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Jair Bolsonaro à Brasilia le 16 Avril 2020

Jair Bolsonaro limoge son ministre de la Santé en pleine épidémie de Covid-19

5 min
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Le président du Brésil et son ministre étaient en profond désaccord sur la manière de lutter contre l'épidémie. Ce limogeage révèle les tensions politiques fortes autour de Jair Bolsonaro. Une inquiétante tempête de sable venue de Tchernobyl fait de Kiev la ville la plus polluée au monde.

Jair Bolsonaro à Brasilia le 16 Avril 2020
Jair Bolsonaro à Brasilia le 16 Avril 2020 Crédits : Sergio LIMA - AFP

Ce matin, nous lisons la presse du Brésil, où Jair Bolsonaro vient de limoger son ministre de la Santé en pleine épidémie de Covid-19.

Limogeage, difficile d'appeler ça autrement, en tous cas aucun de mes confrères des journaux brésilien ne semble dupe de la manière dont le président Bolsonaro lui-même tente de présenter ce départ,  une "séparation à l'amiable" selon l'élément de langage repris prudemment par CNN Brésil.  

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D'amical, à vrai dire, cela fait des semaines qu'il n'y avait vraiment plus rien, entre Jair Bolsonaro et son ministre Luiz Henrique Mandetta. Je vous parlais ici même il y a deux semaines des tensions entre les deux hommes sur la gravité de la crise sanitaire actuelle, sur les méthodes pour y faire face... Eh bien voilà, nous confirme journal en ligne américano-brésilien The Intercept, le ministre Mandetta qui ne jurait que par l'avis des scientifiques et par l'importance de respecter la distanciation sociale, le confinement, pour sauver un maximum de vies, est chassé du pouvoir par le président. Jair Bolsonaro qui, lui, explique à CNN Brésil que "bien sûr la vie humaine n'a pas de prix, mais il faut quand même que l'économie brésilienne revienne à la normale au plus vite pour préserver l'emploi".

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Pour remplacer le dissident Mandetta, qui avait en plus la détestable caractéristique d'être beaucoup plus populaire que Jair Bolsonaro dans les enquêtes d'opinion, le président a choisi Nelson Teich, un oncologue respecté par ses pairs, plutôt convaincu lui aussi par la nécessité de promouvoir la distanciation sociale, mais qui selon El Pais Brésil a déjà laissé entendre qu'il allait falloir "combiner confinement et relance de l'économie". 

La conciliation, c'est sans doute ce qui avait manqué à Luiz Henrique Mandetta, pour survivre aux côtés d'un leader d'extrême-droite, Jair Bolsonaro, qui dirige le pays sous l'emprise des militaires et des sectes évangélistes et qui selon l'universitaire américain Noam Chomsky interviewé mercredi par la Folha de Sao Paulo, est "un fou dangereux qui rivalise en ce moment avec Donald Trump pour savoir qui sera le pire criminel de la planète".

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D'ailleurs, ce limogeage fracassant d'un ministre populaire et apprécié pour sa gestion de l'épidémie ouvre une période de tensions politiques fortes dans la présidence Bolsonaro. Cette analyse est partagée par de nombreux quotidiens brésiliens ce matin, à commencer par O Globo qui nous raconte comment, jeudi soir, l'annonce du départ de Luiz Henrique Mandetta a donné lieu à une avalanche de messages critiques contre le président sur les réseaux sociaux, avec un #DehorsBolsonaro qui a agité Twitter pendant de longues heures alors que des concerts de casserole s'organisaient spontanément aux fenêtres de dizaines de milliers de Brésiliens pendant que la télé diffusait un discours présidentiel.  

Jair Bolsonaro, note le Correio Braziliense, répond à ces contestations par la contre-attaque, en s'en prenant désormais au président de l'Assemblée brésilienne Rodrigo Maia, une figure de l'opposition qu'il accuse de fomenter un complot pour "provoquer sa chute".  

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L'anti-parlementarisme comme moyen de diversion populiste, c'est l'une des partitions préférées du président quand les choses se compliquent pour lui, estime enfin Andrew Fishman dans The Intercept. Est-ce que ça lui permettra de "maintenir encore sa tête dans le sable face à la réalité d'un coronavirus" qui n'a pour le moment fait "que" 2 000 morts au Brésil mais met déjà à rude épreuve un système de santé public sous-doté ?  

Avec un pic de contamination attendu par les experts du pays pour mai ou juin, le nouveau ministre de la Santé va avoir fort  faire pour concilier les dangereuses lubies de son président et la protection de ses concitoyens.   

Le terme de confinement prend encore plus de sens depuis quelques heures à Kiev.

... La capitale de l'Ukraine où la plupart des commerces sont fermés et où les habitants ont reçu il y a plusieurs jours déjà l'ordre de rester chez eux, mais qui depuis hier soir voit ces consignes d'enfermement encore renforcées.  

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Explications dans les colonnes de l'Ukrainska Pravda  : depuis hier les kiéviens ont pour ordre de ne même plus ouvrir leurs fenêtres car ils font face à une nouvelle menace, une impressionnante tempête de sable poussée par des vents particulièrement violents en provenance du nord et de l'Ouest.

Le soucis, c'est qu'au nord-ouest de Kiev, on trouve la zone d'exclusion de Tchernobyl, où la forêt a été irradiée par l'accident nucléair de 1986, et que depuis deux semaines d'importants feux de broussailles et de forêts se sont déclarés dans la zone, s'approchant très près des sites de stockage des déchets et même de la centrale.  

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Officiellement, vous le lirez sur le site du magazine Korrespondent, la tempête de sable n'a rien à voir avec les feux à Tchernobyl, et les taux de radiations contenus par les fumées qui arrivent sur Kiev sont négligeables... mais les Kiéviens,à qui l'on a tout de même demandé je le rappelle de rester confinées chez eux fenêtres fermées, ont des raisons de n'être vraiment pas rassurés.  

"On a l'impression que l'apocalypse à commencé derrière nos fenêtres", témoigne un habitant sur le site d'info Strana qui décrit une ville plongée dans le flou par le nuage de sable, de fumée, et les vents très violents.  

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La population à Kiev vit dans le souvenir du confinement général de 1986, celui d'après l'accident à la centrale de Tchernobyl, et la répétition de ce traumatisme collectif, pour cause de coronavirus, frappe déjà les esprits. Cette dernière info lue dans Ukrainska Pravda ne va sans doute rien arranger : depuis hier soir Kiev est devenue (provisoirement) « la ville où l'air est le plus pollué au monde ».

Chroniques

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