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Talibans armés patrouillant dans le centre de Kaboul, Afghanistan, le 19/08/21

Quelle valeur accorder à la parole des talibans ?

6 min
À retrouver dans l'émission

De premiers témoignages en Afghanistan accusent les talibans de mener des assassinats ciblés contre des collaborateurs du gouvernement déchu et de medias étrangers. En Malaisie, retour attendu d'un parti corrompu au pouvoir. Après les chips, les cookies en grève aux Etats-Unis.

Talibans armés patrouillant dans le centre de Kaboul, Afghanistan, le 19/08/21
Talibans armés patrouillant dans le centre de Kaboul, Afghanistan, le 19/08/21 Crédits : Hoshang Hashimi - AFP

Les grands titres de la presse étrangère nous ramènent ce matin encore en Afghanistan... pour tenter de voir au-delà des promesses talibanes. 

En prenant le pouvoir dimanche, les talibans ont décrété une amnistie générale pour ceux qui ont travaillé avec les Occidentaux et avec le gouvernement soutenu par les Américains ;  ils ont promis qu'il n'y aurait pas d'expédition punitive, que tout le monde pourrait continuer à vivre en sécurité... 

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Oui mais voilà, quatre jours seulement après ces promesses de transition pacifique du pouvoir, c'est tout l'inverse qu'évoque un rapport réalisé à Kaboul par un cabinet de renseignement privé norvégien et cité par la BBC. Commandé par l'ONU, ce rapport fait état de plusieurs témoignages d'Afghans selon lesquels les talibans mèneraient depuis le début de la semaine de véritables chasses à l'homme, inspectant les maisons au porte-à-porte pour y identifier et arrêter des collaborateurs d'organismes occidentaux ou des autorités déchues. Des listes noires auraient été établies, et la traque serait donc méthodique. 

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Quand les nouveaux maîtres de l'Afghanistan ne trouvent pas leur cible à son domicile, ils n'hésitent pas à menacer voire à s'en prendre physiquement à leurs proches : c'est ce que décrit la Deutsche Welle allemande qui a vu les maisons de trois de ses journalistes visitées par des talibans. Dans l'une d'elle, à défaut de trouver leur victime, déja exfiltrée vers l'Allemagne, ils ont tué l'un de ses proches d'une balle dans la tête, et en ont grièvement blessé un autre.  

Le rapport confidentiel du cabinet norvégien est aussi arrivé entre les mains du Washington Post qui retient aussi le cynisme des méthodes employés par les talibans, lesquels "profitent du fait que les Occidentaux sont obnubilés par l'urgence d'évacuer leurs ressortissants, pour traquer leurs cibles à travers les villes afghanes, sans se cacher". 

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Voilà qui confirme donc les pires craintes de ces milliers d'anciens collaborateurs afghans des forces étrangères, qui continuent de se ruer vers l'aéroport de Kaboul. Et voilà aussi qui fait résonner d'une manière plus cynique encore ces propos tenus sur la NPR américaine il y a deux jours par l'un des portes-paroles des Talibans : Suhail Shaheen y assurait, droit dans ses bottes, que les journalistes et les soutiens de l'ancien régime n'avaient rien à craindre, et que si des expéditions punitives étaient menées, leurs auteurs seraient poursuivis par la justice. Il annonçait même la création d'un numéro vert pour signaler ces abus, comme un pied de nez à cette passion occidentale pour les hot-lines comme solution à tous nos problèmes. Atterré, le journaliste de la NPR pris tout de même la peine de lui répondre... qu'une personne qui vient d'être assassinée a rarement l'occasion de prendre son téléphone pour s'en plaindre.

A la Une des quotidiens sud-asiatiques, la Malaisie où la crise sanitaire se double d'une crise politique. 

La Malaisie devrait connaître dans la journée le nom de son nouveau Premier ministre, annonce The Borneo Post... cela fait suite à la démission lundi de Muyiddin Yassin, désavoué pour sa piètre gestion de l'épidémie deCovid-19 qui connaît en ce moment un pic sans précédent et hors de contrôle, alors que 33% de la population malaisienne seulement est pleinement vaccinée. 

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Muyiddin Yassin restera comme le chef de gouvernement le plus éphémère de l'histoire de la Malaise indépendante. Une histoire politique, rappelle The Strait Times de Singapour, qui a été dominée sans partage et pendant six décennies par un unique parti, l'UMNO, lequel avait pourtant bien perdu les dernières élections législatives en 2018.  Il faut dire que ses dirigeants dont le Premier ministre sortant Rajib Razak étaient mouillés jusqu'au coup dans le retentissant scandale de corruption 1MDB, du nom du fond souverain malaisien dont ces dirigeants auraient détourné entre trois et cinq milliards de dollars, selon la justice américaine.  

Or donc, poursuit The Star à Kuala Lumpur, après trois ans de purgatoire l'UMNO semble bien sur le point de reprendre le pouvoir aujourd'hui, en la personne d'Ismaïl Sabri Yaakob qui devrait être nommé à la tête du gouvernement par le roi de Malaisie. Ce dernier, après la démission de lundi, a exclu la tenue d'élections anticipées pour cause sanitaire... il a donc, c'est le quotidien japonais Nikkei Asia qui le raconte, reçu tous les députés deux minutes chacun pour qu'ils lui disent quel candidat ils soutenaient, et à la fin c'est donc le nom d'Ismaïl Sabri Yaakob qui est sorti du chapeau.  

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Voilà exactement, toujours selon Benjamin Loh de Nikkey Asia, le genre d'arrangements politiques conclus dans le secret des coulisses parlementaires entre responsables de partis, qui écoeure les Malaisiens et les pousse à ne plus croire du tout en leurs dirigeants. Le journaliste note que depuis lundi un nouveau mouvement de contestation spontané de "ce système politique failli" et corrompu est en train de naître... il n'est pas impossible que nous en reparlions ici-même dans les mois qui viennent.  

Aux Etats-Unis, un mouvement social fait parler de lui... et ça tient surtout à la nature de la production concernée par cette grève.  C'est quasiment un symbole national aux Etats-Unis : les biscuits Oreo, ces petits gâteaux à la crème noirs et blancs ultra-sucrés et caloriques, ou encore les cookies de la marque Chips-Ahoy, également très très populaires là-bas... ces marqueurs de la gastronomie outre-atlantique voient leur production ralentie par une grève, donc, dans les usines de la biscuiterie Nabisco. 

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Elle a commencé, précise The Huffington Post, la semaine dernière à l'usine de Portland dans l'Oregon ; puis lundi 400 salariés ont suivi le mouvement à Richmond, Virgine, et ce jeudi c'est l'usine de Chicago qui s'est elle aussi mise en grève. Le mouvement devient national, ce qui est plutôt rare dans une entreprise aussi emblématique aux Etats-Unis. Nabisco travaille pour le géant de l'alimentation Mondelez, qui tente d'imposer dans les usines américaines de nouvelles conditions salariales : sous prétexte de faire face à la crise liée au Covid-19, la multinationale veut que les salariés renoncent à leur journée de huit heures pour passer à des journées de douze heures, qu'ils s'assoient aussi sur les majorations de salaire pour les heures supplémentaires et les samedi et dimanche travaillés. 

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Les nouveaux embauchés perdraient aussi une bonne partie des avantages de la couverture santé de l'entreprise. Le tout, complète le magazineJacobin, sur fond de menace de délocalisation des usines au Mexique où Nabisco a déjà transféré ces dernières années les chaînes de deux sites de production historiques. Le Covid-19 a bon dos, insiste l'hebdomadaire de gauche, qui rappelle qu'avant le secteur du cookie, c'est celui de la chips et du snacking qui avait été secoué par une grève : le mois dernier les salariés de Frito-Lay, qui fabrique entre autre les chips du même nom, avaient décidé de débrayer pour demander la fin de rythmes de travail effrénés qui disaient-ils les poussaient au suicide. La conséquence d'une très forte augmentation de la consommation de snacking aux Etats-Unis avec la pandémie et les confinements.

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