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Mike Pompeo appelle à l'unité contre le Chine

Chine-USA : nouvelle partie de ping-pong diplomatique

6 min
À retrouver dans l'émission

Nouvelle étape dans le jeu de sanctions-représailles entre les USA et la Chine. Pékin ordonne la fermeture du consulat américain à Chengdu, moins de 72h après la même décision de Washington avec le consulat chinois à Houston. Les relations entre les deux pays reviennent-elles 50 ans en arrière ?

Mike Pompeo appelle à l'unité contre le Chine
Mike Pompeo appelle à l'unité contre le Chine Crédits : DAVID MCNEW - Getty

La presse dans le monde revient beaucoup ce matin sur les tensions entre les Etats-Unis et la Chine.  

Notamment les dernières déclarations de Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, prononcées dans un cadre bien particulier. Le Secrétaire d'Etat explique CNN, s'exprime depuis la bibliothèque présidentielle Richard Nixon à Yorba Linda en Californie (Yorba Linda est le lieu de naissance de l'ancien président). Il est celui qui a entamé le dialogue avec la Chine communiste, le premier président des USA a être allé à la rencontre de Mao à Pékin, c'était en 1972. Le lieu choisi pour ce discours de Mike Pompeo est tout sauf laissé au hasard. Sa prise de parole est intitulée La Chine communiste et l'avenir du monde libre. Et parmi les morceaux choisis, la presse retient notamment cette sortie : 

Le président Nixon a dit une fois qu'il craignait avoir créé un 'Frankenstein' en ouvrant les portes du monde au Parti Communiste Chinois. Et nous y sommes". 

Une référence littéraire qui, toutes ces années plus tard, demeure étonnante puisque dans le roman de Mary Shelley, le créateur du monstre, Victor Frankenstein, tombe dans les eaux glacées du Pôle Nord et meurt d'une pneumonie. Alors faut-il comprendre que l'issue sera tout aussi morbide pour chaque camp ? Toujours est t-il que côté américain, l'image est d'autant plus mal choisie qu'elle est ressortie par Mike Pompeo au moment où les États-Unis franchissent le cap des 4 millions de cas de Covid officiellement détectés. 

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Mais par ces mots, Mike Pompeo en réalité, souhaite acter l'échec de la stratégie de normalisation des relations diplomatiques entre la Chine et le reste du monde, et continue ainsi de défendre la rhétorique de Donald Trump qui consiste à dénigrer ses prédécesseurs, considérés comme trop indulgents avec la Chine. On est en contexte de campagne présidentielle aux Etats-Unis et Donald Trump est à la traîne, rappelle le Washington Post. Dans son discours, Pompeo présente la Chine d'aujourd'hui comme étant de plus en plus autoritaire à l'intérieur du pays, et plus agressive dans son hostilité face à la liberté partout ailleurs. Pour cette raison, il appelle "les nations libres" à former "une nouvelle alliance des démocraties". Un appel qui ne manque pas de culot, s'amusent le Finantial Times comme le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Les deux journaux soulignant l'incohérence des Etats-unis, d'appeler à s'unir contre la Chine alors que la politique étrangère de l'administration Trump ces dernières années a consisté à mépriser les alliances multilatérales, à s'opposer, à chercher la confrontation, avec l'Europe notamment, pour défendre ses propres intérêts. 

Le Washington Post inscrit ce discours de Pompeo dans une stratégie plus globale ces dernières semaines et qui monte en puissance. Avant cela, il y a eu toute une série de mesures punitives, sanctions économiques pour protester contre les violations des droits des ouïghours, la suppression du statut économique spécial de Hong Kong, ou encore les accusations d’espionnage. On arrive d'ailleurs ce vendredi au bout des 72h de l'ultimatum lancé par Donald Trump aux autorités chinoises pour fermer le consulat de Chine à Houston. Une "plaque tournante de l'espionnage" chinois et "du vol de propriété intellectuelle" américaine, selon les mots de Mike Pompeo. Là aussi, comme le rappelle le journal allemand Die Welt, le lieu n'est pas choisi au hasard. Il y a une symbolique : le consulat de Chine à Houston a été la première représentation chinoise à ouvrir aux États-Unis après la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays en 1979. 

Le consulat de Chine à Houston doit fermer ses portes ce vendredi
Le consulat de Chine à Houston doit fermer ses portes ce vendredi Crédits : Mark Felix - AFP

Depuis deux jours, les journaux s'interrogeaient sur la teneur de la réponse que Pékin allait forcément apporter en représailles, évoquant une fermeture de consulat américain en Chine. Ce matin, la réponse est arrivée : la Chine ordonne la fermeture du consulat des Etats-Unis à Chengdu, dans le sud-ouest du pays. "Une réponse légitime et nécessaire aux mesures déraisonnables des Etats-Unis", explique le ministère chinois. Une réponse stratégique surtout, souligne le Frankfurter Allgemeine Zeitung, puisque la mission américaine à Chengdu couvre un large territoire comprenant le Tibet. Le South China Morning Post ajoute que la fermeture du consulat du Wuhan, celui qui fonctionne en miroir avec celui de Houston, était envisagée, mais en terme d'impact, cela n'aurait pas beaucoup affecté les Etats-Unis, alors que celui de Chengdu avec le Tibet porte un coup aux américains. Bref, la partie de ping-pong diplomatique, pour reprendre une référence historique, entre américains et chinois est loin d'être terminée... 

On reste aux Etats-Unis avec une histoire qui alimente les pages politiques des journaux depuis plusieurs jours.  

Il s'agit d'une rencontre devant les marches du Capitole, entre deux élus de la Chambre des Représentants, le républicain Ted Yoho et la démocrate Alexandria Ocasio-Cortez. AOC pour faire court, l'élue qui fait sensation depuis son arrivée en politique il y a 2 ans et qui incarne la jeunesse du Parti Démocrate, et surtout l'aile gauche, ouvertement socialiste, et de plus en plus populaire auprès des jeunes. La discussion entre les deux porte sur des désaccords politiques, le républicain qualifie les positions de son adversaires de dégoûtantes face à elles. Puis il se retourne et en s'en allant, lâche un "fucking bitch", on comprend l'idée... Un journaliste de The Hill est présent, publie l'histoire et la polémique commence alimentée sur les réseaux sociaux. Le lendemain, Ted Yoho s'adresse à la Chambre des Représentants sur le sujet : 

“Marié depuis 45 ans et père de deux filles, je fais très attention aux mots que j’emploie. Ceux qui m’ont été attribués par la presse à l’attention de ma collègue n’ont jamais été prononcés”. 

Ocasio-Cortez est revenue hier sur cette histoire, elle aussi dans la Chambre des Représentants. Un speech de dix minutes qui depuis fait le tour des médias américains et des réseaux sociaux. 

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Elle accuse son collègue d'utiliser sa femme et sa fille comme bouclier. Les mots sont forts, les mots sont justes. En faisant ça, dit-elle, M. Yoho donne permission aux autres hommes de faire pareil avec ses filles, de faire pareil avec sa femme, avec les femmes du district qu'il représente. Et une fois n'est pas coutume, l'ensemble de la presse américaine, du Washington Post à Fox New et The Hill qui sont pourtant loin de partager quoi que ce soit avec Alexandria Ocasio-Cortez, salue son discours ce matin. Un discours qui fera histoire même.

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