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Scène de liesse inattendue au siège du Parti Travailliste néerlandais

Victoire annoncée des travaillistes néerlandais aux élections européennes

6 min
À retrouver dans l'émission

Première surprise aux élections européennes : aux Pays-Bas les travaillistes l'emporteraient là où l'on annonçait un duel entre libéraux et droite populiste. En Inde, comment expliquer le "tsunami" Narendra Modi ? Julian Assange inculpé pour espionnage aux Etats-Unis, et la liberté de la presse ?

Scène de liesse inattendue au siège du Parti Travailliste néerlandais
Scène de liesse inattendue au siège du Parti Travailliste néerlandais Crédits : Koen van Weel - Maxppp

La presse et les instituts de sondage sont bien obligés de reconnaître qu'ils se sont trompés.

Et cette revue de presse également : hier je vous annonçais une possible victoire du populiste de droite eurosceptique, climatosceptique et anti-immigration Thierry Baudet et de son parti le FvD... ce n'est pas ce qui s'est passé.

Le FvD, selon les sondages sorties des urnes, arriveraient troisièmes,  derrière les libéraux menés par le premier ministre Mark Rutte, et derrière, en tête, les socialistes, ou plutôt les travaillistes néerlandais.. La gauche, donc, qui déjoue tous les sondages et pronostics, et qui semble bien en passe d'emporter une assez large victoire : c'est rien de moins qu'une divine surprise, une "résurrection", excusez du peu, c'est en tous cas ce qu'on lira dans les colonnes du quotidien NRC Handelsblad

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Cette campagne électorale, que toute la presse néerlandaise avait annoncé et mise en scène  comme un duel entre Rutte et Baudet a donc tourné à l'avantage du troisième homme, et ce n'est pas n'importe qui : Frans Timmermans, la tête de liste des travaillistes, est l'actuel vice-président de la Commission Européenne, et il est le candidat des socialistes européens pour remplacer Jean-Claude Juncker à la présidence de cette même Commission. 

Il y a un véritable "effet Timmermans", selon De Telegraaf, qui tire une première analyse de cette tendance à la sortie des urnes (les résultats officiels, eux ne seront pas connus avant dimanche soir) : apparemment, le fait d'avoir été au coeur des institutions de l'UE et d'y prétendre à un avenir de premier plan n'est pas de nature à dissuader les électeurs, mais plutôt à les convaincre de voter pour vous. Dès lors, le rejet de l'Europe incarnée par la Commission n'est peut-être pas si généralisé que celà, et la gauche a peut-être encore une place à défendre dans ces élections européennes. 

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Toujours dans De Telegraaf, Frans Tilmmermans déclarait d'ailleurs hier soit espérer que cette victoire inattendue va "regonfler les voiles de la social-démocratie européenne" dans les pays où l'on vote, aujourd'hui et jusqu'à dimanche. C'est ce que l'on verra dimanche soir.

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Mais il y a une autre réflexion qui pointe le bout de son nez dans l'Allgemeen Dagblad : celle sur la place qui a été donné au populiste Thierry Baudet dans cette campagne. "Les caméras sont tombées amoureuses de Baudet, mais apparemment pas les électeurs", c'est la conclusion du quotidien de Rotterdam. Début de mea culpa d'une presse qui s'est laissée charmer, qui n'a voulu voir plus loin que le fameux clivage progressiste/nationaliste : ça aussi ça devrait parler à pas mal de médias à travers le continent, et ça aussi, on en reparlera dimanche soir.

Ce dont on reparle tout de suite, par contre, ce sont les résultats des élections législatives en Inde.

Et même si l'on ne mesure pas encore précisément la hauteur de la vague, c'est bien un raz-de-marée électoral qui emmène Narendra Modi vers un second mandat comme Premier ministre de la plus grande démocratie au monde. 

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Pour se rendre compte de l'ampleur de cette victoire du BJP (le parti nationaliste hindou de Modi), une info suffit, reprise par The Guardian : même celui qui incarnait l'opposition au premier ministre, le leader du parti du Congrès Raul Gandhi a été battu dans sa circonscription. Et c'était pourtant un véritable "bastion, depuis plus de 50 ans, pour le Congrès et pour la dynastie politique des Nehru-Gandhi". Emporté, lui aussi, par le "tsunami Modi", Raul Gandhi (lit-on toujours dans le Guardian) ne devrait pas échapper dans les jours qui viennent aux critiques, à la remise en cause du poids de cette écrasante famille, qui incarna il y a un siècle la lutte pour l'indépendance de l'Inde mais qui est aujourd'hui conspuée comme une aristocratie bien trop éloignée du quotidien des Indiens. 

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Tout l'inverse, en fait, de Narendra Modi : son incroyable popularité, nous dit la revue en ligne Scroll.In, tient princiaplement au culte de la personnalité orchestré par le BJP, et donc au "charisme" du personnage. Pas évident à voir avec nos yeux d'Occidentaux, à vrai dire, ce charisme marche à fond auprès des populations rurales indiennes qui adorent par exemple l'histoire romancée du garçon issu d'un milieu modeste, qui fut vendeur de thé dans une gare, et qui est devenu l'un des hommes les plus puissants de la planète. 

"Narendra Modi sait leur parler, simplement, franchement, résolument", nous explique Supriya Sharma dans Scroll.In (un article sélectionné par le Courrier international).  Pour l'Hindustan Times, sa grande réussite c'est d'avoir su "mélanger une bonne dose de discours anti-establishment (très efficace contre la vieille caste politique indienne des Nehru-Gandhi), avec une promesse de continuité politique".  

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Sur ce point d'ailleurs, The Deccan Chronicle nous met en garde, contre ceux au BJP ou du côté des éditorialistes, qui analyseront cette victoire comme celle du discours nationaliste et pro-hindu brandi par Narendra Modi. Qu'on ne s'y trompe pas, assure le journal d'Hyperabad, si les Indiens l'ont plébiscité, c'est parce qu'on les a tranformés en "adorateurs inquiets" : "en votant Modi ils ont voté pour la stabilité, et pour rien d'autre".   

Aux Etats-Unis, des craintes pour le sort judiciaire de Julain Assange et plus largement pour la liberté de la presse. 

Des craintes que l'on retrouve énoncées dans de nombreux médias, en lien avec les 17 nouvelles inculpations prononcées par la Justice américaine contre Julian Assange. 

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Le journaliste australien, fondateur de Wikileaks, est détenu au Royaume-Uni, depuis qu'il a été sorti de l'Ambassade d'Equateur par la police britannique.  Il risque une extradition vers les Etats-Unis où les griefs contre lui se précisent donc, nous dit The New York Times : Assange est désormais poursuivi pour "espionnage", rien de moins, et non plus pour "piratage" ; chacune des 17 inculpations pourrait lui valloir 10 années de prison. 

Espionnage donc, parce que Wikileaks en 2010 avait publiés des milliers de documents classés secret-défense et secret diplomatique, une "fuite" massive qui avaient permis de mettre en lumière des agissement clairement illégaux de l'armée américaine.

Le fait d'accuser ce travail journalistique d'être de l'espionnage, selon le New York Times, bat en brèche le 1er amendement de la Constitution américaine, et pose des questions évidentes sur les droits des journalistes. 

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Plus radical, The Daily Beast voit dans ce choix de l'espionnage comme fait reproché à Julian Assange "une volonté délibérée de la Justice américaine de faire du journalisme un crime". Le site d'info alternatif remarque comment cette même Justice cherche à tout prix à ne pas reconnaître que c'est bien en tant que journaliste que l'Australien a choisi de révêler les informations dont il disposait en 2010. Le priver de son statut de journaliste pour s'exonérer du droit de la presse.  

Mais la ruse ne fonctionne pas, et le Daily Beast en tire cette conclusion : "pour protéger les secrets d'Etat, c'est bien le journalisme d'investigation et de révélation qu'on cherche à criminaliser". 

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Tout ça n'est finalement pas sans écho avec ce dont parlait hier le Washington Post, ce pays, la France, ou pas moins de 8 journalistes et le président du directoire du journal Le Monde ont été ou sont convoqués dans les locaux de la DGSI parce qu'ils ont osé réveler ce que l'Etat voulait garder secret : que ce soit sur l'affaire Benalla, ou sur les ventes d'armes françaises à l'Arabie Saoudite.

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Y a-t-il encore un désir d’Europe ?
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