LE DIRECT
Manifestation anti-gouvernement à Alger le 14 février 2020

Algérie : le Hirak, une année de Révolution à poursuivre

5 min
À retrouver dans l'émission

Les Algériens célébreront samedi le premier anniversaire de leur soulèvement populaire. Bilan de ce qui a changé et de ce qu'il reste à changer, sur fond de récupération par un régime qui s'accroche au pouvoir. Aux Etats-Unis, Google accusé d'espionner des enfants via ses applications scolaires.

Manifestation anti-gouvernement à Alger le 14 février 2020
Manifestation anti-gouvernement à Alger le 14 février 2020 Crédits : BILLAL BENSALEM - AFP

Il va se passer quelque chose aujourd'hui et demain en Algérie.  

Ce samedi c'est le 22 février, la date vous dit peut-être quelque chose en réapport avec l'Algérie : rien de moins que le premier anniversaire du Hirak, le mouvement populaire qui a chassé du pouvoir le vieux président Bouteflika alors qu'il briguait (ou que son entourage en tous cas briguait) un cinquième mandat. 

Le quotidien Liberté se remémorre déjà comment le peuple algérien alors a suscité "l'admiration du monde entier", par "sa détermination, par son pacifisme, par la force et la durée de sa mobilisation". La première manifestation spontanée, massive, a donc eu le 22 février 2019... mais attention, ne vous y méprenez pas, ce que l'Algérie va célébrer samedi, selon le président Abdelmajid Tebboune cité avec enthousiasme par le journal El Moujahid, c'est "la Journée nationale de la fraternité et de de la cohésion nationale peuple-armée pour la démocratie". 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d’utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Voilà donc comment le pouvoir en place a décidé de qualifier ces festivités du 22 février : ça en dit long sur une certaine récupération d'une année de Hirak par le système et par les militaires qui y gardent toujours un poids prépondérant (c'est d'autant plus troublant qu'on se souvient que le peuple qui s'était soulevé, en grande partie, contre ce même système et cette même armée).  

Cette récupération, cette "contradiction flagrante entre discours pro-hirak des autorités et leurs pratiques autoritaires et despotiques", elle est dénoncée dans les pages de Tout sur l'Algérie par les représentants du PAD, le Pacte d'Alternative Démocratique qui constitue un acteur majeur du mouvement populaire, regroupant des partis d'opposition, des syndicats autoonomes et des organisations de la société civile. Et de rappeler qu'à "la veille de cette célébration qui s'annonce grandiose de l'an Un de la Révolution du 22 février 2019, les autorités algériennes multiplient les actes répressifs contre la population" : contre les enseignants du primaire en grève, contre les personnels naviguants d'Air Algérie en grève également, contre les "magistrats refusant le diktat de l'éxécutif", ou encore en interdisant des réunions de l'opposition et de la société civile.    

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d’utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Les vieilles pratiques perdurent, mais cette première année de Hirak a véritablement changé le visage de l'Algérie : sur ce point, à "l'heure du bilan" comme l'écrit Liberté-Algérie, les acquis de la Révolution sont bien réels, ne serait-ce parce qu'elle a poussé dehors le clan Bouteflika, parce que certains de ses plus éminents représentants, politiques, militaires ou affairistes, sont aujourd'hui face à la justice pour avoir outrageusement prospéré à l'ombre du système. Ce début d'épuration au sein de l'élite dirigeante, d'après Arab Chih de Liberté, a "réconcilié beaucoup d'Algériens, les jeunes et les femmes notamment, avec la chose publique, et ils se sont mis à débattre des problèmes du pays tout en essayant de trouver des solutions". Le même Arab Chih reconnait que tous les objectifs du Hirak n'ont pas été atteints, que "le système en place a réussi avec la dernière élection présidentielle, a se donner un sursis"...  et qu'il faut donc que cette Révolution inachevée se poursuive. 

"La deuxième République d'Algérie est en marche", prédit Ali Amzal pour L'Expression. "Le plus grand acquis de cette révolution civique, écrit-il, est d'avoir hissé le peuple au rang d'acteur politique incontournable : désormais le pouvoir ne pourra plus occulter les attentes et la vision du peuple sur son propre avenir".  Là où L'Expression ou encore Le Soir d'Algérie ne sont plus d'accord avec Liberté ou TSA, c'est sur le rôle de l'armée dans l'année écoulée : pour les deux premiers, elle a toujours été "aux côtés du peuple, c'est elle qui a été le garant de la République et qui a évité au mouvement de dégénérer".  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d’utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Cette Révolution se fait-elle avec ou contre l'armée ? C'est l'un de ces débats de fond qui agite l'Algérie depuis un an et il est loin d'être tranché. En tous cas selon le toujours incontournable caricaturiste de Liberté, Ali Dilem, un an après le "Hirak est toujours là... mais il n'est pas le seul" : le dessin de presse daté d'hier représente un manifestant drapeau et poing levés. "Même date, même lieu", dit-il, mais derrière lui ce sont le président Tebboune et le chef de l'armée qui terminent sa phrase : même lieu, même date... oui, mais "même régime", aussi.

Dans la presse américaine, on entrevoit l'envers du décor du mastodonte Google, et ce n'est pas beau à voir. 

Deux aspect de ce que cette firme tentaculaire peut avoir de malsain, derrière la façade ultra-clean de la Silicon Valley. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d’utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Dans The New York Times, d'abord, on trouve en long format les portraits croisés de quatre anciens salariés de Google qui racontent tous la même chose : comment ils ont été virés, littéralement jetés dehors sans autre forme de procès, pour avoir osé dénoncer les mauvaises pratiques de leur entreprise, les conditions de travail, pour certains mais aussi pour d'autres des méthodes franchement discutables du point de vue éthique... Ils incarnent selon le New York Times la "Grande Révolte" qui gronde chez Google, mais aussi comment les premiers lanceurs d'alerte peuvent être broyés par la machine quand celle-ci se sent menacée et tente de faire taire toute dissension interne.  

Et pour aller plus loin, on lira aussi, c'est une coïncidence, cette nouvelle apparue ce matin dans The Wall Street Journal : Google, encore elle, est mise en cause par la Justice du Nouveau-Mexique, un Etat comme tant d'autre où de nombreuses écoles utilisent la suite logicielle gratuite Google Education en classe. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d’utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Ce qu'a découvert le Parquet de Santa Fé, c'est que ces programmes en profitent pour récupérer toutes les données personnelles des écoliers, leurs déplacements, les sites web qu'ils visitent, ce qu'ils regardent, ce qu'ils écoutent, ce qu'ils consomment, leurs contacts, les messages vocaux qu'ils échangent et même mots de passes qu'ils sauvegardent. Tout ça, récupéré en toute discrétion et sans aucun accord parental. 

Google renvoie la faute sur les écoles qui auraient du se charger justement de demander l'accord des parents, et explique qu'il existe un moyen pour les familles de désactiver les tranferts de données... sauf que pour y accéder il faut se plonger dans le dédale des paramètres programmes. 

En tous cas l'affaire fait beaucoup réagir car de très nombreuses écoles américaines utilisent Google Education pour moderniser leurs enseignements à peu de frais. La procédure judiciaire lancée au Nouveau-Mexique pourrait bien faire des petits.

Chroniques

7H40
17 min

L'Invité des Matins

Disparition de Jean Daniel : un siècle de journalisme
L'équipe
Journaliste

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......