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Une habitante de la bande de Gaza dans son quartier bombardé, le 20/05/21

Proche-Orient : une trêve fragile, en espérant la paix

6 min
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Les bombardements ont cessé à deux heures du matin entre Israël et le Hamas, un fragile cessez-le-feu qui donne à voir l'ampleur des destructions à Gaza et du chantier qui s'ouvre pour construire une paix durable. L'élection présidentielle syrienne, une mascarade tragique qui irrite les Libanais.

Une habitante de la bande de Gaza dans son quartier bombardé, le 20/05/21
Une habitante de la bande de Gaza dans son quartier bombardé, le 20/05/21 Crédits : Mohammed Abed - AFP

Une trêve au Proche-Orient, et après ? C’est la question que se posent les journaux, qu’ils soient israéliens ou palestiniens.

Avec un point d’accord, de part et d’autre des check-points, pour la qualifier d’éminemment "fragile", cette trêve qui a pris corps à deux heures précises du matin. Quelques minutes avant, le fracas des bombardements résonnait sur la bande de Gaza, raconte The Times of Israel, puis il y a eu le silence et quelques minutes plus tard encore, quand on a compris qu’il tenait, ce calme retrouvé du cessez-le-feu, alors les cris de joies des Gazaouis, "l’euphorie de la victoire acquise par la résistance palestinienne" comme s’est empressé de clamer un responsable du Hamas. 

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Pas franchement convaincu, le Jerusalem Post met en exergue une autre phrase prononcée par d’autres dirigeants du même Hamas : "Nous gardons le doigt sur la gâchette ; avant la trêve nous avons préparé une attaque de missiles qui pourrait frapper Israël du nord jusqu’au sud". La menace est donc dans tous les esprits, arme de dissuasion au service de cette fragile paix après 11 jours d’affrontements, 232 morts côté palestinien et 12 côté israélien. 

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Dans le quotidien palestinien Al-Quds, le Hamas parle déjà de reconstruire ""les maisons, l’espoir et le sourire" des Gazaouis, mais au moment où la poussière retombe, l’israélien Haaretz prend surtout le temps de mesurer l’ampleur des dévastations matérielles à Gaza. Selon les estimations de la correspondante du quotidien dans les territoires occupés Amira Hass, il en coûtera au moins "un quart de milliard de dollars" pour reconstruire ce qui a été détruit ; mais ce chiffre ne dit rien, en réalité, de l’état de déréliction dans lequel se retrouve Gaza, avec des réseaux d’électricité et d’eau qui n’étaient déjà pas vaillants mais qui sont désormais éventrés. 800 000 personnes vont devoir réapprendre à vivre, en paix peut-être si ce mot à un sens dans ce territoire, mais surtout sans accès à l’eau potable et avec quelques heures seulement de courant chaque jour. Les locaux de plusieurs ONG, dont le travail humanitaire est essentiel pour la survie des habitants, ont été endommagés par les bombardements ; six cliniques et hôpitaux également, ainsi que 11 centres médicaux.

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Sur ce dernier point, plaide sur la chaîne américaine NBCNews le journaliste, documentariste et médecin Ahmed Twaij, "même si Israël a finalement consenti à un cessez-le-feu hier, cela n’excuse en rien son armée de ces frappes contre des établissements de santé". Il y a là, selon Twaij, de possibles crimes de guerre, et il prévient : "si Israel n’est pas tenue responsable de ses actes, alors cela ne pourra qu’alimenter le ressentiment palestinien et nourrir de prochaines attaques haineuses à son encontre"

Exigence de justice, donc pour donner une chance à la paix. Pour cela, ose espérer The Middle East Eye, il faudrait que ces dernières journées d’affrontements parviennent à remettre vraiment en cause le fond du problème proche-oriental, le "régime d’apartheid" qu’Israël impose aux Palestiniens. Pour y veiller, Azzam Tamimi du même Middle East Eye s'en remet à la nouvelle génération de jeunes adultes palestiniens et arabes qui s’est éveillé ces derniers jours pour dire "trop, c’est trop", refuser que ce nouvel épisode de conflit ne soit vain, comme les trois précédents ces 13 dernières années. 

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Eux qui ont grandi dans un Moyen-Orient où les différents dirigeants des pays arabes voisins laissaient entendre que la cause palestinienne était dépassée, marginalisée dans l’agenda politique de la région, ils ont réussi, par leur utilisation des médias sociaux notamment, à alerter à nouveau la communauté internationale sur la réalité de ce que vivaient tant Gaza que les quartiers arabes menacés de Jérusalem-Est, et à fédérer des soutiens pour pousser à un arrêt des combats. 

Voilà entre autres pourquoi, s'il faut vraiment désigner un vainqueur de cette trêve, concède The Times of Israel, il est bien plus sûrement à trouver du côté du Hamas que de Benyamin Netanyahou. Mais les perdants restent les mêmes, les peuples palestinien et israélien, ramenés à un statu quo ante bellum dont tout le monde sait qu’il n’est pas tenable en l’état.

Au Liban, la journée de jeudi a été particulièrement tendue autour des représentations diplomatiques de la Syrie voisine.

Se déroulait rien de moins que l’élection présidentielle syrienne (le scrutin en Syrie aura lieu le 26 mai) pour les électeurs de l’étranger, et l’on sait que le Liban accueille depuis une décennie des dizaines de milliers de réfugiés. 

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Aucune surprise, coupe L’Orient-Le-Jour : on sait que cette élection n’est qu’une gigantesque mascarade pour faire réélire Bachar El-Hassad malgré la dernière décennie de guerre civile ; mais ce jeudi les Libanais ont assisté à un tel niveau de manipulation éhontée du scrutin qu'ils en sont restés pantois : "la comédie était tellement surjouée, écrivent Carlonie Hayek et Mohammad Yacine, que même ses principaux acteurs en semblaient parfois gênés", ces électeurs ramenés là par bus entier et bardés de tous les gadgets de propagande électorale possibles pour bien signifier qu’ils allaient voter Bachar… au cas où leurs chants, à la gloire de leur leader, n'auraient pas été assez clairs.

Derrière, la réalité ne prête vraiment pas à sourire : d’après le quotidien Al-Modon rejoint par plusieurs défenseurs des droits humains, il y a eu des pressions intenses des services syriens sur les camps de réfugiés au Liban ; "des menaces de brûler les camps", même, si leurs habitants ne montaient pas dans les bus pour aller voter.

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Et puis, ces effusions pro-Hassad, toutes forcées soient-elles, ont suscité la colère de certains Libanais, échaudés par la présence de ces réfugiés syriens et qui ont vécu, nous dit An-Nahar, comme une provocation les passages des convois à la gloire de Bachar El-Assad. "S’ils sont si contents de voter pour leur bourreau, alors ils n’ont qu’à rentrer dans leur pays", a-t-on entendu en substance… et au-delà des mots il y a eu des caillassages de bus, des affrontements autour de bureaux de vote. 

Pour le site Mondafrique, ce qu’illustre cette mascarade électorale et qui irrite tant les Libanais, c’est surtout la démonstration de l’influence toujours aussi forte de la Syrie au Liban ; de "vieilles haines" qui là non plus ne semblent pas près de passer.

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