit l'article : à 82 ans, Condé a beau multiplier les gesticulations et les pas de danse sur les estrades pour contrer les attaques de son adversaire sur son grand âge et sa santé déclinante, il semble avoir compris que "les critiques fusent sur sa gouvernance cette dernière décennie, promesses démocratiques non tenues, paupérisation de la population, violations graves des droits humains, corruption endémique et insécurité ambiante" ; alors il "verse dans les attaques sous la ceinture", les "vieilles recettes populistes marinées d'ethnocentrisme", toujours selon GuinéeNews.org.  

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Car les questions ethniques sont au coeur de cette campagne, quitte à l'étouffer : les deux favoris de la présidentielle, lit-on dans la revue Jeune Afrique, "se renvoient mutuellement l'accusation d'instrumentaliser à des fins électoralistes leur appartenance ethnique", malinké pour Alpha Condé, peul pour Cellou Dallein Diallo. En jouant avec ces divisions ethniques, les deux hommes jouent avec le feu, confirme Miriam Frost dans sa tribune au Mail and Guardian, et prennent le risque de voir la violence embraser les lendemains de vote. 

Voilà pourquoi c'est bien "l'élection de tous les dangers", pour l'Afrique de l'Ouest où la Côte d'Ivoire doit également élire son prochain président dans deux semaines. D'ailleurs la presse régionale suit de près l'élection de ce dimanche en Guinée, notamment chez les médias burkinabés. Aujourd'hui au Faso titre sur ces deux principaux candidats qui ont chacun tout autant la certitude de l'emporter, et ça donne ce titre plutôt malvenu étant donné le contexte d'hantise des violences : "Entre Alpha et Cellou, il y aura forcément un mort... politique". Quant au site Wakat Sera, il appelle ses lecteurs guinéens à faire preuve de courage, malgré "les menaces, les intimidations et les violences", pour mettre fin à la "forfaiture" de ce troisième mandat voulu par Alpha Condé.

Retour à présent sur les évènements qui plongent depuis 10 jours le Kirghizistan dans le chaos politique. 

Je vous en avais parlé dès le mardi 6 octobre, de cette foule de milliers de Kirghizes, de nuit, qui avait envahi le palais présidentiel et le Parlement, qui avait aussi fait libérer certains anciens dirigeants emprisonnés, au lendemain d'élections législatives contestées. Nous avions évoqué ensemble la possibilité que le petit pays d'Asie centrale soit le théâtre d'une troisième révolution populaire en 15 ans, ce qui est unique dans l'ancien bloc soviétique.  

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D'ailleurs ce jeudi, le président Soorombaï Jeenbekov a présenté sa démission. La radio Azzatyq retranscrit son discours : "Je ne veux pas rester dans l'histoire du Kirghizistan comme le président qui a ordonné à ses soldats de tirer sur le peuple". On pourrait donc y voir une confirmation du caractère révolutionnaire de ces évènements, puisque tous les détenteurs du pouvoir ont désormais abandonné leurs postes. 

Mais dans ce "chaos politique" décrit comme tel par Emmanuel Grynspan pour le quotidien suisse Le Temps, il devient impossible de ne pas voir, surtout, la prise de pouvoir d'un seul camp, d'un seul homme désormais président et Premier ministre en même temps : le leader nationaliste Sadyr Japarov, déjà passé à la tête du gouvernement mais condamné à de la prison ferme cette année, fait partie de ceux que la foule du 6 octobre est allée sortir de prison pour les ramener au pouvoir. 

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C'est désormais chose faite, "sous l'oeil effaré de Moscou et de Pékin" note Grynspan : tout le pouvoir est entre les mains de Japarov... et des amis qu'on lui connaît dans les cercles du crime organisé kirghize, complète Eurasianet qui ne cache pas son inquiétude face à cet accaparement total du pays mené à marche forcée. 

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Un autre éclairage glaçant et complémentaire est apporté par le site OpenDemocracy, adossé à l'ONG du même nom : l'enquête qu'y signent Gulzat Bayalieva et Joldon Kutmanaliev montre à quel point le soulèvement de la semaine dernière a été savamment préparé, orchestré par une campagne de mobilisation insidieuse sur les réseaux sociaux en langue kirghize. La fièvre révolutionnaire a été patiemment inoculée par des messages nationalistes, anti-establishment et à la gloire du "héros" Sadyr Japarov, distillés sur Whatsapp, Instagram, Twitter et compagnie... jusqu'aux appels à marcher sur le palais présidentiel. 

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Preuve que l'agit-prop nouvelle génération au service d'une mafia centrasiatique, la manipulation des foules 2.0, peut venir bouleverser jusqu'à la fragile et lointaine démocratie kirghize.

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