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"Repoussez le fascisme, sauvez l'US Postal!", Washington, le 25/08/20

Présidentielle américaine : de bonnes raisons de redouter le pire

6 min
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La presse américaine joue-t-elle à se faire peur ou à mobiliser les électeurs en vue du scrutin présidentiel de novembre ? Les journaux rivalisent de scénarios catastrophe... non sans raison valable. En Biélorussie, démasquer les policiers pour contrer la répression du régime Loukachenko.

"Repoussez le fascisme, sauvez l'US Postal!", Washington, le 25/08/20
"Repoussez le fascisme, sauvez l'US Postal!", Washington, le 25/08/20 Crédits : Valerie Bacon - AFP

Il reste une cinquantaine de jours avant la présidentielle américaine, il est possible dès ce vendredi de voter en personne de manière anticipée dans certains bureaux de vote, et plus on s'approche du jour J, plus les commentateurs politiques aux Etats-Unis craignent le pire pour cette élection.  

... Et ce n'est pas cette décision de justice débusquée par The Washington Post qui va les rassurer : un juge fédéral vient de suspendre, à la demande de 14 Etats, la réforme des services postaux qui avait pour conséquence de retarder considérablement l'organisation du vote par correspondance pourtant indispensable en ces temps d'épidémie. 

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Ce vote par la Poste, on l'a déjà dit ici, Donald Trump s'y est toujours opposé, il fait tout pour le décrédibiliser et donc le désorganiser : le juge fédéral ce jeudi a donc reconnu que la réforme opérationnelle de l'US Postal était bel et bien une "attaque politiquement motivée de nature à perturber l'élection". 

Mais les tentatives de manipulation du scrutin ne s'arrêtent pas au vote par correspondance. Dans la revue de gauche The Nation, John Nichols détaille ce qu'il qualifie de "stratégie de bataille juridique à plusieurs millions de dollars" déployée par l'administration Trump pour "ériger des barrières entre les électeurs et les urnes". En clair, pour "semer le chaos dans les états-clés du scrutin". 

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"L'entreprise la plus tentaculaire de l'histoire américaine pour détourner la volonté du peuple, écrit John Nichols, a débuté bien avant l'ouverture anticipée des bureaux de vote" ce vendredi. Elle passe par les tribunaux des Etats décisifs où des dizaines d'avocats payés par le parti républicain multiplient les recours avec un même but : empêcher que ne puissent voter ceux qu'ils appellent les "électeurs douteux".  

The New York Times nous donne un exemple précis en Floride, où ces recours ont convaincu une cour d'appel fédérale de prendre une mesure qui va empêcher des milliers de citoyens de voter : les personnes qui ont été condamnées pour un crime, quel qu'il soit, ne pourront voter que s'elles règlent les dettes qu'elles ont contracté auprès des tribunaux ; des frais de justice qui s'élèvent bien souvent à des milliers de dollars, impossible à rembourser d'ici novembre. Et, tenez vous bien : cela concerne 774 000 personnes rien qu'en Floride et, qu'on le veuille ou non,  en bonne partie des afro-américains  dont on sait que Donald Trump craint par-dessus qu'ils n'aillent votetr massivement pour Joe Biden.  

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A lire la presse pro-démocrate, c'est tout le système judiciaire américain qui serait détourné pour saborder l'élection.  Et pour le spécialiste de droit des élections Richard Hasen, qui développe son analyse sur le site de CNN, il suffit de regarder comment se comporte le ministre de la Justice, Bill Barr, pour se convaincre qu'on est bien face à une entreprise méticuleuse d'escamotage de l'élection présidentielle.  Ce fidèle parmi les fidèle du président multiplie les discours et les procédures orientées contre les soi-disants risques de fraudes autour  de cette élection qui serait "faussée avant même d'avoir commencée", avec des résultats qui "seront forcément très peu fiables". Selon Richard Hasen, cette attitude est "irresponsable et dangereuse" de la part de celui qui est justement censé être le garant de l'intégrité du scrutin et du respect du droit de vote de chacun.  

Dans ce contexte, il y a tout à craindre que le perdant conteste les résultats, anticipe le Los Angeles Times, tout en sachant que la complexité du vote (par courrier et dans les bureaux de vote) va sans doute repousser l'annonce officielle de ces résultats bien au-delà du 8 novembre, peut-être même jusqu'au jour prévu pour l'inauguration du 46ème président des Etats-Unis, le 20 janvier 2012. 

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Il y a bien sûr la crainte que le camp Trump ne refuse d'accepter une possible victoire de Joe Biden et n'attise la colère de ses supporters les plus radicaux pour semer le chaos... Mais pour faire vraiment le tour de la question, il faut aussi dire que ces mêmes électeurs de Donald Trump sont eux aussi convaincus que ce sont les démocrates qui s'apprêtent à manipuler le scrutin et à contester la réélection de leur président. 

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Ils en veulent pour preuve cet article publié en début de semaine le politologue Shadi Hamid dans The Atlantic... et selon lequel l'équipe de Joe Biden, en cas de défaite, ne manquerait pas de raisons pour en dénoncer les irrégularités, d'autant plus si comme en 2016 Trump venait à l'emporter sans avoir la majorité du vote populaire. Les démocrates sont aussi accusés d'avoir rassemblé une armée d'avocats pour préparer une guerilla juridique contre le résultat du vote...  

Finalement, s'il y a bien seule chose sur laquelle tout le monde s'accorde aux Etats-Unis, c'est sur le fait que cette présidentielle est vraiment mal embarquée et que, oui, il y a bel et bien des raisons de se préparer au pire des scénarios.  

Un détour à Minsk en Biélorussie pour terminer la semaine sur une note positive. 

Non pas que la situation politique en Biélorussie soit en soi une raison de se réjouir, mais tout de même, avec le Guardian d'hier je ne résiste pas à partager avec vous cette leçon de courage et de détermination que nous donnent ces femmes biélorusses, particulièrement mobilisées pour faire tomber le régime d'Alexandr Loukachenko. 

Ces femmes, qui manifestent chaque jour quasiment à Minsk pour obtenir notamment la libération de leur icône révolutionnaire Maria Kolesnikova, elles ont trouvé un moyen infaillible pour faire battre en retraite les hommes en uniformes qui sont envoyés pour les réprimer. 

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Elles leurs hurlent dans les oreilles, c'est déjà très impressionnant, et en même temps elles leur arrachent leurs cagoules ou les masques qui leur dissimulent le visage. Ce geste de dévoiler le visage des hommes de main du régime, c'est une vraie stratégie pour faire reculer la violence et le harcèlement répressif dont elles sont victimes, et l'on connait les risques que prennent les manifestants biélorusses depuis des semaines, les torturs dont certains sont victimes en prison. 

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Shaun Walker, du Guardian, décrit donc comment leur mouvement est organisé pour démasquer les agresseurs, prendre en photo ou ne vidéo leur visage puis les identifier grâce aux forums d'internautes et diffuser leur identité, pour montrer à tout le monde, à leurs proches, à leurs voisins, qu'ils sont du mauvais côté de la matraque, contre le peuple biélorusse. 

Et ça marche donc, c'est assez saisissant de voir les hommes en treillis vert détaler comme des lapins dès qu'ils sont démasqués, comme si, et c'est une réalité, c'était leur anonymat qui leur donnait toute leur force et leur impunité.

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